L’Action extraordinaire de Satan dans le monde : Aspects théologiques et du Magistère

Rapport de Son Excellence Mons. Giovanni Salvatore Rinaldi 1

 

L’existence des anges et leur identité spirituelle dans l’Ecriture et le Magistère

L’ange comme créature de Dieu, sa création à partir du néant, est une vérité théologique qui appartient au dépôt sûr de la foi : c’est donc une vérité de foi, qui, même si elle n’est pas enseignée directement par l’Ecriture Sainte, est explicitée aussi bien par la tradition que par le magistère de l’Eglise. Ecriture Sainte, tradition et magistère, sont les sources de la théologie.

Les anges sont appelés à l’existence, comme toutes les créatures, pour participer à la communion d’amour avec la Très Sainte Trinité : “Dans Sa bonté et par Sa toute puissance, et non pas pour augmenter Sa béatitude ni pour acquérir de la perfection, mais pour la manifester à travers les biens qu’Il concède à Ses créatures, ce seul vrai Dieu a, par la plus libre des décisions, créé en même temps à partir du néant, à l’origine des temps, l’une et l’autre créatures, la spirituelle et la charnelle”2. Dans l’Ecriture Sainte nous pouvons entrevoir, indirectement, la création des anges étroitement unie à la création du monde et des hommes : “Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre” (Gn 1,1), à la fois le monde angélique, le Ciel, et le monde terrestre, l’homme et la Création. La vérité de l’existence des anges est une vérité authentique mais périphérique, c’est-à-dire subordonnée à la dimension christologique et anthropologique de la vie dans le baptême, mais elle ne peut pas être considérée comme une vérité discutable3, en tant que c’est une vérité clairement affirmée, aussi bien par l’Ecriture Sainte que par le magistère de l’Eglise, même si les différentes opinions théologiques relatives à la modalité de l’influence des anges dans le monde (leur influence par rapport à l’homme et à la Création), sont toutefois toujours discutables et ouvertes au progrès et au renouveau théologique, pourvu qu’elles soient fidèles au magistère. Le Concile Latran IV de 1215 marque une étape décisive sur la question de la création des anges : “Nous croyons fermement et nous confessons ouvertement que le vrai Dieu, éternel et immense, est le seul Dieu…Unique principe de l’univers créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et matérielles, qui par sa force Toute-puissante créa du néant dès l’origine des temps l’un et l’autre ordres de créature :  le spirituel et le matériel, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre et puis l’homme”4.

Dans l’Ancien Testament sont relatés bien des épisodes dans lesquels l’action des anges est vraiment telle, c’est-à-dire personnelle et distincte de Dieu : le Seigneur envoie son ange à Agar pour la secourir (cf. Gn. 16,7) ; ou pour arrêter la main d’Abraham sur Isaac (cf. Gn 22,12). Le prophète Elie, en difficulté, est encouragé par un ange : “Mais l’ange de Yahvé revint une seconde fois, le toucha et dit : “Lève-toi et mange, autrement le chemin sera trop long pour toi” (1 R 19,7). Dans l’Exode l’ange a une fonction de représentation de Dieu pour insuffler de la sécurité : “J’enverrai un ange devant toi…mais je ne monterai pas au milieu de toi” (Ex 33, 2-3). Dans l’Ancien Testament on parle aussi de Chérubins qui soutiennent le trône de Dieu ou gardent l’entrée de l’Eden (cf. Ez 10,1), et des Séraphins à six ailes qui chantent la gloire de Dieu trois fois Saint (cf. Is 6,2). Dans les traditions postérieures à l’exil on trouve des références plus fréquentes aux anges (Job, Ezéchiel, Zacharie, Tobie, Daniel), de plus apparaissent aussi des noms personnalisés : Raphaël et Gabriel chez Tobie, Michel chez Daniel. Il apparaît clairement que ces messagers divins n’étaient plus ressentis comme une menace pour le monothéisme, mais présentés comme des intermédiaires entre Dieu et l’homme, voire comme de véritables messagers.

Le mot Ange signifie messager et exprime une fonction, accomplie au nom de Dieu et au bénéfice de l’homme ; le Concile Latran IV s’exprimera sur l’identité des anges et proclamera leur identité comme purement spirituelle. La révélation, en effet, (cf. Ep 6, 12) les désigne comme des êtres spirituels, en opposition à l’existence matérielle : ils appartiennent à la création invisible, ils sont des êtres créés, spirituels, avec une plénitude d’existence, dotés d’une conscience subjective et de capacités de relations interpersonnelles. Ces créatures spirituelles sont immortelles : l’évangéliste Luc (20,36), en parlant de la condition des ressuscités, qui ne sont plus sujets à la mort, dit : “car ils sont pareils aux anges”. Les anges sont de purs esprits, des êtres sans corps, bien que ce ne soit pas dans un sens hostile au corps, dans leur condition spirituelle et personnelle ils agissent comme messagers de Dieu sans jamais être dépersonnalisés : parmi les tâches qui les caractérisent comme êtres personnels figure le rôle de présenter devant Dieu les prières des hommes (cf. Tb 12, 12 ; Ap 5, 2). L’ange est, donc, une créature personnelle, non un symbole du bien5 :

“En même temps que leur existence, la foi de l’Eglise reconnaît certains traits distinctifs de la nature des anges. Leur être purement spirituel implique avant tout leur non-matérialité et leur immortalité…dotés d’intellect  et de volonté libre comme l’homme, mais à un degré qui lui est supérieur, même s’il est toujours fini, à cause de la limite inhérente à toutes les créatures. Les anges sont donc des êtres personnels et, en tant que tels, sont eux aussi à l’image et à la ressemblance de Dieu”6

Dans le Nouveau Testament les anges œuvrent surtout dans les moments où l’intervention de Dieu est affirmée comme un Mystère et, en même temps, comme un fait réel : dans l’Annonciation à Marie, dans le songe de Joseph et dans d’autres épisodes des Evangiles dits de l’enfance ; ainsi dans le récit de la tentation de Jésus au désert, de l’agonie à Gethsémani, de la résurrection. Dans les Actes des Apôtres les anges sont également  les instruments de l’intervention de Dieu dans l’histoire de l’Eglise primitive : ils représentent le monde céleste qui guide l’homme et le soutient tout au long du parcours de la vie. Dans les textes apocalyptiques on donne un vigoureux relief à la participation des anges au sort final du monde : au Jugement universel, ils séparent les pécheurs des élus, accompagnent le Fils de l’Homme lors de sa venue (cf. Mt 24,31 ; 25,31). Dans l’Apocalypse ils sont présents presque à chaque page. La Lettre aux Hébreux souligne l’infériorité des anges par rapport au Christ : ce sont “des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut” (1,14). Enfin l’adoration des anges est expressément interdite, que ce soit dans l’Apocalypse ou dans saint Paul : “Nous jugerons les anges” (1Co 6,3). Dans ce dernier passage on fait allusion, probablement, à une possibilité de péché présente aussi chez ces êtres de lumière. Dans le concile Vatican II, il y a trois affirmations importantes sur les anges :

1. “En attendant que le Seigneur soit venu dans sa gloire, accompagné de tous les anges” (LG 49).

2.”[l’Eglise] a honoré  avec une particulière ferveur la mémoire des défunts en même temps que la bienheureuse Vierge Marie et les saints anges, sollicitant pieusement le secours de leur intercession.” (LG50).

3.”Que tous les chrétiens adressent à la Mère de Dieu et des hommes d’instantes supplications, afin qu’après avoir assisté de ses prières l’Eglise naissante, maintenant encore, exaltée dans le ciel au-dessus de tous les bienheureux et des anges, elle continue d’intercéder auprès de son Fils dans la communion de tous les saints” (LG69).

Ces trois aspects de l’angélologie décrivent les trois piliers de la théologie des anges :

1. Les anges sont au service de Jésus-Christ, c’est une subordination absolue qu’ils portent en eux-mêmes depuis le premier instant de leur existence. Ils existent “pour”, “en”, “en vue” du Christ (cf. Ep 1,3-14; Col 1, 13-20 ; He 1,1-4). “Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut” (Jn 1,3). L’angélologie est subordonnée à la christologie.

2. L’ange, en rapport à l’homme, exerce un ministère d’intercession : il est son guide dans le chemin vers la vie éternelle, sa défense face aux assauts du diable, sa consolation dans les souffrances, sa lumière de vérité dans les choix de la vie quotidienne.

3. La subordination de son action dans le plan de salut de Dieu par rapport à la Vierge Marie, laquelle est aussi invoquée par le peuple de Dieu comme Reine des anges. Cet aspect est considéré par certains Pères de l’Eglise comme l’origine de la rébellion des anges : Lucifer n’accepta pas d’être inférieur à une femme, dont la sainteté l’avait rendue supérieure à lui.

L’influence de l’ange dans le monde

L’ange est un soldat de Dieu qui exerce une triple action : envers Dieu, envers l’homme et envers le monde. Nous pouvons considérer la première comme action ordinaire de l’ange, alors que les deux autres sont des actions extraordinaires.

1.  L’action doxologique en rapport à Dieu: rendre gloire à la Très Sainte Trinité. L’office,     l’action principale des anges, est avant tout un office de louange, qui constitue la liturgie céleste (cf. Ap 5, 12). La louange angélique a pour objet les deux plus grandes manifestations d’agapè de Dieu : la Création et le Salut. La louange des anges représente la liturgie céleste, à laquelle s’associe sans cesse la liturgie terrestre de l’Eglise, spécialement dans le sacrifice de la messe. Saint Jean-Paul II met en évidence la présence des anges, leur office de louange,durant la célébration eucharistique : “Avant de commencer la prière eucharistique, au cœur de la Sainte Messe, sont évoqués les anges et les archanges pour chanter la gloire de Dieu trois fois saint”7.

2. L’action sotériologique en rapport à l’homme. Les anges œuvrent pour le salut de l’homme. “Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut?” (He 1, 14). En ce qui concerne la fonction sotériologique, nous reconnaissons en particulier le ministère des anges gardiens, œuvre qui commence dès la conception et se termine avec l’entrée dans la vie éternelle. Nous devons distinguer dans la fonction sotériologique une double influence de l’ange : l’influence sur l’intellect humain et celle sur la volonté humaine. L’ange renforce l’intellect sans répandre une lumière intellectuelle  qui revient seulement à Dieu, celui-ci ayant un degré de connaissance supérieure, mais il peut agir directement sur l’intellect humain en perfectionnant la puissance intellective de l’homme. L’influence angélique sur la volonté humaine est une simple œuvre de persuasion, dans laquelle seul Dieu peut changer la volonté, c’est pourquoi l’ange peut l’influencer en l’orientant vers le souverain bien qui est Dieu.

3. L’action économique en rapport au monde: concerne le rôle des anges dans l’assistance et la sauvegarde du monde matériel, dans la protection de la terre, de la mer et de leurs fruits (cf. Ap 7, 11). Cet aspect de l’action extraordinaire de l’ange dans le monde sera approfondi ultérieurement.

Le péché des anges

L’ange connaît la réalité qui l’entoure par intuition, l’ange ne raisonne pas pour connaître, ainsi que font tous les hommes ; il connaît Dieu à travers la perfection divine qui se reflète sur son essence, et en Dieu les anges se connaissent eux-mêmes, ils se connaissent les uns les autres, ils connaissent tout en vertu de leur vie en Dieu. La connaissance angélique n’est donc pas une connaissance par abstraction et raisonnement, comme la connaissance humaine, mais c’est une pure connaissance immédiate et intuitive.

L’ange a été créé par et en vue du Christ, l’existence angélique est finalisée au Christ, Fils de Dieu, donc les anges aussi sont appelés à participer à la vie divine à travers Jésus-Christ : nous ne pouvons pas comprendre le péché des anges si nous ne partons pas de cette donnée relative à leur création en, pour et en vue de Jésus-Christ. Saint Thomas d’Aquin, dans la  Somme théologique (I q 62, art. 5), affirme  que “les anges ont été créés en grâce, mais ils devaient obtenir la gloire par leur choix, c’est-à-dire par un acte de volonté pour Dieu”. Le don de la nature qu’ils ont reçu correspond au don de l’amour et dépend seulement de Dieu sans présupposer aucun mérite ou disponibilité : Dieu leur donne la vie éternelle, c’est le don de la nature. Le don de la gloire, par contre, est laissé à la libre décision de l’ange, comme d’ailleurs pour l’homme. Dieu a créé l’ange libre, donc il lui est aussi possible de manquer à la demande du Bien absolu ; en vertu de cette liberté, seuls ceux qui ont librement accueilli en plénitude la participation à la vie trinitaire ont bénéficié de la grâce sanctifiante, et ainsi ont mérité la possession de l’amour béatifiant, en rejoignant la félicité béatifique. Le même caractère d’immédiateté, typique de la connaissance angélique, est présent aussi dans la dynamique de la liberté de l’ange : il n’est pas exposé au doute ou à des difficultés inhérentes au jugement-discernement. L’ange, quand il a refusé Dieu, l’a donc fait librement et en conscience du dommage qu’il s’auto-infligeait.

Il ne manque pas dans le Nouveau Testament de références explicites et claires au péché des anges ou mieux à leur “transformation” en diables, données bibliques qui révèlent le choix absurde et fou de vouloir être des démons, c’est-à-dire des êtres maudits, ou bien des créatures privées de la vie surnaturelle, c’est pourquoi ils sont identifiés comme anges rebelles qui ont péché, et qui pour l’éternité vivent loin de Dieu et en opposition avec Lui. Ȇtre des “maudits” dans la conception biblique signifie être privés de la vie surnaturelle : l’ange au moment de son péché éteindra pour toujours la lumière de cette vie surnaturelle, tout en conservant – mystère divin – les caractères et les pouvoirs de son grade propre ou chœur angélique d’appartenance.

2 P 2, 4 : “Dieu n’a pas épargné les anges qui avaient péché, mais les a mis dans le Tartare et livrés aux abîmes de ténèbres, où ils sont réservés pour le Jugement”. L’apôtre Pierre parle expressément d’un péché des anges, et par conséquent d’un enchaînement dans l’abîme infernal, comme peine pour leur péché. Cet abîme ne peut pas être identifié comme une cage dans laquelle sont enfermés tous les anges rebelles, une partie d’entre eux, en effet, sont “opérants” dans le monde.

Jude 6 : “Quant aux anges, qui n’ont pas conservé leur primauté, mais ont quitté leur propre demeure, c’est pour le jugement du grand Jour qu’il les a gardés dans des liens éternels, au fond des ténèbres”. Saint Jude exprime le symbolisme des chaînes, anges enchaînés dans les ténèbres, certainement ils sont enchaînés dans le sens qu’ils ne peuvent agir “librement”, leur “champ d’action” reste toujours subordonné au mystère de la permission divine ; ils sont dans les ténèbres, doncils ne sont  plus dans la Lumière, en Dieu, “parce qu’ils n’ont pas conservé leur primauté” : on entrevoit une hiérarchie angélique.

Le péché de l’ange est une révolte, une rébellion contre Dieu, donc c’est une véritable action contre  sa nature propre, parce que les anges vivent exclusivement de la communion trinitaire, et désormais ils se retrouvent à “vivre” la solitude la plus pleine et absolue, parce que leur décision d’être des diables, c’est-à-dire des esprits qui s’opposent à l’homme par haine contre Dieu, ne prévoit pas la relation entre eux : les anges rebelles se détestent aussi entre eux, entre eux il existe une solidarité à faire le mal, mais non le bien. Jacques Maritain (1882-1973), philosophe français converti au catholicisme, considéré comme un des principaux représentants du néothomisme, a bien décrit dans un de ses ouvrages – intitulé Le péché de l’ange -, le choix absurde et fou de ces esprits pervertis et pervertisseurs :

“L’esprit pur choisit ainsi le mal avec une souveraine liberté, sans qu’aucune lumière au monde puisse l’en détourner en le convainquant d’ignorance ou d’erreur, en lui montrant qu’il se trompe. Car c’est évidemment une erreur que de placer son bien dans ce qui n’est pas réellement son propre bien – dans une chose qu’on aime de manière désordonnée et sans mesure – mais il le sait aussi bien que vous, et même mieux que vous, et malgré cela il le fait. Cette erreur est précisément sa faute, elle ne la précède pas, et il la commet consciemment et volontairement. Il ne se trompe pas de route en prenant la mauvaise route pour la bonne, il se trompe de route en choisissant en pleine connaissance de cause la route qu’il sait mauvaise ; en bref, rien ne l’a induit en erreur, le fonctionnement naturel de son intelligence ne s’est abîmé en rien ; il fait ce qu’il a voulu, il va où il a voulu, vers ce qu’il a voulu”8.

Pour comprendre, autant qu’il est possible, le péché de l’ange, il faut considérer aussi les caractéristiques de la volonté de l’ange : la volonté de l’ange ne coïncide pas avec l’être bon de l’ange, qui est seulement de Dieu. Son vouloir correspond à sa perfection, choisir le bien est choisir Dieu, choisir soi-même est choisir le mal, l’absence de Dieu. L’ange a sa liberté de choix, qui est limitée, et, donc, soumise au péché ; dans leur péché les anges rebelles ont placé dans leur premier acte de liberté, l’amour de leur propre existence et non l’amour pour Dieu. Ce péché est irrévocable9, il ne peut pas être racheté à cause de la profonde connaissance qu’ils ont de Dieu; leur choix de refuser l’amour de Dieu est un acte libre, responsable et définitif, par lequel ils ont détruit définitivement leur être créé comme don, dans le désir de vérité et de disponibilité à l’amour, et ont choisi de ne pas être ce qu’ils sont. L’ange, la créature de lumière, devenue démon, dont la chute des cieux, immédiate et définitive, est rappelée par Jésus lui-même avec le symbolisme de la foudre : “Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair!” (Lc 10, 18). La foudre est un éclair, la chute de Satan du ciel a eu la même immédiateté et le même caractère périlleux que les éclairs, ils sont immédiats dans l’action et détruisent tout ce qu’ils touchent : la connaissance du démon était immédiate et par son acte de choix libre il s’est détruit pour toujours.

Le mal dans le monde, la souffrance et la mort, ont donc leur origine dans le péché des anges10, l’homme, cependant, pouvait se protéger de leur influence, mais il a choisi librement de dépasser la limite que lui a imposée Dieu, limite que les anges rebelles eux-mêmes n’ont pas voulu accepter et qu’aujourd’hui encore ils ont la présomption de dépasser et de tourner en ridicule toutes les fois que l’homme choisit de vivre sans Dieu. Voici donc qu'”un dur combat contre les puissances des ténèbres passe à travers toute l’histoire des hommes ; commencé dès les origines, il durera, le Seigneur nous l’a dit, jusqu’au dernier jour. Engagé dans cette bataille, l’homme doit sans cesse combattre pour s’attacher au bien” (GS 37).

Jésus et le démon

“C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu” (1Jn 3, 8b) : toute la mission évangélique de Jésus-Christ est une lutte radicale contre le pouvoir de Satan et des anges rebelles pervertis dans leur orgueil, sans cette lutte on ne comprendrait pas la portée théologique de l’œuvre de salut du Christ, donc “on ne peut pas penser à une vie spirituelle, à une vie chrétienne, sans résister aux tentations, sans lutter contre le diable. Et penser qu’ils ont voulu nous faire croire que le diable est un mythe, une figure, une idée du mal. Par contre le diable existe et nous devons lutter contre lui”11 : les interventions du pape François contre ceux qui nient l’existence et l’activité ordinaire et extraordinaire du démon sont nombreuses. L’existence des démons rentre dans l’annonce de l’Evangile de Jésus-Christ,  même si ce n’est pas de manière centrale et dominante, comme l’ange ; le Fils de Dieu, moyennant son incarnation, sa Passion, sa mort et sa résurrection, a révélé à l’homme que le salut s’obtient à travers une conversion qui est essentiellement lutte contre Satan pour adhérer à Dieu. L’offre du salut est pour tous ceux qui acceptent le message évangélique de l’amour, par lequel “[les hommes sont appelés à se convertir] des ténèbres à la lumière et de l’empire de Satan à Dieu, et qu’ils obtiennent, la rémission de leurs péchés” (At 26, 18). Ce “passage” peut être considéré comme la Magna Charta de la démonologie néo-testamentaire.

“Le mal qui est dans le monde est occasion et effet d’une intervention en nous et dans notre société d’un agent obscur et ennemi, le démon. Le mal n’est pas seulement un manque, mais un être vivant, spirituel, perverti et pervertiteur. Terrible réalité, mystérieuse et qui inspire la peur. Qui se refuse à reconnaître son existence sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique, ou qui en fait un principe qui se suffit à lui-même n’ayant pas, comme toute créature, origine en Dieu, ou l’explique comme une pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et fantastique des causes inconnues de nos malheurs”12.

Le bienheureux Paul VI a répété que des théologies qui nient l’existence personnelle de Satan ne sont pas des théologies catholiques, puisque ce n’est plus l’Ecriture qui juge le monde, mais le monde qui juge l’Ecriture, comme l’avait affirmé alors le cardinal Ratzinger : “L’autorité sur laquelle de semblables spécialistes de la Bible basent leur jugement n’est pas la Bible même mais la vision du monde contemporain du bibliste […]”. Quoi qu’en disent certains théologiens superficiels, le diable est pour la foi chrétienne une présence mystérieuse, mais réelle, personnelle, non symbolique: une liberté surhumaine maléfique opposée à celle de Dieu13″. Le pape François, dès le début de son pontificat, dans le discours aux cardinaux, a rappelé l’action du diable dans le monde – une telle référence, même marginale – comme il est juste qu’elle le soit – ne manque pas dans ses discours, dans ses homélies quotidiennes, au point que nous pouvons bien affirmer que, parmi les renouvellements variés que le pape François est en train d’opérer, on trouve aussi celui auquel faisait allusion Paul VI, c’est-à-dire une vision claire, non-obscurantiste mais basée sur l’Ecriture, sur la Tradition et sur le Magistère, de ce qui concerne l’action de Satan dans le monde. Le pape François non seulement conjure les fidèles de ne pas suivre mages et faux charismatiques14, mais encore de ne pas suivre biblistes ou doctes professeurs qui nient l’existence du diable ou “déqualifient” une vision et une application justes et modérées de l’étude de la démonologie. Toute la vie de Jésus témoigne de l’affrontement entre les puissances du mal et une réalité qui va au-delà de ce qui est humain et appartient au monde.

Les tentations de Jésus

Un des premiers affrontements de Jésus avec Satan se produit dans la dynamique des tentations. Les trois évangiles synoptiques racontent le déroulement des tentations de Jésus : le Fils unique de Dieu est conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable. Le démon est cruel dans ses tentations, mais plus encore dans celles qu’il met en œuvre envers le Fils de Dieu. Leur malveillance est “vue” et bien décrite dans les visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick : “J’ai vu Satan s’approcher de Jésus avec l’apparence d’un ange puissant. Il était vêtu comme un guerrier, comme je vois saint Michel quand il m’apparaît ; mais, malgré tant de splendeur, il y avait toujours sur son visage quelque chose de sombre et de cruel”15. La cruauté de Satan envers Jésus le portera à la tentation des tentations : la mort sur la croix offerte à qui ne la mérite pas.

Les tentations de Jésus sont précédées du recueillement au désert et ce recueillement est aussi une lutte intérieure contre les pièges de l’adversaire. Avec la tentation Jésus affronte les périls qui menacent l’homme : Jésus veut et doit entrer dans le drame de l’existence humaine, la traverser jusqu’au bout pour retrouver ainsi la brebis perdue, la charger sur ses épaules et la reconduire à la maison. Il doit reprendre toute l’histoire depuis ses origines, depuis Adam, la parcourir et en souffrir jusqu’au bout pour pouvoir la transformer : il y a un mystère qui transforme tout ce qu’il touche, et c’est l’amour : ” Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique” (Jn 3, 16). Dans la  Lettre aux Hébreux, l’accent est mis sur le fait que la mission de Jésus, sa solidarité avec nous tous – préfigurée dans le Baptême – implique qu’il s’expose à la menace et au danger d’être refusé par l’homme. Le récit des tentations apparaît, comme le Baptême, comme une anticipation dans laquelle se condense la lutte de tout son cheminement. Jésus après le Baptême fut tenté : l’Esprit de Dieu qui au moment du Baptême descend et reste sur Jésus, ne le sépare pas de l’histoire et de ses ambiguïtés, au contraire il place Jésus à l’intérieur d’une lutte qu’il vivra lui-même comme son “pain quotidien”.

On pourrait se demander : comment Jésus put-il être tenté? Sa tentation fut-elle une vraie tentation? Il existe une tentation subjective, qui part du sujet qui est tenté et présuppose en lui, de quelque manière, l’existence de la concupiscence, et il existe une tentation objective qui part de l’extérieur, de Satan en personne ou d’une situation de fait (l’influence du monde) qui pousse à douter de Dieu, et donc à lui désobéir. La tentation de Jésus ne fut pas subjective parce qu’il était tout à fait innocent, ce fut par contre une tentation objective : il eut faim et Satan essaya d’utiliser cet aspect pour l’ébranler. Les tentations de Jésus sont de véritables tentations démoniaques, pas des tentations fictives ou pédagogiques. Lui, Verbe éternel, avec l’Incarnation devient vrai homme, qui nous enseigne, dans la dynamique des tentations, comment devrait s’exercer la liberté humaine, c’est-à-dire cette liberté qui a été créée sainte et qui par la suite a été blessée par le péché originel et entachée pour toujours par la concupiscence. Les trois tentations de Jésus révèlent la lutte intérieure de Jésus pour sa mission, mais aussi l’interrogation sur ce qui compte vraiment dans la vie des hommes, en elles le noyau de toute tentation apparaît avec clarté et évidence : il s’agit de supprimer Dieu, en le présentant comme secondaire – voire même superflu ou fastidieux – par rapport à tout ce qui dans notre vie semble plus urgent. Dans son activité ordinaire, Satan présente le mal sous forme de bien et quand on est “avancés” dans la vie spirituelle il ne nous invite pas directement à accomplir le mal, mais utilise des raisonnements subtils et trompeurs, “quand il profère le mensonge il parle de son propre fonds parce qu’il est menteur et père du mensonge” (Jn 8, 44c). Le diable est un vantard, le rituel d’exorcisme de 1952, actuellement en vigueur, l’apostrophe comme “fomentateur de vices, séducteur des hommes, trompeur des peuples” (cf. 1er exorcisme), il veut le consentement libre de notre volonté à abandonner les “illusions”d’une vie sainte et à employer nos forces avec l’illusion d’améliorer le monde à travers le pouvoir, le pain, le succès.

La première tentation consiste à transformer en pain les pierres du désert. Le premier critère d’identification du Dieu bon et rédempteur devant le monde est celui de donner le pain et de mettre fin à la faim de tout homme. Les problèmes sociaux ne sont-ils pas peut-être le premier et authentique critère auquel doit être proportionné le Salut? Le marxisme a fait précisément de cet idéal le cœur de sa promesse de salut, et on ne devra pas dire la même chose de l’Eglise? Avant tout le pain, le reste vient après. Jésus repousse le tentateur : “Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” (Mt 4,4). Le pain est important, la liberté est plus importante, mais la chose  la plus importante est de ne jamais trahir l’adoration de Dieu: là où Dieu est considéré comme un élément secondaire, alors ces choses présumées plus importantes faillissent aussi. Le marxisme en est une preuve. Ainsi en va-t-il des aides de l’Occident aux pays en voie de développement, basées sur des principes purement techniques, matériels, négligeant Dieu : ils pensaient pouvoir transformer les pierres en pain, mais ils ont donné des pierres à la place du pain.

La deuxième tentation a été mise en relation avec le thème du “panem et circenses”. Après le pain il faut offrir quelque chose de sensationnel : celui qui ne veut pas permettre à Dieu d’éclairer le monde et les hommes doit offrir le prurit d’expériences excitantes, dont le frisson remplace la commotion religieuse et la réprime. Dans cette tentation il y a un débat entre deux experts de l’Ecriture : le diable théologien et Jésus obéissant à l’amour de Dieu. Le diable cite le Psaume 91,11 : “Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent” (Lc 4, 10). Pour Soloviev’, dans son œuvre Court Récit sur l’Antéchrist, l’Antéchrist reçoit le doctorat honoris causa en théologie dans l’université de Tȕbingen et devient grand expert de la Bible. Le démon incarne l’exégèse érudite de son temps, qui peut devenir un instrument de l’Antéchrist.

Aujourd’hui il n’est pas rare d’assister aussi à l’intérieur de certains courants théologiques au fait que la Bible soit assujettie à la vision moderne du monde, dans cette perspective la Bible ne parle plus du Dieu vivant, mais ceux qui parlent sont ceux qui décident avec leur “lumière intellectuelle personnelle” de ce que Dieu peut faire et de ce que nous voulons et pouvons faire nous. Jésus contredit Satan : “Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu” (Lc 4, 12).  Dans la ruse de Satan Dieu doit se soumettre à une épreuve : s’il ne garantit pas la protection promise dans le Psaume 91 alors il n’est pas Dieu. Cette ruse est la présomption de qui veut faire de Dieu un objet et lui imposer nos conditions, en effet elle se base sur le présupposé que nous nions Dieu en tant que Dieu, parce que nous nous plaçons au-dessus de Lui, parce que nous mettons de côté la dimension de l’amour, de l’écoute intérieure, et nous reconnaissons comme réel seulement ce qui est entre nos mains. Déplaçons notre regard, du pinacle du temple à la croix sur le Calvaire : le Christ ne s’est pas jeté du pinacle, il n’a pas mis Dieu à l’épreuve, mais il est descendu dans l’abîme de la mort comme preuve suprême de l’amour de Dieu envers les hommes, et il est tombé, confiant, entre les mains bienveillantes du Père. C’est cela le vrai sens du Psaume 91 : le droit à la confiance extrême et illimitée de qui suit la volonté de Dieu et sait qu’au milieu de toutes les horreurs qu’il peut rencontrer il ne perdra jamais l’ultime protection de Dieu.

Dans la troisième tentation le démon offre à Jésus le pouvoir sur le monde. N’est-ce pas le Messie qui doit être le roi du monde? Jésus ressuscité dira : “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre” (Mt 28, 18). Le pouvoir de Jésus est un pouvoir authentique, qui sauve, c’est le pouvoir du Ciel, c’est, en dernière analyse, le pouvoir du service, qui arrive à l’offrande de soi dans la mort sur la croix (cf. Liturgie de la Solennité du Christ Roi de l’Univers) : sans le Ciel le pouvoir terrestre reste toujours ambigu. Le pouvoir de Jésus resplendit dans la Résurrection, mais présuppose la croix, où il meurt suspendu et raillé par les hommes, manifestant l’offrande ultime et absolue de lui-même, de sa mise au service de l’homme. Le pouvoir du Christ grandit et prend racine en celui qui vit l’humilité et l’amour.

Au cours des siècles cette tentation devient visible quand l’empire chrétien transformera la foi en un fait politique pour l’unité de l’Empire; un risque que la foi a toujours couru, c’est celui d’être suffoquée par l’étreinte du pouvoir : la foi qui se met au service du pouvoir. L’alternative qui est en jeu ici apparaît dans le récit de la Passion, dans lequel Pilate fait choisir entre Jésus et Barabbas. L’un des deux sera libéré. Barabbas était une figure messianique, deux formes de messianisme se confrontent : un Messie qui guide une lutte de liberté et d’indépendance et un mystérieux Jésus, qui annonce que le chemin de la vie est de se perdre soi-même. Les hommes ont préféré Barabbas. Si le tentateur, aujourd’hui, nous proposait de choisir Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu aurait-il quelque chance? “Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?” (Lc 18,8).

Le diable ne nous propose pas directement de l’adorer lui-même, il n’est pas si grossier, mais il nous propose de nous décider pour ce qui est rationnel, pour la priorité d’un monde planifié, dans lequel Dieu est seulement une question privée, il peut avoir sa place, mais il ne doit pas interférer dans la vie publique. C’est l’interprétation “biblique” de l’Antéchrist de Soloviev’ : l’adoration du bien-être, de la planification rationnelle. La troisième tentation se révèle fondamentale : ce que doit faire un sauveur du monde. Juste au moment où Pierre reconnaît Jésus comme Messie, s’avance le tentateur qui pousse à la compréhension d’un messie qui œuvre à la lumière du pouvoir temporel, une action messianique sans croix. Mais Jésus est dur avec Pierre : “Passe derrière moi, Satan! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes!” (Mt 16, 23). La tentation d’aujourd’hui est de considérer le christianisme comme une recette pour le progrès, de reconnaître le bien-être commun comme le véritable but de toute religion, même de la religion chrétienne.

Qu’a porté Jésus s’il n’a pas fait émerger un monde meilleur? Dans l’Ancien Testament il y a deux “lignes” de sagesse : l’attente d’un monde sain dans lequel “le loup habite avec l’agneau” (Is 11,6), les peuples “briseront leurs épées pour en faire des socs” (Is 2,4) ; et puis  la sagesse du Serviteur de Dieu souffrant, d’un Messie qui sauvera à travers le mépris et la souffrance. Jésus nous dit ce qu’il a objecté à Satan puis à Pierre : Aucun royaume de ce monde n’est le règne de Dieu, qui assure le salut de l’humanité tout entière. C’est la ruse de Satan.

Mais qu’a vraiment accompli Jésus s’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous? Il a porté Dieu! Désormais nous connaissons son visage, désormais nous pouvons l’invoquer, il a porté Dieu et avec lui la vérité sur notre destin. Le pouvoir de Dieu dans le monde est silencieux, mais c’est le pouvoir vrai et durable, c’est ce qui demeure et sauve. Les royaumes du monde entre-temps se sont tous écroulés. Jésus sort vainqueur de la lutte contre Satan : à la divinisation mensongère du pouvoir et du bien-être, il a opposé la nature divine de Dieu, comme vrai bien de l’homme, et l’amour comme unique processus de transformation et de bien-être. Le commandement fondamental d’Israël est aussi le commandement fondamental des chrétiens : on doit adorer seulement Dieu. Et c’est ce “oui” inconditionnel à la première table du dialogue, qui inclut aussi le “oui” à la deuxième : l’amour pour le prochain.

 

Jésus exorciste

Outre par l’annonce orale de l’Evangile, Jésus agissait aussi moyennant des signes spécifiques, signes qui laissent entrevoir son rapport spécial avec Dieu et son autorité sur le démon : les signes de miséricorde et les signes de puissance. Les signes de miséricorde sont l’offrande gratuite et miséricordieuse du pardon de Dieu à l’homme incapable de se sauver de la force du péché par ses propres forces : “Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés?” (Lc 7, 49). Les signes de puissance, par contre, sont les miracles et les exorcismes : “Il se leva et aussitôt, prenant son grabat, il sortit devant tout le monde, de sorte que tous étaient stupéfaits et glorifiaient Dieu en disant : “Jamais nous n’avons rien vu de pareil!! (Mc 2, 12); “Qu’est cela? Un enseignement nouveau, donné d’autorité! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent!”(Mc 1, 27). Tant les signes de miséricorde que les signes de puissance sont expression de l’amour miséricordieux d’un Dieu qui sauve du péché et aussi du Malin, qui est à l’origine de la première disgrâce de l’humanité. Le démon est personne, même si c’est à la manière d’une non-personne, et justement sur l’action personnelle de cet ange rebelle, Jésus lui-même nous invite à demander quotidiennement à Dieu dans la prière du Notre Père la libération de ses liens et la protection contre ses ruses. Le magistère de l’Eglise affirme tout cela dans la théologie du Notre Père :

“La dernière demande à notre Père est aussi portée dans la prière de Jésus : “Je ne Te prie pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais” (Jn 17, 15). Elle nous concerne, chacun personnellement, mais c’est toujours “nous” qui prions, en communion avec toute l’Eglise et pour la délivrance de toute la famille humaine […]. Dans cette demande, le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais,l’ange qui s’oppose à Dieu. Le “diable” (dia-bolos) est celui qui “se jette en travers” du dessein de Dieu et de son “œuvre de salut” accomplie dans le Christ. “Homicide dès l’origine, menteur et père du mensonge” (Jn 8,44), “le Satan, le séducteur du monde entier (Ap 12,9), c’est par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et c’est par sa défaite définitive que la création tout entière sera “libérée du péché et de la mort” (cf. Missel Romain, prière eucharistique IV). “Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais l’Engendré de Dieu le garde er le Mauvais n’a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gīît au pouvoir du Mauvais” (1Jn5, 18-19)”16.

Jésus est vainqueur de Satan par sa mort et sa résurrection, donc la Rédemption qu’il met en acte est libération de l’homme des liens du diable, cette victoire est en un certain sens anticipée dans la dynamique des exorcismes. L’exorcisme pratiqué par Jésus présente les traits typiques d’une lutte contre une personnalité autre, négative, cruelle et ennemie de l’homme, une lutte qui sera gagnée définitivement dans l’avènement du mystère pascal. La rédemption, cependant, doit être assumée personnellement par chaque homme moyennant le choix quotidien de Dieu, moyennant la conversion du cœur. Le diable, tout en étant vaincu par le Christ, continue à avoir une certaine influence sur l’homme, comme créature libre de choisir entre lui et Dieu.

Jésus, en affirmant  chasser les démons en vertu de l’Esprit-Saint (cf. Mt 12,28) présente les exorcismes comme signe de la venue du Royaume de Dieu, donc aussi comme preuve de sa messianité. La mission du Christ est une lutte effrayante contre les esprits du mal, en effet toute sa vie de Christ est une confrontation constante, une bataille, entre le “fort” Satan et le “plus fort” Jésus. L’évangéliste Marc souligne plus que les autres les “tons âpres” de cette bataille. Moyennant les récits de la libération des possédés l’Evangile nous communique une vision de l’histoire, celle qui se déroule dans le mystère de la foi : une lutte entre le bien et le mal dont les protagonistes sont Dieu et le Malin. Ce contraste entre Dieu et Satan est une querelle en vue du salut/perdition de l’homme, qui au nom de sa liberté peut choisir entre les deux prétendants.

La présence de Satan détruit, aliène et désagrège l’homme possédé. L’image de l’homme s’est comme brisée chez les possédés et est devenue méconnaissable. Prisonniers d’un ou de nombreux esprits du mal, ils sont incapables de se rebeller contre la force maligne qui les tient enchaînés, incapables de répondre librement aux appels de Jésus. En eux Jésus reconnaît et combat une puissance qui n’est pas celle de l’homme, mais une conscience autre, personnelle et cruelle : l’ange qui s’est rebellé contre Dieu. Devant Jésus, Satan et ses démons, détrônés, n’ont pas de pouvoir absolu sur les hommes, comme ils le voudraient, ils ne peuvent plus rester “sans dérangement” dans le corps des possédés, mais surtout ils entrevoient la fin de leur temps, c’est pourquoi ils réagissent avec fureur et crient : “Es-tu venu pour nous tourmenter?” (Mt 8, 29). Le Nouveau Testament, quant il parle de possédés, reflète la mentalité populaire qui attribue certaines maladies à l’œuvre du démon. Aujourd’hui nous disposons de connaissances plus précises sur les causes naturelles de certaines maladies nerveuses et psychiques qui donnent lieu à des formes semblables à celles décrites par les Evangiles, mais nous ne pouvons pas exclure, comme en témoigne l’expérience d’exorcistes confirmés et experts, la présence simultanée, soit d’une maladie psychiatrique, soit de maux maléfiques, cas très difficiles à affronter, qui devraient être confiés à des médecins et au ministère de consolation pour autant que ce soit possible. Si nous voulions voir dans ce récit rien d’autre que le résultat d’une culture préscientifique, quelque chose d’essentiel nous échapperait, qui ne peut pas être négligé:

“Ces faits et ces déclarations – bien placés, répétés et concordants – ne sont pas le résultat du hasard. Il n’est pas possible de les traiter en données fabuleuses à démythiser. Sinon, il faudrait admettre qu’à ces heures critiques la conscience de Jésus, dont les récits attestent la lucidité et la maîtrise de soi devant ses juges, était la proie de phantasmes illusoires et que sa parole était dépourvue de toute fermeté : ce qui contredirait à l’impression des premiers auditeurs et des lecteurs actuels des Évangiles. Ainsi la conclusion s’impose. Satan, que Jésus avait affronté par ses exorcismes, rencontré au désert et dans sa passion, ne peut pas être le simple produit de la faculté humaine de fabulation et de projection, ni le vestige aberrant d’un langage culturel primitif.”17

Le récit sur les démons et sur Satan qui tiennent liés les hommes, rappellent de manière significative “que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais” (1Jean 5, 19). Jésus révèle ce mystère, le met à nu, l’appelle par son nom, parce que son autorité est plus forte que les démons, dont il met en fuite le pouvoir par un ordre seulement. Quels sont les cas de maladie décrits dans l’Evangile auxquels Jésus donne des ordres? Jésus interagit dans les exorcismes avec un être personnel, dans les maladies par contre, il se comporte de manière absolument différente. En vertu de l’ordre impératif de Jésus, l’homme est libéré, guéri, le Règne arrive.

Sans doute le diable peut-il servir de prétexte pour décharger sur lui nos fautes, il peut devenir un instrument de fuite de nos responsabilités personnelles, surtout dans les cas de fidèles victimes de son action extraordinaire : “j’ai commis ce péché…parce que j’y ai été poussé (j’ai reçu un ordre) du diable…”. D’ailleurs, même à la période où la croyance dans la sorcellerie provoquait terreur, tortures et bûchers, l’accusation de possession diabolique était un monstrueux rejet sur d’autres de conflits personnels et sociaux non résolus.

Le scientisme aurait voulu vaincre pour toujours au niveau rationnel une certaine manière de concevoir le démon, mais le mystère du mal subsiste, et le démon assume de temps en temps un visage différent, il faut le découvrir. Jésus libérateur des démons conduit à discerner combien le mal du monde dépend de la volonté des hommes, des égoïsmes et des intérêts effrénés, mais met en garde contre le fait de le réduire simplement à des limites humaines. Le Malin, en effet, a un fort pouvoir de suggestion sur les hommes, influençant ainsi leurs choix, en effet il est un être spirituel et en tant que tel il entre dans l’esprit humain pour confondre et orienter au mal au nom de raisons fausses et contradictoires : il présente le mal sous forme de bien. Dans certaines situations de souffrance il ne lui est pas difficile de confondre l’esprit des hommes en leur faisant rechercher de l’aide auprès des opérateurs de l’occulte.

Les exorcismes opérés par Jésus marquent la défaite claire et évidente du démon, même si c’est comme une anticipation de cette défaite totale qui arrivera en raison de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection. La victoire de Jésus se réalise dans le présent historique : il est vainqueur du Malin par la puissance de l’obéissance et de l’amour qui rejoint sa plénitude sur la Croix. Nous ne pouvons pas présenter au possédé d’aujourd’hui, comme unique source de guérison, le sacramentel de l’exorcisme, mais nous devons lui présenter le témoignage de Jésus : l’obéissance, l’acceptation de la volonté de Dieu, une vie pleine d’amour envers tous, préparent ainsi le terrain pour la lutte, pour le cas où ce serait nécessaire, lutte célébrée dans le rituel de l’exorcisme. Le péché des scribes est l’incrédulité devant une évidence claire : “C’est par le prince des démons qu’il expulse les démons” (Mc 3, 22) : Jésus exorciste nous enseigne que le premier exorcisme, nous le vivons précisément dans l’accomplissement de notre foi : aimer Dieu et aimer le prochain.

La culture moderne et le diable

Différents courants culturels comme l’illuminisme, le positivisme et le sécularisme ont fini par imposer une solution tranquillisante : le démon, dit-on, est une personnification symbolique, un mythe, un cauchemar. À partir de ces bases, nous arrivons à l’homme moderne qui manifeste une allergie suspecte à entendre parler du diable comme être personnel, encore plus pour ce qui concerne son action extraordinaire dans le monde. Cette “solution ou perspective” a été également assumée comme réflexion de progrès par quelques théologiens célèbres, qui ont présenté la doctrine catholique sur les anges et les démons comme pur symbolisme figuratif, en résumant le tout à deux solutions: une donnée culturelle d’importation et une personnification des attributs de Dieu. Il faut leur rappeler, à eux et à ceux qui pensent comme eux, que la sagesse de l’Eglise nous rappelle que lex orandi, lex credendi : donc pourquoi l’existence et le renouvellement du rituel d’exorcisme pour les priants et les croyants? Pur héritage du passé? Entre-temps, cependant, dans la société se manifeste un phénomène inquiétant : Satan, chassé par la porte, est rentré par la fenêtre, c’est-à-dire que chassé de la foi, il est rentré par la superstition. Le monde moderne, technologique et industrialisé, pullule de magiciens, sorcières, sorciers de village, spirites, diseurs d’horoscopes, vendeurs de sortilèges et d’amulettes, et d’autres gens semblables ;  de plus il ne faut pas exclure, à cause du péril qu’elles représentent, les sectes sataniques, dont les rituels, étranges, rentables, et dans quelques cas aussi de caractère criminel, se déroulent de préférence précisément dans les cités les plus industrialisées, se dissimulant sous l’apparence de gens aisés, qu’on ne penserait pas à classer comme personnes adoratrices du diable. Dans notre société se vérifie quelque chose de semblable à ce que l’apôtre Paul relevait chez les païens de son temps : “Dans leur prétention à la sagesse ils sont devenus fous et ils ont échangé la gloire du Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d’hommes corruptibles. d’oiseaux, de quadrupèdes ou de reptiles […]. Et puisqu’ils ont méprisé la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à une intelligence dépravée” (Rm1, 21-23). Durant l’impressionnante et bouleversante période de la Seconde Guerre Mondiale, Helmut Thielicke, théologien protestant, recteur de l’université de Hambourg, a écrit :

“Durant ces temps-ci nous avons été bien trop en contact avec des puissances démoniaques…nous avons expérimenté et vu, plus qu’il n’était nécessaire, des hommes et des groupes entiers séduits et guidés par des puissances mystérieuses, nous avons observé trop de fois un esprit étranger dans des personnes transformées jusqu’au plus profond de leur être ; comment il les a poussées à des cruautés, des ivresses de pouvoir et des explosions de folie dont ils n’auraient pas été capables auparavant…Je dis que nous en avons vu trop, que nous en avons été trop épouvantés, pour que l’on puisse continuer à se demander sans honte si le diable existe”.

Malgré tout, nous assistons à une lente mais constante reprise de la réflexion démonologique, dans laquelle l’interrogation sur le mystère du mal est finalement parvenue, pour son compte, à la même conclusion d’où part l’Ecriture Sainte : le mystère du mal ne s’explique pas seulement par l’homme, il “précède l’homme”, c’est en effet  le sens de la présence du serpent dans le récit du péché originel. Le mystère du Mal “dépasse” l’homme : il y a un mal si impensable et raffiné qu’il ne peut pas être œuvre de l’homme, mais qu’il agit sur l’homme qui refuse librement la grâce sanctifiante.

Dans l’Ecriture Sainte on trouve tous les caractères fondamentaux pour formuler une théologie correcte sur les démons :

      1. l’existence personnelle de puissances spirituelles de type négatif, d’esprits rebelles;

      2. ils sont subordonnés à un esprit-chef, que la tradition des Pères identifie à Lucifer,      relisant en clé chrétienne l’événement de la chute du roi de Babylone (cf. Is 12, 14-15).

      3. Ces esprits pervertis ont une interférence réelle avec l’histoire et la vie de l’homme: action ordinaire (tentation) et action extraordinaire (phénomènes diaboliques      extraordinaires).

      4. La vérité la plus importante est que tous ces esprits du mal sont tous soumis à la seigneurie du Christ, même s’ils conservent une certaine initiative jusqu’à la parousie, où leur temps et leur œuvre s’achèvera pour toujours : “Il maîtrisa le dragon, l’antique serpent, – c’est le diable, Satan- et l’enchaîna pour mille années” (Ap. 20, 2).

“Croire” dans l’existence personnelle du diable est une doctrine catholique, c’est une vérité de foi, même si elle n’est pas définie ex professo par un dogme. Quand le bienheureux Paul VI a rappelé au peuple chrétien qu’il existe cet être personnel, perverti et pervertisseur, déplaisante vérité pour beaucoup, le monde a réagi “en déchirant ses vêtements”, scandalisé. Le monde “a ri” : il s’est agi d’une gaffe.

Le pape François, justement sur le thème de la possession diabolique, n’a pas craint de “dénoncer” les théologiens qui la mettent en discussion : “Il y a des prêtres qui, quand il lisent ce passage de Luc [11, 14-26] disent : Jésus a guéri une personne d’une maladie psychique. Certainement il est vrai qu’on pouvait confondre l’épilepsie avec la possession démoniaque, mais il est aussi vrai qu’il y avait le démon. Et nous n’avons pas le droit de rendre la chose si simple, en la liquidant comme s’il s’agissait de malades psychiques et non de possédés”18.

Celui qui nie l’existence du démon ou de son action extraordinaire sur l’homme (infestations, vexations, obsessions, possessions, maléfices) ne se rend pas compte qu’il lui permet de “rentrer et cultiver” son terrain préféré qui est celui du doute, de la discussion intellectuelle, qui suspend tout jugement, et enfin, du silence. Charles Pierre Baudelaire, poète, écrivain et critique littéraire, prononça sur le démon une phrase célèbre qui est passée à l’histoire : “La plus grande astuce du Diable est de nous convaincre qu’il n’existe pas”. La plus grande victoire de Satan est justement de nous faire croire qu’il n’existe pas, et il y a réussi avec beaucoup.

Pourquoi la démonologie est-elle partie intégrante, même si elle demeure “périphérique”, de la mission évangélisatrice de l’Eglise? Pourquoi l’Eglise doit-elle parler de Satan? On ne peut pas comprendre ce que signifie choisir le Christ si on ne sait pas entre qui et qui se fait le choix, on ne choisit pas en conscience le Règne de Dieu si on ne prend pas conscience du fait qu’il existe un autre royaume alternatif à celui du Christ, il n’existe pas de neutralité : la neutralité c’est déjà militer dans un des deux royaumes, c’est-à-dire celui de Satan. Le Baptême chrétien dans sa structure liturgique primitive était l’expression de ce choix, celui qui recevait le baptême disait : “Je renonce à Satan”, en se tournant vers le soleil déclinant vers l’Occident ; et puis il disait : “Je crois en Toi ô Christ”, en se tournant vers le soleil naissant vers l’Orient. Toute la vie chrétienne est un choix. Avoir aboli un des deux pôles du choix, celui négatif du démon, traduit chez l’homme sécularisé d’aujourd’hui la peur de devoir choisir, au risque de tomber ensuite dans l’angoisse la plus radicale, parce que choisir et parier, comme disait Pascal, est nécessaire.

Conclusion

Le terrain que nous avons parcouru est insidieux : le démon peut utiliser à notre détriment soit le trop grand silence sur lui, soit le fait de trop parler de lui. Dans ce dernier cas deux inconvénients peuvent se vérifier facilement : ou on s’illusionne ou on se confond. On s’illusionne si, prétextant que Satan est responsable de toutes nos difficultés ou erreurs, nous ne prenons pas assez au sérieux la racine maligne qui est en nous (l’égoïsme, la concupiscence, l’orgueil), et ne la prenant pas au sérieux, ne la mortifions pas. De cette manière notre bataille contre le démon est vaine: l’ennemi est d’un autre côté et agit sans être dérangé. Dans cet horizon nous risquons de combattre contre les moulins à vent. On se confond, si, outre le fait d’attribuer au démon nos erreurs, nous commençons aussi à lui attribuer tous les phénomènes qui arrivent autour de nous : maladies, troubles psychiques, souffrances. Non que le démon ne puisse pas faire cela aussi, mais il est dangereux de s’aventurer sur cette voie sans un juste discernement, parce quìon finit par voir des démons à chaque angle de notre vie, quand notre attention devrait être tournée à voir Jésus à chaque angle de notre vie.

L’Eglise est très sage en ce qui concerne la théologie des démons : il faut savoir discerner les esprits. Pas d’exorcismes faciles. L’Evangile nous exhorte sans doute à la pratique des exorcismes, chasser les démons est une consigne  constante faite aux missionnaires du Royaume, mais de façon positive, pas rituelle : il ne s’agit pas tant d’accomplir des rites, que des œuvres qui mettent en fuite Satan. C’est-à-dire prêcher et écouter la Parole de l’Evangile, proclamer le Christ comme Seigneur, cheminer en nouveauté de vie, nous renouveler profondément à travers le sacrement de la réconciliation, comme “sœur du Baptême”, le tout vécu dans une vraie et sincère conversion du cœur. Tout ceci est aussi exorcisme, parce que cela fait avancer le front de la lumière et reculer celui des ténèbres et du mensonge, fait précipiter Satan comme l’éclair, fait renverser les idoles derrière lesquelles il se cache habituellement : le mensonge philosophique, l’idole du pouvoir politique et militaire, l’idole du sexe et de la consommation, la calomnie et l’envie.

La vie qui réussit à dépasser la tombe est donnée par l’Eglise dans le sacrement du baptême, mais si la vie baptismale est ensevelie et qu’il reste une vie d’où amour et pardon sont tout à fait absents, nous nous trouvons de nouveau enfermés dans une vie psychosomatique, qui voudrait par un effort intellectuel et moral arriver à percer dans l’Esprit, mais en vain. Le Christ le dit ouvertement à Nicodème : “Nul n’est monté au ciel. Aucun homme ne s’est fait Dieu, mais Dieu s’est fait homme. Il faut renaître d’en haut” (cf. Jn 3, 1-21). Nous renaissons chaque fois que nous approchons avec une âme pénitente du sacrement de la réconciliation, en lui se réalise un exorcisme véritable, dont l’ordre impératif contre Satan est constitué par le don gratuit de la rémission des péchés : Jésus paie notre “dette” avec le démon et nous nous retrouvons participants de cet amour de Dieu, qui, seul, est capable de convertir le mal en bien.

Aujourd’hui, la conviction que dans cette Europe il faut quelqu’un qui change le péché en lumière  fait discrètement son chemin, quelqu’un qui nous unisse à Dieu, le Dieu vrai, pas celui pensé et objet de débats, mais surtout celui prié et aimé, le Dieu de Jésus-Christ.

Mon expérience d’évêque exorciste

Durant les années où j’étais évêque à Acerra (2000-2013), je me suis retrouvé plusieurs fois à combattre le phénomène des magiciens, des ensorceleurs et des diseurs de bonne aventure, je me souviens d’avoir refusé l’autorisation de devenir parrain de baptême à un célèbre diseur de bonne aventure qui exerçait quotidiennement le rôle de magicien pour une télévision locale de la région de Naples. Ma décision ferme provoqua des “étincelles” chez le magicien…Une autre fois je fus informé que dans une paroisse du diocèse avaient lieu des réunions de prières mensuelles où étaient dégradées des actions liturgiques et sacramentelles : l’idée de messe de guérison se propageait, on recourait à des formes magiques de dévotion surtout quand le Très Saint Sacrement était porté parmi la foule et chacun touchait l’ostensoir avec les mains, ou avec des photos ou des objets appartenant à des malades ou à des absents qui en avaient besoin. On bénissait aussi des éléments naturels (sel, huile, eau, bougies, etc…) qui pouvaient revêtir ainsi un sens magique. Une fois,  vêtu comme un simple prêtre, je fus présent parmi la foule des fidèles et pus assister en personne à ce spectacle, qui frôlait la magie. Après avoir averti le curé, j’écrivis au prêtre qui présidait ces célébrations – qui d’ailleurs n’appartenait même pas au diocèse – en l’invitant à ne plus se présenter dans le diocèse pour y tenir ces réunions de prière.

Dans la société il y a une grande variété de personnes capturées par les sectes et par les séducteurs des séances de spiritisme, subjuguées par les magiciens, prises au piège de toute forme de vices, comme le jeu, le sexe, l’alcool et la drogue.

Le nouveau “Rituel des exorcismes” voit le jour dans une situation culturelle marquée par une large diffusion de pratiques culturelles déviées ou ouvertement superstitieuses. La carence chez de nombreuses personnes d’une expérience de foi incisive et de solides convictions religieuses, la  perte de certaines valeurs chrétiennes importantes et l’obscurcissement du sens profond de la vie concourent à créer un climat d’incertitude et de précarité, lequel à son tour favorise le recours à des formes de divination, à des pratiques religieuses empreintes de superstition, à des expressions rituelles de magie  et parfois même à des rites extrêmement aberrants, comme ceux du culte à Satan […]. D’autre part, dans des secteurs amples de la culture contemporaine sont souvent sous-évaluées ou niées la présence et l’action de Satan dans l’histoire et dans la vie personnelle”19.

Cet horizon de vie dédié au péché et à la superstition me fit réfléchir sur le pouvoir du diable dans le monde et me fit revenir à l’esprit l’invitation pressante que le Père Gabriel Amorth faisait aux évêques de nommer des exorcistes dans leurs diocèses, pour aider et consoler tant de gens qui souffrent et restent seuls dans la lutte contre le démon, et qui tombent souvent entre les mains des magiciens parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser ni à qui parler d’un malaise, qui la majeure partie du temps reste incompris, s’il n’est pas tourné en ridicule. C’est ce qu’affirmait Amorth avec une extrême vigueur :

“Les exorcistes sont en général mal vus par une bonne partie du clergé lui-même, par lequel ils sont  souvent considérés comme des exaltés. Il ne sont pas bien acceptés, bien qu’ils soient non seulement membres du clergé, mais qu’en principe ils puissent être considérés presque meilleurs. Je dis les meilleurs parce que le Droit Canonique dit que l’évêque, en nommant l’exorciste, doit choisir un prêtre de prière, de culture, équilibré”20.

C’est pour cette raison que j’invitai le jeune prêtre Don Marcello Lanza à approfondir ses études de théologie dans cette direction du ministère. Ainsi en 2011 je le nommai exorciste du diocèse d’ Acerra, figure qui manquait à l’organigramme personnel du diocèse depuis des décennies. En même temps j’émis les premières normes concernant l’exercice ministériel de cette délicate activité apostolique, et j’invitai le peuple de Dieu à dépasser les limites de la crédulité, qui porte à la magie, et de l’indifférence, qui peut déboucher sur l’incompréhension. Je me rappelle avec plaisir du dévouement avec lequel don Marcello se dédiait à ce ministère, l’accomplissant avec compétence et sobriété, et l’alimentant par la prière et sa foi humble et décidée. Un jour, en 2013, il m’invita de manière pressante à exorciser un jeune possédé par le démon. Dans quelques séances auparavant, don Marcello avait diagnostiqué avec bien de la peine l’état de possession diabolique de ce jeune, qui à première vue ne semblait pas possédé. J’éprouvai une légère peur à accepter, surtout parce que don Marcello m’avait confié les difficultés que lui et ses auxiliaires avaient rencontrées dans la célébration des précédents exorcismes sur ce jeune possédé par le démon. Mais je me repris aussitôt, me rappelant que l’évêque est l’exorciste ordinaire dans son propre diocèse.  Je ne pouvais pas me soustraire. Je me rappelai aussi que don Marcello, auparavant, m’avait déjà invité à célébrer ce sacramentel pour un adolescent, qui, accompagné par ses parents, fut exorcisé par mes soins dans la chapelle de l’évêché. Dans cette circonstance tout se déroula avec tranquillité, malgré ma préoccupation : j’avais demandé pardon de ma fragilité et je renouvelai ma foi en Christ Sauveur. Le dimanche suivant, je remarquais, avec joie, le jeune exorcisé qui participait, avec ses parents, à ma célébration eucharistique dans la cathédrale.  C’est une erreur de considérer qu’un possédé ne peut pas entrer dans une église, cet adolescent était là, il a participé à la sainte messe et il a communié sans aucun problème. Réconforté par cette expérience, je me confiai à la Vierge Marie, mère de l’Eglise et acceptai d’exorciser ce jeune qui, je le compris aussitôt, était un cas de possession extrême. Ce fut une célébration combattante, une vraie lutte. Il s’agissait d’un jeune de trente ans, bien planté et robuste : durant l’état de transes de possession diabolique il émanait de lui une force de lion, une énergie herculéenne : l’intervention de six auxiliaires qui lui bloquèrent les mains, les jambes, la tête et la poitrine fut nécessaire. La chaise, bien solide, en fer forgé, maintint à peine le choc. Après les rites d’introduction prévus dans le rituel d’exorcisme, le jeune, ou mieux, le démon qui le possédait explosa dans toute sa force : les yeux révulsés, tournés vers le haut, il grognait, de la bave écumait  de sa bouche et il avait peur de toucher l’étole violette que j’endossais. À l’improviste, il cria, en s’adressant à moi : “Toi, qu’est-ce que tu fais là?”. Le diable était épouvanté et c’est pourquoi il donnait une énergie toujours plus forte au jeune possédé. Je répétai le rituel plusieurs fois, ajoutant toujours de nouvelles invocations au Seigneur, pendant qu’une certaine crainte commençait à se faire jour dans mon âme. Don Marcello m’assistait et m’encourageait; et il me suggérait d’élever le ton de ma voix,  de mettre plus d’autorité et plus de foi dans mes commandements. Près de deux heures passèrent dans ce “corps à corps”. À un certain point du rituel, j’imposai au démon qui possédait le jeune de me révéler son nom. Il répondit : “Je suis légion”. Durant l’exorcisme, en outre, le diable me reconnut comme évêque en m’apostrophant comme “successeur des apôtres”.

Le Père Amorth aussi décrit les difficultés rencontrées dans la célébration des exorcismes : “Combien de fois Satan a résisté à mes ordres. Le Christ est plus fort que lui, mais souvent il réussit à lui résister. Parce que Satan, tout en étant assujetti au pouvoir du Christ, reste de toute façon une figure puissante”.  Mes expériences d’évêque exorciste m’ont aidé à comprendre avec une plus grande intensité que le possédé est un membre de la communauté et que sa souffrance ne peut provoquer une peur superstitieuse, mais doit susciter un  sentiment d’amour et de compassion pour le malaise que vit un de nos frères. Dans cette conviction, je trouvai réconfort dans l’expérience d’un curé exorciste21 qui écrit ainsi dans un rapport destiné aux exorcistes : “Dans la pastorale de la paroisse on ressent l’urgence d’un ministère de consolation et d’accompagnement pour qui est tourmenté par le Malin…Une communauté paroissiale devrait se charger de  ceux qui sont opprimés par le Malin, sans considérer leur malaise comme une honte ou un motif d’épouvante pour les enfants, ou voir en eux de possibles perturbateurs de la liturgie: enfin des personnes à tenir éloignées ou cachées comme si elles étaient contagieuses ou indignes de la communauté”. l’Eglise, dans le Rituel des exorcismes et prières pour circonstances particulières reconnaît les possédés du démon comme les plus pauvres parmi les pauvres: “Le fidèle qui demande l’exorcisme est un membre de la communauté, un de ces membres que la communauté doit aimer d’un amour préférentiel ; en effet il est le plus pauvre des pauvres, il a besoin d’aide et de consolation. C’est pourquoi le ministère de l’exorciste, outre son but de libération, est aussi un ministère de consolation”22.

Les évêques italiens reconnaissent dans la condition du fidèle possédé ou sujet à d’autres phénomènes diaboliques extraordinaires, une souffrance, une douleur et une affliction supérieures à toute autre forme de souffrance. En effet, être constamment en compagnie d’un “hôte” indésirable qui fait sentir sa présence dans le corps et surtout dans l’esprit, influençant avec une certaine force le baptisé à faire des choix ennemis du bien et du bonheur personnel et communautaire,  dépasse tout schéma de normalité. Satan à travers la possession diabolique tend à maintenir son pouvoir sur la personne et à désirer sa ruine, c’est pourquoi le baptisé possédé par le démon, quand il frappe à la porte de l’Eglise sa mère et demande l’exorcisme, a besoin de confession et de consolation : il cherche cette paix et cette sérénité que le diable lui a enlevées et que l’Eglise mère peut lui restituer grâce à la puissance sanctificatrice des sacrements et du sacramentel de l’exorcisme, l’accompagnement fraternel dans son chemin de libération.

NOTE

1  Son Excellence Mons. Giovanni Salvatore Rinaldi naît à Cimitile le 3 mai 1937, dès sa jeunesse il entre au séminaire épiscopal de Nola et ensuite au séminaire pontifical régional de Posillipo, il est ordonné prêtre le 2 juillet 1961. Il exerce différentes responsabilités dans son diocèse : professeur de philosophie et de français, père spirituel des séminaristes,  assistant diocésain d’Action Catholique, curé de diverses paroisses, parmi lesquelles la Paroisse Collégiale Notre-Dame des Grâces à Marigliano. Le 7 décembre 1999 il est nommé évêque du diocèse d’Acerra, responsabilité qu’il laissera en 2013, ayant rejoint la limite d’âge. Durant son épiscopat, sensible aux fidèles souffrants dans leur esprit, il nomme un prêtre diocésain et reporte dans le diocèse le ministère des exorcismes, après plus de trente ans d’absence de la figure de l’exorciste. Il est chargé dans la conférence épiscopale de Campanie du rôle de délégué pour l’éducation, l’école et l’université, et actuellement il est collaborateur du groupe des exorcistes de Campanie, auprès du responsable Mons. Beniamino Depalma, archevêque émérite du diocèse de Nola. Mons. Rinaldi a eu une expérience directe dans le domaine des exorcismes, quand il était Ordinaire il a en fait plusieurs fois réalisé des exorcismes sur des possédés, connaissant en personne cette réalité de souffrance.
2 H. Denzinger,  Enchiridion symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum,   éd. par P. Hunermann, EDB, Bologne 1995, 3002 [Denz].
3 Ceux qui affirment que le diable est seulement un symbole du mal adoptent un principe semblable pour l’ange aussi, le considérant comme un symbole du bien.
4   Denz 800.
5  Cf. Pie XII, Humani generis, in Enchiridion delle Encicliche 6. Pio XII 1939-1958, EDB, Bologne 1995, 726.
6 Jean-Paul II, La partecipazione degli angeli nella storia della salvezza, 9/2: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, 28 vol., LEV, Cité du Vatican 1987, 327.
7 Jean-Paul II, La partecipazione degli angeli nella storia della salvezza, 9/2: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, op. cit., 328.
8   J. Maritain, Il peccato dell’angelo, Città Nuova, Rome 2014, 90.
9   Cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, LEV, Cité du Vatican 21999, 393 [CEC].
10  Cf. ib., 2851.
11 Pape François, Omelie del mattino. Nella Cappella della Domus Sanctae Marthae, IV, vol. 7, LEV, Cité du Vatican, 2014, 135-136.
12 Paul VI, Liberaci dal male, in Insegnamenti di Paolo VI, vol. V, Tipografia poliglotta vaticana, Cité du Vatican, 1973, 1169.
13  J. Ratzinger-V. Messori, Rapporto sulla fede. A colloquio con Joseph Ratzinger, Paoline, Milan 1985, 150;145.
14 Cf. Pape François, Omelie del mattino, VII, op. cit., 137.
15  Anne Catherine Emmerick, Gesù negli anni della vita pubblica, San Paolo, Cinisello Balsamo 2014, 71.
16 CEC 2850; 2852.
17 Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Fede cristiana e demonologia, in EV 5/1355.
18 Pape François, Omelie del mattino, II, op. cit., 93.
19 REPCP, Presentazione, 2;4.
20 G. Amorth, Memorie di un esorcista. La mia vita in lotta contro Satana, Piemme, Milan 2010, 25
21  Don Ermes Macchioni, exorciste du Diocèse de Reggio Emilia Guastalla.
22  REPCP, Presentazione, 16.

L’ENSEIGNEMENT SUR LE DIABLE DANS LE “CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE” (CEC)

de Son Excellence Mons. Raffaello Martinelli, Evêque du diocèse de Frascati

Le CEC parle à différents endroits du diable et des démons, présentant les divers aspects qu’une telle réalité implique :

  1. Qui est le diable?
  2. Que fait le diable?
  3. De quelle manière Jésus se comporte-t-il avec les démons?
  4. Pourquoi Dieu “permet-il” à Satan de “tourmenter” l’homme?
  5. Comment sommes-nous vainqueurs du diable?
  6. Qu’est-ce qu’un exorcisme?

Analysons de façon synthétique chacun de ces différents aspects.

  1. Qui est le diable? Ou mieux, qui sont les diables (au pluriel)?

Les diables sont des anges bons, créés par Dieu, mais qui ensuite, de leur propre volonté, par un choix libre et irrévocable, se sont transformés en mauvais, en se rebellant et en refusant Dieu.

Nous lisons dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) :

391 : “L’Eglise enseigne qu’il [le diable] a été d’abord un ange bon, fait par Dieu. “Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais.” (Concile Latran IV -1215-, Chap. 1, De fide catholica: DS 800).

2851 : “Dans cette demande (Délivre-nous du Mal), le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le “diable” (dia-bolos) est celui qui “se jette en travers” du dessein de Dieu et de son “œuvre de salut” accomplie dans le Christ.”

  1. Que fait le diable?

Le CEC parle beaucoup de l’action du diable (à travers son action nous comprenons mieux qui est le diable), en se référant surtout au choix de désobéissance d’Adam et Eve et en mettant en valeur la relation étroite qui existe – de diverses manières – entre la chute des anges et la chute d’Adam et Eve. Cette relation a divers aspects :

.Le Diable comme voix séductrice:

CEC 391 : “Derrière le choix de désobéissance de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu qui, par envie, les fait tomber dans la mort”.

.Le péché, comme chute, tant des anges que de nos aïeux:

CEC 392 : “L’Ecriture parle d’un péché de ces anges. Cette “chute” consiste dans le choix libre de ces esprits créés qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne”.

.La typologie du péché est la même :

CEC 392 : “Nous trouvons un reflet de cette rébellion dans les paroles du tentateur à nos premiers parents : “Vous deviendrez comme Dieu” (Jn 3,5). Le diable est “pécheur dès l’origine” (1 Jn 3, 8), “père du mensonge” (Jn 8, 44).

.Caractéristique commune du péché : impardonnable :

CEC 393 : “C’est le caractère irrévocable du choix des anges, et non un défaut de l’infinie miséricorde divine, qui fait que leur péché ne peut être pardonné. “Il n’y a pas de repentir pour eux après la chute, comme il n’y a pas de repentir pour les hommes après la mort.”

            .Conséquence la plus grave de l’action du diable :

CEC 394 : “C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu” (1 Jn 3,8). La plus grave en conséquences de ces œuvres a été la séduction mensongère qui a induit l’homme à désobéir à Dieu”.

.Le Diable : cause du péché des aïeux et de ses conséquences (mort…) :

CEC 2852 : “Homicide dès l’origine, menteur et père du mensonge” (Jn 8, 44), “le Satan, le séducteur du monde entier” (Ap. 12,9), c’est par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et c’est par sa défaite définitive que la création toute entière sera “libérée du péché et de la mort”. “Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n’a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais” (1 Jn 5, 18-19).

  1. Relation entre le Christ et le diable :  De quelle manière Jésus se comporte-t-il avec                                 les démons?

Le Christ:

.Lui-même a été tenté par le diable:

.directement dans le désert (cf. Lc 4, 1-13 ; cf. CEC 538-540) :

“La tentation au désert montre Jésus, Messie humble qui triomphe de Satan par sa totale adhésion au dessein de Salut voulu par le Père” (CEC, 566); Le Christ triomphe du diable en recourant à la Parole de Dieu (il cite l’Ecriture Sainte) et en réaffirmant le primat de Dieu;

.ou en se servant de Pierre (cf. Mt 16, 23) ;

Il parle fréquemment du diable (cf. par exemple Mt 4, 10 ; Mc 4, 15 ; Lc 10, 18 ; Jn 8,44).

CEC 392 “Le diable est “pécheur dès l’origine” (1 Jn3, 8), “père du mensonge” (Jn 8, 44).

CEC  394 “L’Ecriture atteste l’influence néfaste de celui que Jésus appelle “l’homicide dès l’origine” (Jn 8, 44).

En outre, il est vainqueur du démon, et il triomphe :

.En naissant d’une femme préservée du péché :

CEC 2853 “Il [le dragon] se lance à la poursuite de la Femme” (Ap. 12, 13-16), mais il n’a pas de prise sur elle : la nouvelle Eve, “pleine de grâce” de l’Esprit Saint, est libérée du péché et de la corruption de la mort ( Immaculée conception et Assomption de la très sainte Mère de Dieu, Marie, toujours vierge). “Alors, furieux contre la Femme, le dragon s’en va guerroyer contre le reste de descendance” (Ap. 12, 17).

.Dans la tentation au désert :

CEC 539 “En cela, Jésus est vainqueur du diable : Il a “ligoté l’homme fort” pour lui reprendre son butin (Mc 3, 27). La victoire de Jésus sur le tentateur au désert anticipe la victoire de la  Passion, obéissance suprême de son amour filial du Père.”

CEC 540 “La tentation de Jésus manifeste le comportement messianique du Fils de Dieu, à l’opposé de celui que Lui propose Satan et que les hommes désirent Lui attribuer. C’est pourquoi le Christ a vaincu le Tentateur pour nous : “Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, Lui qui a été éprouvé en tout d’une manière semblable, à l’exception du péché” (He 4, 15). L’Eglise s’unit chaque année par les quarante jours du Grand Carême au mystère de Jésus au désert.”

.dans l’Evangile de saint Luc, nous lisons que Jésus commande aux démons, qui le reconnaissent comme le Fils de Dieu (cf. Lc 4,41 ; 8, 28…) ;

.parmi les miracles que Jésus accomplit, il y a des libérations de possessions diaboliques (cf. Mc 1, 25-26 ; 5,2-20) : en réalisant de telles guérisons, Il a vaincu le démon, cause de tels maux, “Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies” (Mt. 8, 17). Plusieurs fois les Evangélistes nous racontent que Jésus pratique aussi différents exorcismes, par lesquels Il libère certaines personnes du tourment des démons, anticipant ainsi la grande victoire qu’Il réalisera sur le prince de ce monde (cf. Mc 1, 25-26), par Sa Mort et sa Résurrection ;

.Surtout par Sa Mort et Sa Résurrection : Jésus est vainqueur du monde du mal par Sa Mort et Sa Résurrection, par laquelle il l’emporte sur Satan et brise définitivement le pouvoir de l’esprit malin (cf. Col. 2, 15 ; Eph. 1, 21 ; Ap. 12, 7-12) :

CEC 1708 “Par sa passion, le Christ nous a délivrés de Satan et du péché. Il nous a mérité la vie nouvelle dans l’Esprit Saint. Sa grâce restaure ce que le péché avait détérioré en nous”.

CEC 2853 “La victoire sur le “prince de ce monde” (Jn 14, 30) est acquise, une fois pour toutes, à l’Heure où Jésus se livre librement à la mort pour nous donner sa Vie. C’est le jugement de ce monde et le prince de ce monde est “jeté bas”.

.Dans Sa descente aux enfers :

quand, après Sa mort, Il descend aux enfers, Jésus réduit “à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable” (Héb. 2, 14).

CEC 635 “Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort afin que “les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent” (Jn 5, 25). Jésus, “le Prince de la vie” (Ac 3, 15), a “réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort” (He 2, 14-15). Désormais le Christ ressuscité “détient la clef de la mort et de l’Hadès” (Ap 1, 18) et “au nom de Jésus tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers” (Ph 2, 10).

.Dans l’envoi que Jésus fait de Ses apôtres, auxquels il confie le pouvoir de chasser les démons (cf. Mc 3, 15; 6,7.13; 16, 17). Jésus les envoie afin que :

CEC 1086 “ils annoncent que le Fils de Dieu, par sa mort et par sa résurrection, nous a délivrés du pouvoir de Satan ainsi que de la mort, et nous a transférés dans le Royaume de son Père, mais aussi afin qu’ils exercent cette œuvre de salut qu’ils annonçaient, par le Sacrifice et les sacrements autour desquels gravite toute la vie liturgique.” (Sacrosanctum Concilium, 6).

.Dans son retour final :

CEC 2852 “C’est par sa défaite définitive que la création toute entière sera “libérée du péché et de la mort”. “Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n’a pas de prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais” (1 Jn 5, 18-19) ;

CEC 2853 “C’est pourquoi  l’Esprit et l’Eglise prient : “Viens, Seigneur Jésus” (Ap 22, 17.20) puisque sa Venue nous délivrera du Mauvais.

  1. Pourquoi Dieu “permet-il” à Satan de “tourmenter” l’homme?

.Son action “est permise par la divine Providence, qui avec force et douceur dirige l’histoire de l’homme et du monde. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais “nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui L’aiment” (Rm 8, 28)”. (CEC 395). La vie sur Terre est un temps d’épreuve, durant laquelle Dieu consent au démon de tenter et de “tâter” l’homme, mais jamais au-delà de ses forces. Nous savons toutefois par la Foi que de ce mal Dieu sait tirer un bien plus grand parce que, avec sa grâce, le cœur sort purifié de l’épreuve et la Foi devient plus solide.

.Mais n’oublions pas que l’action du diable est limitée :

CEC 395 “La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du règne de Dieu. Quoique Satan agisse dans le monde par haine contre Dieu et son Royaume en Jésus-Christ, et que son action cause de graves dommages – de nature spirituelle et indirectement même de nature physique – pour chaque homme et pour la société, cette action est permise par la divine Providence qui avec force et douceur dirige l’histoire de l’homme et du monde. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais “nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui L’aiment” (Rm 8, 28).

  1. Comment sommes-nous vainqueurs du diable?

De différentes manières, complémentaires :

.Avant tout par une vie de Foi authentique, caractérisée par un abandon confiant à l’amour paternel et prévoyant de Dieu (cf. Lc 12, 22-31), et par l’obéissance à Sa volonté (cf. Mt6, 10), à l’imitation du Christ Seigneur (cf. la IIIe partie du CEC). Ceci est le bouclier le plus sûr. La plus belle victoire sur l’influence de Satan est la conversion continuelle de notre vie, qui se concrétise d’une manière spéciale et continuelle dans le Sacrement de la Réconciliation (cf. CEC IIe partie, IIe section, Chap.2, les sacrements de guérison), par lequel Dieu nous libère des péchés commis après notre Baptême, nous redonne Son amitié, et nous fortifie de Sa grâce pour résister aux assauts du Malin.

.Par une vigilance permanente : “Veillez. Votre ennemi, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer” (1 Pt 5, 8).

.En accueillant l’Evangile et en en témoignant toujours plus, par la parole et par les œuvres. Pour cela il faut une annonce intégrale et courageuse de l’Evangile (cf. Ie partie du CEC) : on ne doit pas avoir peur de parler aussi du démon, et surtout de la victoire que le Christ a déjà remporté sur lui et continue à remporter dans la personne de ses fidèles. En effet Il s’est uni à l’homme pour détruire le pouvoir des ténèbres avec l’homme et à l’intérieur de l’homme.

.En luttant:

.contre ses séductions et tentations (cf. IIIe partie, Ie section, articles 5 et 8): “Un dur combat contre les puissances des ténèbres traverse toute l’histoire des hommes ; commencé dès les origines, il durera jusqu’au dernier jour, comme le Seigneur nous l’a dit. Engagé dans cette bataille, l’homme doit sans cesse combattre pour s’attacher au bien ; et ce n’est qu’au prix de grands efforts, avec la grâce de Dieu, qu’il parvient à réaliser son unité intérieure. (Concile Vatican II, Gaudium et spes, n. 37, 2).

. contre toutes les formes de divination, magies, sorcelleries:

CEC 2116 “Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort “dévoiler” l’avenir ;

CEC 2117 “Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain – fȗt-ce pour lui procurer la santé -, sont gravement contraires aux principes de la religion. Ces pratiques sont plus condamnables encore quand elles s’accompagnent d’une intention de nuire à autrui ou qu’elles recourent à l’intervention des démons. Le port des amulettes est lui aussi répréhensible. Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques. Aussi l’Eglise avertit-elle les fidèles de s’en garder.” Le recours aux médecines dites traditionnelles ne légitime ni l’invocation des puissances mauvaises, ni l’exploitation de la crédulité d’autrui” ;

CEC 2538 “Le dixième commandement exige de bannir l’envie du cœur humain. “C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde” (Sagesse 2, 24).

.En fuyant, en évitant le péché, qui “est une offense à l’égard de Dieu : “Contre Toi, Toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait” (Ps. 51,6). Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous et en détourne nos cœurs. Comme le péché originel il est une désobéissance, une révolte contre Dieu, par la volonté de devenir “comme Dieu”, connaissant et déterminant le bien et le mal (Gn 3, 5). Le péché est ainsi “amour de soi jusqu’au mépris de Dieu” (CEC 1850).

.En utilisant le discernement. “L’Esprit Saint nous fait discerner entre l’épreuve, nécessaire à la croissance de l’homme intérieur en vue d’une “vertu éprouvée” (Rm 5, 3-5), et la tentation, qui conduit au péché et à la mort. Nous devons aussi discerner entre “être tenté” et “consentir” à la tentation. Enfin, le discernement démasque le mensonge de la tentation : apparemment, son objet est “bon, séduisant à voir, désirable” (Gn 3,6), alors que, en réalité, son fruit est la mort.” (CEC 2847).

.En priant. “Si en effet Dieu est pour nous, qui sera contre nous?” (Rm 8,31). Le Seigneur lui-même, dans la prière du Notre Père, nous a enseigné à demander à Dieu le Père : “Délivre-nous du Mal”. “En demandant d’être délivrés du Mauvais, nous prions également pour être libérés de tous les maux, présents, passés et futurs, dont il [le diable] est l’auteur ou l’instigateur. Dans cette ultime demande, l’Eglise porte toute la détresse du monde devant le Père. Avec la délivrance des maux qui accablent l’humanité elle implore le don précieux de la paix et la grâce de l’attente persévérante du retour du Christ. En priant ainsi, elle anticipe dans l’humilité de la foi la récapitulation de tous et de tout en Celui qui “détient la clef de la Mort et de l’Hadès” (Ap 1, 18), “le Maître de tout. Il est, Il était et Il vient, le Tout-Puissant” (Ap 1, 8). (CEC 2854).

.En recourant parfois aussi à l’exorcisme

  1. Qu’est-ce qu’un exorcisme?

.L’exorcisme est une forme ancienne et particulière de prière, que l’Eglise utilise contre le pouvoir du diable. On a un exorcisme “quand l’Eglise demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu’une personne ou un objet soit protégé contre l’emprise du Malin et soustrait à son empire” (CEC 1673).

.C’est “une prière du genre des sacramentaux” (Rite des exorcismes,  Praenotanda, n. 11). Les sacramentaux “sont des signes sacrés institués par l’Eglise dans le but de sanctifier certaines circonstances de la vie. Ils comportent une prière accompagnée du signe de la Croix et d’autres signes” (Compendium du CEC, 351). a

Sous quelles formes se pratique l’exorcisme? Sous une double forme, simple ou solennelle :

.La forme simple-ordinaire est celle dans laquelle l’exorcisme est pratiqué durant la célébration du Baptême. “Puisque le Baptême signifie la libération du péché et de son instigateur, le diable, on prononce un (ou plusieurs) exorcisme(s) sur le candidat. Il est oint de l’huile des catéchumènes ou bien le célébrant lui impose la main, et il renonce explicitement à Satan. Ainsi préparé, il peut confesser la foi de l’Eglise à laquelle il sera “confié” par le Baptême.

.”L’exorcisme solennel, appelé grand exorcisme, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Eglise (cf. Droit Canonique, can. 1172). L’exorcisme vise à expulser les démons ou à libérer de l’emprise démoniaque et cela par l’autorité spirituelle que Jésus a confiée à son Eglise. Très différent est le cas des maladies, surtout psychiques, dont le soin relève de la science médicale. Il est important, donc, de s’assurer, avant de célébrer l’exorcisme, qu’il s’agit d’une présence du Malin, et non pas d’une maladie” (CEC 1673)

ATTI DEGLI APOSTOLI ED ESORCISMO

Passi degli Atti degli Apostoli d’interesse esorcistico

di p. Flavio Cavallini ofm, biblista ed esorcista[1]

 

  1. Introduzione

 

“Da locum Spiritui Sancto, qui per beatum Apostolum suum Petrum te manifeste stravit in Simone mago; qui fallaciam tuam in Anania et Saphira condemnavit; qui te in Herode rege honorem Deo non dante percussit; qui te in mago Elyma per Apostolum suum Paulum caecitatis caligine perdidit, et per eumdem de Pytonissa verbo imperans exire praecepit.” [2]

Queste parole del Rituale Romanum, ripetute innumerevoli volte durante la celebrazione dell’Esorcismo maggiore, hanno attirato la mia attenzione sugli Atti degli Apostoli, facendomeli rileggere secondo un nuovo punto di vista mai focalizzato precedentemente. In breve ho avuto l’impressione che i passi degli Atti con spunti di riflessione a carattere esorcistico non fossero né sporadici né privi d’interesse. Mi sono, quindi, riproposto di analizzare queste pericopi, aggiungendovi delle osservazioni provenienti tanto dai commentari esegetici, quanto dalle esperienze maturate nell’esercizio del ministero dell’esorcistato. Un tale tentativo non mi è sembrato superfluo dal momento che permette di allargare la panoramica teologico-biblica solitamente riscontrabile nell’ormai abbondante letteratura riguardante l’esorcismo. Infatti, mentre da un lato è relativamente facile trovare commenti e dettagliate analisi sull’attività esorcistica di Gesù riportata dai Vangeli sinottici[3], dall’altro è molto più raro trovarne circa gli sviluppi riservati alla medesima attività svolta dagli apostoli nella seconda parte dell’opera lucana.

La ragione per cui le pericopi degli Atti sono oggetto di minor attenzione nella letteratura di settore, probabilmente, va cercata nel fatto, che esse presentano situazioni non sempre riconducibili ai consueti schemi dei racconti di esorcismo e di liberazione. Ciò nonostante, ritengo che la loro collocazione nel contesto generale degli Atti ed entro l’orizzonte della pastorale missionaria ci svelerà l’apporto non trascurabile che Luca offre alla comprensione della lotta esorcistica nei confronti di contesti culturali e persone che offrono un terreno adatto al radicarsi dell’azione diabolica.

Il nostro itinerario procederà in due direzioni principali. Dopo aver elencato le pericopi al centro del nostro interesse, cercheremo, anzitutto, di mettere in luce il significato che esse assumono in riferimento al piano narrativo con cui Luca ha strutturato la seconda parte della sua opera. In un secondo momento passeremo a commentare ciascuna pericope per cogliere le problematiche dei contesti pastorali in cui si muove la missione della chiesa apostolica.

 

  1. Sommari e racconti d’interesse esorcistico nel piano letterario-teologico degli Atti degli Apostoli

Dunque, i passi del Atti degli Apostoli presi in considerazione in questa ricerca sono i seguenti:

5,12-16:

Attività taumaturgica ed esorcistica degli apostoli a Gerusalemme-Giudea

8,4-8:

Attività taumaturgica ed esorcistica di Filippo in Samaria

8,9-13.18-24:

Confronto tra Pietro e Simone il mago in Samaria

13,6-12:

Confronto tra Paolo e Elimas il mago a Pafo

16,16-18:

Incontro di Paolo con la schiava posseduta a Filippi

19,11-12:

Attività taumaturgica ed esorcistica di Paolo ad Efeso

19,13-19:

Confronto tra Paolo, gli esorcisti giudei e la magia ad Efeso

Anche a una prima semplice lettura non è difficile riconoscere in 5, 12-16; 8, 4-8; 19,11-12 il carattere di sommari, mentre in 8, 9-13.18-24; 13,6-12; 16,16-18; 19,13-19 il genere di racconti a carattere miracoloso[4].

L’ordinata trama teologico-narrativa architettata da Luca nell’intera sua opera[5] ci suggerisce di considerare i passi d’interesse esorcistico come elementi significativi di un programma articolato e non semplicemente come materiale narrativo di riempimento in funzione del contesto prossimo. Va certamente detto che il filone d’interesse esorcistico nell’economia complessiva degli Atti è solamente uno degli elementi che ne rafforzano la coerenza interna e, sicuramente non tra i principali. Tuttavia, a nostro avviso, questa constatazione non lo rende meno meritevole di attenzione.

Il motivo che ci spinge in questa direzione è prima di tutto insito nella finalità stessa per cui Luca scrive il seguito del suo Vangelo. Il dittico lucano, infatti, evidenzia di per sé lo stretto rapporto di continuità sussistente tra la missione storica di Gesù Cristo e la testimonianza che la chiesa apostolica eredita direttamente da lui[6].

Un secondo aspetto rilevabile nella struttura narrativa degli Atti è l’evidente volontà dell’autore d’illustrare il procedere della missione apostolica, scandendone le tappe fondamentali secondo un chiaro programma geografico-teologico. In apertura degli Atti è lo stesso Cristo Risorto ad esplicitarlo come sua consegna finale prima di salire al Padre (At 1,8):

“riceverete la forza dallo Spirito Santo che scenderà su di voi, e di me sarete testimoni a Gerusalemme, in tutta la Giudea e la Samaria e fino ai confini della terra”.

 Sulla base di questa significativa indicazione, Luca dipana la trama narrativa degli Atti, facendone la testimonianza dell’irresistibile espandersi della Parola del Signore dal cuore dell’Israele storico fino all’abbraccio escatologico di tutti popoli[7]. Di conseguenza, il piano narrativo che ne scaturisce può essere schematizzato in una introduzione a cui fanno seguito quattro parti principali[8]:

1,1-11 Introduzione:     Promessa di Gesù (programma narrativo)

“…avrete forza dallo Spirito Santo che scenderà su di voi e mi sarete testimoni” (1,8)

1,12-5,42 Parte I:          Discesa dello Spirito e testimonianza a Gerusalemme.

“a Gerusalemme” (1,8)

6,1-12,24 Parte II:          Diffusione della Parola fuori di Gerusalemme (Giudea -Samaria) fino ad Antiochia.

“in tutta la Giudea e la Samaria” (1,8)

13,1-19,20 Parte III:      Diffusione della Parola da Antiochia …

“e fino agli estremi confini della terra” (1,8…)

19,21-28,31 Parte IV:    Viaggio verso Gerusalemme, da Gerusalemme a Roma

Una volta riconosciuto il piano generale, non è difficile osservare che la posizione occupata in esso da ciascuna delle pericopi sopracitate è a dir poco strategica.

  • Il primo sommario (5, 12-16), riguardante gli apostoli in generale, compare nel quadro della prima tappa della testimonianza evangelica in Gerusalemme – Giudea (Parte I).
  • Il secondo sommario (8, 4-8), che ha come protagonista il diacono Filippo, presenta la predicazione evangelica in Samaria, seconda tappa missionaria (Parte II).
  • L’apostolo Pietro è all’opera nel primo racconto (8,9-24), sempre ambientato in Samaria, (Parte II).
  • Il secondo racconto (13,6-12) si svolge a Cipro e vede Paolo diventare guida del primo grande viaggio missionario tra i pagani (Parte III).
  • Il terzo racconto (16,16-18), ambientato a Filippi, segna la tappa cruciale del secondo viaggio missionario, quando Paolo porta il vangelo sul suolo europeo (Parte III).
  • Il terzo sommario (19,11-12) sintetizza due anni di predicazione missionaria paolina a Efeso e nella Provincia romana di Asia durante il terzo viaggio missionario (Parte III).
  • Il quarto racconto (19,13-19) ha luogo sempre ad Efeso nel corso del terzo viaggio missionario (Parte III).

Dunque, in modo riassuntivo possiamo così schematizzate:

  • a parte (Gerusalemme-Giudea): 1 sommario
  • a parte (Samaria): 1 sommario;1 racconto
  • a parte (Confini della terra) 1 sommario; 3 racconti (uno per ciascun viaggio missionario)

I rilievi fin qui esposti ci permettono di fare un primo bilancio[9]:

  1. Nel suo organizzato modo di procedere, sembra che Luca, come annunciato in At 1,8, si sia preoccupato di caratterizzare ciascuna delle tappe di avanzamento missionario, riportando un significativo episodio riguardante lo scontro tra le forze oscure del male, per lo più rappresentate dalla magia, e l’avanzamento della Parola di Dio. Nel far questo egli ricorre tanto al genere dei sommari, quanto a quello dei racconti.
  2. I sommari, in tutto somiglianti a quelli che nel terzo Vangelo riguardano Gesù[10], hanno come interesse centrale la testimonianza evangelizzatrice presentata in tre elementi intrinsecamente connessi: predicazione della Parola, guarigione dalle malattie, liberazione dal demonio. In questo gli apostoli non fanno altro che continuare, sotto l’azione dello Spirito Santo, la medesima missione del Cristo.
  3. I racconti puntualizzano il fatto che ogni avanzamento missionario comporta inevitabilmente un confronto con le forze diaboliche rappresentate dalla magia, dalle persone dedite alle pratiche occulte, dalla possessione demoniaca.
  4. I racconti hanno come protagonisti Pietro e Paolo, cioè le due figure centrali delle due fasi missionarie illustrate dagli Atti. I campioni della predicazione missionaria, quindi, sono presentati anche come i due più grandi esorcisti della chiesa apostolica.
  5. La collocazione delle pericopi a interesse esorcistico non va ritenuta casuale[11], ma attentamente ponderata in ordine alla penetrazione della Parola di Dio nel mondo pagano. Questa impressione è confortata anche dalla consistenza narrativa degli elementi in questione.

  1. Commento alle pericopi d’interesse esorcistico

 Esaurita la presentazione dei passi al centro della nostra della nostra attenzione in riferimento al piano generale della seconda parte dell’opera lucana, ora passiamo al commento particolare, con il quale, senza voler esaurire tutte le questioni esegetiche, ci proponiamo di raccogliere quanto è di maggior attinenza al ministero esorcistico.

 

2.1 Attività taumaturgica ed esorcistica degli apostoli in Gerusalemme e Giudea (5, 12-16)

12Molti segni e prodigi avvenivano fra il popolo per opera degli apostoli. Tutti erano soliti stare insieme nel portico di Salomone;13nessuno degli altri osava associarsi a loro, ma il popolo li esaltava.14Sempre più, però, venivano aggiunti credenti al Signore, una moltitudine di uomini e di donne, 15tanto che portavano gli ammalati persino nelle piazze, ponendoli su lettucci e barelle, perché, quando Pietro passava, almeno la sua ombra coprisse qualcuno di loro.16Anche la folla delle città vicine a Gerusalemme accorreva, portando malati e persone tormentate da spiriti impuri, e tutti venivano guariti.[12].

Questo sommario in sostanza si muove nella linea degli altri due che lo precedono, trasmettendoci i tratti fondamentali della vita della primitiva comunità cristiana di Gerusalemme[13]. Tuttavia, ciò che lo caratterizza differenziandolo in certa misura è l’enfasi posta sull’attività taumaturgico-esorcistica attribuita agli apostoli in generale e a Pietro in particolare[14]. Inoltre, Luca si preoccupa di annotare una circostanza molto interessante e cioè che malati e vessati da spiriti impuri (pneumata akaqarta) provengono anche dai dintorni della Città Santa, vale a dire dai villaggi della Giudea. Questo fatto, oltre che a stabilire un parallelo con l’attività di Gesù, permette di riconoscere il tema dell’esorcismo collocandolo opportunamente nella prima tappa del programma di testimonianza missionaria degli Atti.

2.2 Attività taumaturgica ed esorcistica di Filippo in Samaria (8, 4-8)

5Filippo, sceso in una città della Samaria, predicava loro il Cristo. 6E le folle, unanimi, prestavano attenzione alle parole di Filippo, sentendolo parlare e vedendo i segni che egli compiva. 7Infatti da molti indemoniati uscivano spiriti impuri, emettendo alte grida, e molti paralitici e storpi furono guariti. 8E vi fu grande gioia in quella città.

L’interesse di questo sommario riguarda prevalentemente il tema della diffusione della Parola di Dio, questa volta a opera del diacono Filippo. La menzione della Samaria, infatti, ci proietta nella seconda fase dell’espansione della Parola di Dio[15]. In questo caso specifico la menzione dell’attività esorcistica precede la menzione di quella taumaturgica.

Come sempre i segni (ta shmeia) di liberazione e di guarigione accompagnano l’annuncio evangelico convalidandolo[16]. Al risuonare potente della predicazione (ekhrussen), infatti, fanno da contrappunto le ben note grida stentoree (fwnh megalh) con cui gli spiriti immondi (pneumata akaqarta) rendono nota la loro presenza.

2.3 Confronto tra Pietro e Simone il mago in Samaria (8, 9-13.18-24)

9Vi era da tempo in città un tale di nome Simone, che praticava la magia e faceva strabiliare gli abitanti della Samaria, spacciandosi per un grande personaggio

Fino a quando l’attività evangelizzatrice rimane tra le mura della Città Santa ed entro i confini della Giudea, gl’interventi esorcistici degli apostoli riguardano esplicitamente persone vessate dagli spiriti impuri (5,16). Però, nel momento in cui l’annuncio evangelico irrompe in Samaria le cose cambiano. Qui la situazione era deteriorata dall’eredità di uno scisma politico-religioso, consumatosi da secoli nei confronti della Giudea e della sua capitale, Gerusalemme[17]. Infatti, in quello che anticamente era territorio del Regno d’Israele, dove da sempre era prosperata in modo irriducibile la piaga del sincretismo religioso, si rivela ben presente la realtà delle pratiche magiche, avallate da una certa mentalità paganeggiante[18].

Senza ulteriori indugi viene fatto entrare in scena un certo Simone qualificato come (magoV). Luca, più che a un occultista dai grandi poteri, sembra pensare a un abile ciarlatano, che con trucchi ad effetto ha saputo guadagnarsi la credulità popolare[19].

Non va nemmeno trascurata la possibilità che la qualifica di mago sottintenda quella di gnostico. Tuttavia, questa eventualità può essere accolta solo in senso lato per definire quell’insieme ancora non organizzato di dottrine proto-gnostiche le cui tracce sono rilevabili già nel I sec.[20] In questo caso Simone potrebbe essere stato il capo un una setta religioso-filosofica messa in crisi dalla predicazione di Filippo[21]. Di questo personaggio si dice ancora che non era originario del luogo, fatto che contribuisce a creargli intorno una certa aura di mistero[22].

In ogni caso Simone millanta una grandezza (megaV), indice di uno smodato desiderio di porsi al di sopra dei comuni esseri mortali[23]. E’ evidente che mediante la pratica magica, Simone ha potuto procurarsi fama e rispetto, assecondano una brama di dominio sugli altri, tipica di chi segue le vie dell’esoterismo. Mago è appunto colui che mediante riti, parole e materie pretende di esercitare il controllo del mondo naturale ed extranaturale, sottoponendolo alla propria volontà[24].

 10A lui prestavano attenzione tutti, piccoli e grandi, e dicevano: «Costui è la potenza di Dio, quella che è chiamata Grande».11Gli prestavano attenzione, perché per molto tempo li aveva stupiti con le sue magie.

Luca insiste sul tema della forza insita nella fama creata ad arte e della disponibilità della gente a farsi soggiogare. Simone agli occhi del popolo pretende di elevarsi al rango divino in quanto detentore di un potere soprannaturale chiamato Grande (Mega)[25]. Così facendo egli arriva al punto arrogarsi non solo l’esercizio una prerogativa divina, ma addirittura di considerarsene la fonte[26].

12 Ma quando cominciarono a credere a Filippo, che annunciava il vangelo del regno di Dio e del nome di Gesù Cristo, uomini e donne si facevano battezzare. 13Anche lo stesso Simone credette e, dopo che fu battezzato, stava sempre attaccato a Filippo. Rimaneva stupito nel vedere i segni e i grandi prodigi che avvenivano.

Ruolo e poteri di Simone vengono drasticamente annullati dall’arrivo di Filippo. Quest’ultimo, annunciando il vangelo, agisce per davvero con la potenza divina insita nel nome di Gesù Cristo.

Luca riferisce, inoltre, che Simone “credette” e “fu battezzato”. Questo binomio fede-sacramento ci fa supporre una sua sincera adesione a Cristo e non semplicemente un avvicinamento strategico a Filippo per carpirne i presunti segreti[27]. Tuttavia, qualcosa del vecchio Simone sopravvive e torna a farsi sentire in presenza dei portenti operati dal diacono evangelizzatore[28].

18Simone, vedendo che lo Spirito veniva dato con l’imposizione delle mani degli apostoli, offrì loro [a Petro e Giovanni] del denaro 19dicendo: «Date anche a me questo potere perché, a chiunque io imponga le mani, egli riceva lo Spirito Santo».

Il racconto lucano prosegue con la venuta di Pietro e Giovanni inviati dalla chiesa madre per confermare la missione di Filippo tra i samaritani. Pietro riveste il ruolo di protagonista, mentre Giovanni rimane silenzioso sullo sfondo. Di fronte alle manifestazioni dello Spirito Santo comunicato con l’imposizione delle mani, Simone cade vittima dell’antica brama di poteri superiori[29].

20Ma Pietro gli rispose: «Possa andare in rovina, tu e il tuo denaro, perché hai pensato di comprare con i soldi il dono di Dio!

Le parole che Pietro rivolge a Simone suonano come una pesante maledizione. Il fatto, poi, che siano indirizzate contro un uomo esclude da esse ogni carattere esorcistico[30]. Va notata, invece, la forma del verbo (eih), frequente nelle invettive profetiche. In questo modo si chiarisce che, in ogni caso, il vero obbiettivo è quello dell’ammonizione e correzione[31]. La conversione, infatti, può sempre cambiare l’esito del giudizio e il castigo prospettato, come appare chiaro nel seguito (8,22).

L’offerta di denaro da parte di Simone rivela che il sua antica attività era stata redditizia, come in genere accade a chi pratica le arti occulte. Infatti, l’arricchimento come dimostrazione ed esercizio di potere è uno dei corollari della volontà di dominio insita nella pratica della magia. Ben più grave, però, è la ferma convinzione dell’ex mago, che in ogni caso il potere del denaro possa soddisfare la sua volontà male orientata.

21Non hai nulla da spartire né da guadagnare in questa cosa, perché il tuo cuore non è retto davanti a Dio. 22Convèrtiti dunque da questa tua iniquità e prega il Signore che ti sia perdonata l’intenzione del tuo cuore. 23Ti vedo infatti pieno di fiele amaro e preso nei lacci dell’iniquità».

“La pretesa di Simone di trasformare lo Spirito di Dio in una merce di cui si può disporre viene smascherata come tentazione diabolica e Simone è consegnato a questa sfera”[32], in questo senso la seconda parte dell’invettiva assume le caratteristiche di una formula di scomunica biblica[33]. Pietro, con grande autorità, stimmatizza la situazione, facendo emergere ciò che si cela nelle pieghe dell’anima dell’ex-mago. Nutrito di cultura esoterica, il cuore di Simone, cioè la sede intima della volontà e delle intenzioni, è distolta dall’adorazione dell’unico Dio per accarezzare un’appena velata pretesa di soppiantarlo. Questo sforzo innaturale costituisce per Simone, e per tutti quanti si incamminano sulla strada dell’occultismo, causa di amara insoddisfazione. L’ex mago, infatti, rischia di trascorrere un’esistenza avvelenata dalla perenne frustrazione causata dall’impossibilità di travalicare i limiti della condizione creaturale. Come uniche vie di uscita al lui non rimangono che conversione e un pentimento, questa volta senza riserve, che lo portino al perdono, vera manifestazione del potere divino.

24Rispose allora Simone: «Pregate voi per me il Signore, perché non mi accada nulla di ciò che avete detto».

Le forti parole di Pietro ottengono l’effetto sperato. Simone rinuncia alle sue pretese di potere superiore e si affida all’intercessione degli apostoli per ottenere il perdono[34]. La sanazione completa dalla seduzione del potere occulto, infatti, non si può ottenere se non a prezzo di una totale rinuncia.

 

Concludendo

Possiamo affermare, in sintesi, che l’episodio del confronto tra l’apostolo Pietro e Simone, ci presenta una situazione missionaria d’impatto tra predicazione cristiana e magia. In definitiva, nel trasmettere questo episodio, la maggiore preoccupazione di Luca è quella di segnalare uno dei più gravi pericoli con cui l’predicazione missionaria deve sempre misurarsi e che D. Marguerat così esprime: “A me sembra che, nel momento in cui il Vangelo osa uscire da Gerusalemme, la storia di Simone conduca l’autore ad abbordare il tema della concorrenza religiosa che affronta il cristianesimo, in particolare il rischio che rappresenta per esso il sincretismo religioso; egli coglie l’occasione per porre la distinzione fra carisma evangelico e manipolazione del sacro”[35].

Inoltre, dal punto di vista pastorale il racconto apre gli occhi su una situazione sempre attuale e cioè il rischio che una cultura magico-superstiziosa possa sopravvivere subdolamente anche nei battezzati. Questo fatto è riscontrabile soprattutto quando l’identità cristiana non è sufficientemente radicata mediante un accompagnamento spirituale personalizzato. Il ruolo di Pietro come guida autorevole è determinate. Esso, infatti, deve svelare le immaturità e stimmatizzare gl’inganni della falsa coscienza, di cui il tentatore sa servirsi con grande abilità. In questo caso la meta liberatoria è quella di portare la persona a una separazione senza compromessi e nostalgie da ogni legame con le pratiche passate. Consapevolezza questa che può essere esplicitata con grande efficacia mediante la preparazione al rinnovo delle promesse battesimali, incentrandole puntualmente sulle rinunce da compiere[36].

2.4    Confronto tra Paolo e Elimas il mago a Pafo (13,6-12)

6Attraversata tutta l’isola fino a Pafo, vi trovarono un tale, mago e falso profeta giudeo, di nome Bar-Iesus, 7al seguito del proconsole Sergio Paolo, uomo saggio, che aveva fatto chiamare a sé Bàrnaba e Saulo e desiderava ascoltare la parola di Dio.

A Cipro, non appena l’annuncio del Vangelo esce dalla sinagoga per entrare in una casa romana[37], subito si profila un ulteriore confronto tra i portatori della Parola di Dio e un operatore dell’occulto. Ma vediamo con ordine chi sono i personaggi che Luca mette in campo:

  • Sergio Paolo, governatore romano di Cipro, presentato come “saggio” probabilmente per la sua predisposizione alla ricerca del sapere, cosa che lo porta ad ascoltare voci diverse[38].
  • Bar-Iesus un giudeo[39] il cui nome aramaico significa: Figlio di Gesù[40]. Al nome si accompagnano gli epiteti di mago, cioè uomo dedito ai saperi e alle arti occulte e quello meno lusinghiero di falso profeta, probabilmente nel senso che il suo parlare e agire si trova sotto l’influsso di uno spirito menzognero[41]. Nel versetto seguente fa la sua comparsa, poi, anche quello che sembra essere un vero e proprio nome d’arte: Elimas che, come spiega lo stesso Luca, significa Mago[42].
  • Barnaba e Saulo-Paolo, missionari della chiesa di Antiochia. Durante la missione a Cipro ricevono l’invito del proconsole desideroso di ascoltarli. Sarà proprio la disputa al cospetto del magistrato romano a offrire a Saulo l’occasione per dare prova del suo carisma. Grazie a questa circostanza Luca segnala il passaggio dalla predicazione prevalentemente ad hebreos, all’annuncio ad gentes. Questo cambiamento è reso più evidente dal fatto che d’ora in avanti il missionario di Tarso non sarà più chiamato con il nome ebraico di Saulo, ma sempre e soltanto con quello latino di Inoltre, viene modificato anche il binomio apostolico Barnaba – Saulo, che d’ora in poi sarà Paolo – Barnaba[43]. Insomma, la missione prende decisamente la sua direzione definitiva in senso universale[44].

8Ma Elimas, il mago – ciò infatti significa il suo nome -, faceva loro opposizione, cercando di distogliere il proconsole dalla fede.

Elimas, anziché difendere una propria particolare dottrina, in realtà sembra preoccupato principalmente di perdere la sua influenza sul magistrato romano. Ai suoi occhi Barnaba e Paolo si rivelano come pericolosi concorrenti che mettono a repentaglio il suo prestigio. Dunque, se da un lato l’intento dei due missionari è quello di portare a Sergio Paolo la Parola di Dio, dall’altro, invece, lo scopo di Elimas è quello di distogliere il proconsole dalla fede per tenerlo attaccato a sé.

9Allora Saulo, detto anche Paolo, colmato di Spirito Santo, fissò gli occhi su di lui 10e disse: «Uomo pieno di ogni frode e di ogni malizia, figlio del diavolo, nemico di ogni giustizia, quando cesserai di sconvolgere le vie diritte del Signore?

Da adesso in avanti l’iniziativa è sempre di Paolo, la cui parola e azione sono mossi dallo Spirito Santo[45]. Elimas, che come mago sa bene come gli occhi esercitino il più alto potere di soggezione, è costretto suo malgrado a subire la forza dello sguardo di Paolo, animato dalla luce della verità.

Con dire profetico Paolo, lancia senza esitazione il suo atto di accusa contro Elimas. Gl’inganni con cui questi ha costruito la sua fama, la malizia di cui sono intrise le sue intenzioni, la perniciosità di cui sono pervase le sue azioni sono segni inequivocabili della totale inconciliabilità del suo operare con la volontà di Dio. Elimas si trova, percò, nel campo opposto, cioè in quello diabolico. Colui che paradossalmente porta il nome di Bar-Iesus, cioè Figlio di Gesù, viene impietosamente smascherato da Paolo come Figlio del Diavolo[46].

11Ed ecco, dunque, la mano del Signore è sopra di te: sarai cieco e per un certo tempo non vedrai il sole». Di colpo piombarono su di lui oscurità e tenebra, e brancolando cercava chi lo guidasse per mano. 12Quando vide l’accaduto, il proconsole credette, colpito dall’insegnamento del Signore.

Il castigo divino, che nel caso di Simone era stato solamente minacciato, questa volta si realizza puntualmente in forma di miracolo di punizione[47]. Al mago, che pretendeva di avere una visione superiore, viene tolta anche la vista di questo mondo. Colui che si proponeva di guidare Sergio Paolo sull’occulta via della gnosi, ora deve essere preso per mano per non rischiare d’inciampare. Tuttavia, la nota sulla temporaneità del castigo ne rivela anche in questo caso la natura medicinale. Forse non è fuori luogo pensare che Paolo, memore della temporanea cecità fisica in cui era caduto al momento della sua conversione, ora auguri a Elimas quanto a lui era accaduto a lui sulla via di Damasco, cioè il passaggio dalla tenebra dell’orgoglio e alla luce del Risorto[48].

Alla fine chi ci vede bene è il proprio proconsole Sergio Paolo, illuminato dalla fede nel Signore Gesù.

Concludendo

In primo luogo va segnalato un dato paradossale: sia Paolo che Elimas, rispettivamente campioni della testimonianza evangelica e delle forze oscure che vi si oppongono, sono entrambi giudei. Nel presente racconto, però, Luca non si limita a evidenziare il consueto nesso tra la magia, i suoi cultori e il sincretismo giudaico-pagano. L’apostrofe di Paolo contro Elimas (13,10) va ben oltre e contiene una decisa quanto preziosa affermazione: chi sceglie della via della magia stipula una vera e propria affiliazione diabolica, con tutte le conseguenze che questo comporta.

Un altro aspetto rilevante per la prassi esorcistica è il fatto che mentre si condanna senz’appello la pratica magica, nel contempo viene espressa una finalità correttiva nei confronti della persona del mago. Infatti, il pieno successo non consiste solo nello smascherare e condannare i seguaci delle arti magico-diaboliche, ma quando si aggiunge l’intenzione pastorale e spirituale d’intercedere per la loro conversione e salvezza. Allora la sconfitta del diavolo è totale.

Guardando all’economia narrativa degli Atti, poi, è degno di nota il fatto che Luca voglia marcare il decisivo passaggio della predicazione evangelica dall’orizzonte giudaico a quello ellenistico-romano, scegliendo proprio un episodio di confronto tra Paolo e un mago. Luca, proseguendo nel suo itinerario geografico-teologico, ci avverte che quanto più ci si allontana da Gerusalemme, tanto più ci s’immerge in un modo pagano sottoposto al dominio delle forze diaboliche. Gli episodi che seguono non fanno che confermare una sorte di ‘crescendo’ in questa direzione.

2.5    Incontro di Paolo con la schiava posseduta a Filippi (16,16-18)

Dopo molte peripezie, Paolo e i suoi compagni per la prima volta proclamano il Vangelo nella colonia romana di Filippi, dunque sul suolo europeo[49].

16Mentre andavamo alla preghiera, venne verso di noi una schiava che aveva uno spirito di divinazione: costei, facendo l’indovina, procurava molto guadagno ai suoi padroni.

Dopo aver parlato della prima favorevole accoglienza della Parola di Dio da parte di alcune donne già simpatizzanti per il giudaismo, Luca[50] non tarda a introdurre un nuovo episodio di confronto tra predicazione evangelica e mondo esoterico. Questa volta entra in campo una figura femminile, una ragazza (paidiskh) che, dal momento che si fa riferimento ai suoi padroni, comprendiamo trattarsi di una schiava. Ciò che rende particolare la giovane donna è il fatto che essa ha in sé uno spirito che le dà attitudini divinatorie (manteumenh), alla lettera uno spirito pitone (pneuma puqwna)[51].

La questione, dunque, si profila come ben diversa da quella dei due maghi precedentemente incontrati. Mentre questi vengono dipinti come impostori di professione, la schiava di Filippi non finge.

La presentazione di Luca, infine, mette in rilievo la situazione di sfruttamento in cui versa la ragazza, che come schiava è semplicemente uno strumento di guadagno per i suoi proprietari.

17Ella si mise a seguire Paolo e noi, gridando: «Questi uomini sono servi del Dio altissimo e vi annunciano la via della salvezza». 

La menzione delle grida della giovane donna probabilmente chiarisce anche la modalità della sua comunicazione estatica, caratterizzata piuttosto da locuzioni profetiche, talvolta sconnesse, come di solito avveniva alle sacerdotesse di Apollo[52], anziché da visioni. Il comportamento molesto della ragazza invasata non si presenta molto diversamente da quello chi demoni mostrano nei confronti di Gesù. Nel momento in cui egli si pone come il liberatore dell’uomo e del mondo, sono gli stessi demoni a dover rivelare la sua identità divina[53]. Negli Atti accade una cosa del tutto analoga. Lo spirito pitone[54] presente nella ragazza rivela la vera identità di Paolo e dei suoi compagni pubblicamente dichiarati servitori e annunziatori della parola divina che libera.

18Così fece per molti giorni, finché Paolo, mal sopportando la cosa, si rivolse allo spirito e disse: «In nome di Gesù Cristo ti ordino di uscire da lei». E all’istante lo spirito uscì.

Il ripetersi di questo indesiderato oracolare risulta imbarazzante per Paolo e i suoi compagni. Probabilmente essi temono che questa incresciosa pubblicità metta la predicazione cristiana nella equivoca luce del portentoso pagano. In questo modo Luca ci permette di comprendere la sostanziale differenza tra la profezia dell’oracolo e quella dell’apostolo. La ragazza, infatti, si presenta come un’alienata, doppiamente asservita, dentro e fuori, dallo spirito e dai suoi padroni. Paolo, al contrario, è un uomo che volontariamente ha accettato di farsi servo della Parola, senza nulla perdere della sua dignità umana[55].

La reazione di Paolo, questa volta sì, è il pronunciamento di un vero e proprio ordine formale con tutti i crismi dell’esorcismo:

  1. Paolo proclama il nome di Gesù Cristo, in relazione alla cui potestà egli parla ed agisce
  2. Paolo pronuncia in prima persona un imperativo diretto contro lo spirito impuro
  3. Paolo esprime l’intenzione di far uscire lo spirito impuro dal corpo della giovane schiava.
  4. Lo spirito è costretto a obbedire.

 

19Ma i padroni di lei, vedendo che era svanita la speranza del loro guadagno, presero Paolo e Sila e li trascinarono nella piazza principale davanti ai capi della città.

L’esorcismo che libera la giovane schiava dallo spirito pitone e dall’incresciosa facoltà di divinare, tuttavia non libera i suoi padroni dalla ben più persistente brama di guadagno, fonte di altri guai per Paolo e i suoi compagni.

 

Concludendo

Proponendoci questo breve, ma significativo racconto, Luca intende escludere dall’orizzonte cristiano, non solo il già più volte rilevato pericolo del sincretismo, ma ogni ricorso alla mantica, praticata in innumerevoli forme nel mondo pagano, alcune delle quali istituzionalizzate ai più alti livelli[56].

Il fatto che la giovane donna letteralmente non venga detta posseduta dallo spirito, ma che lo possiede, forse potrebbe dire qualche cosa di più sull’origine delle sue speciali facoltà. Si potrebbe, infatti, ipotizzare una situazione di medianità, forse ereditaria e comunque non voluta[57].

L’incontro di Paolo con questa giovane schiava dalle speciali attitudini divinatorie, infine, mette in luce il legame tra la facoltà stessa e lo spirito demoniaco che la rende possibile. L’intervento di Paolo, quindi, non è diretto contro la giovane donna, dal momento che essa non è assolutamente responsabile dei fenomeni che si verificano per suo tramite, ma è contro lo spirito che la fa agire al di fuori della normalità. Per questo pronuncia un vero e proprio esorcismo formale, che è anche l’unico a comparire negli Atti degli Apostoli.

2.6 Attività taumaturgica ed esorcistica di Paolo ad Efeso (19,11-12)

11Dio intanto operava prodigi non comuni per mano di Paolo, 12al punto che mettevano sopra i malati fazzoletti o grembiuli che erano stati a contatto con lui e le malattie cessavano e gli spiriti cattivi fuggivano.

Questo breve sommario funge da antefatto del nuovo racconto che vede l’opera evangelizzatrice di Paolo messa a confronto con l’attività degli esorcisti Giudei di Efeso. L’accento viene subito posto non solo sulla forza sanatrice e liberatrice trasmessa da direttamente dalla persona di Paolo, ma persino da ciò che era stato a contatto con il suo corpo. Con questi dettagli, probabilmente, Luca vuole stabilire un vero e proprio parallelo con Pietro (5,15-16), cioè con la figura apostolica, che domina la prima fase della missione evangelizzatrice.

Interessante la menzione della modalità con cui avvengono le guarigioni e liberazioni. Luca precisa che esse avvengono attraverso le mani (dia twn ceirwn) di Paolo, parole usate precedentemente per descrivere l’operare degli apostoli a Gerusalemme (5,12). L’espressione, forse, va valutata non semplicemente come una perifrasi di valore strumentale[58], ma come esplicitazione del ben noto rito dell’imposizione delle mani con valore epiclettico[59]. Accettando questa seconda interpretazione, risulta ancor più chiaro il fatto che non è Paolo a essere la sede di qualche potere straordinario, ma più semplicemente e coerentemente che Paolo sta svolgendo un ministero mutuato dalla prassi apostolica. Infatti, la potenza taumaturgico-liberatrice non può che appartenere a Dio, il quale agisce mediante l’apostolo in un contesto di preghiera[60].

2.7 Confronto tra Paolo, gli esorcisti giudei e la magia ad Efeso (19,13-19)

A Efeso, capoluogo multietnico della provincia d’Asia, Paolo consacra più di due anni d’intensa attività apostolica. Anche questa metropoli, sede del famosissimo tempio di Artemide Efesina[61], vede Paolo protagonista di un vero e proprio scontro tra predicazione della Parola e sincretismo magico di marca giudaica.

13Alcuni Giudei, che erano esorcisti itineranti, provarono anch’essi a invocare il nome del Signore Gesù sopra quanti avevano spiriti cattivi, dicendo: «Vi scongiuro per quel Gesù che Paolo predica!».

Nel racconto ancora una volta troviamo sulla scena alcuni compatrioti di Paolo, presentati come esorcisti itineranti (periercomenoi exorkistai), a conferma del fatto che nel mondo ellenistico-romano i giudei si sono particolarmente distinti nelle arti magiche. Infatti, è evidente che Luca sta usando il termine esorcista nel senso etimologico, cioè di operatore di scongiuri, applicabile a una ben vasta categoria di personaggi pronti a scongiurare gli spiriti per scacciarli, e, perché no, anche a scongiurarli per farli venire, a seconda delle richieste[62]. Nel caso, poi, che volessimo esplicitare l’appellativo itineranti, con quello più verosimile di girovaghi, probabilmente avremmo un quadro più veritiero della situazione.

Il sommario introduttivo (19-11-12) giustifica ampiamente la fama goduta da Paolo in città e il fatto che anche questi “scacciadiavoli” lo abbiano sentito usare l’imperativo esorcistico:“nel nome di Gesù Cristo”. Per ciò, visti i successi dell’apostolo, anch’essi non esitano a imitarlo e a potenziare le loro formule di scongiuro con quel nuovo nome capace di soggiogare gli spiriti cattivi (ta penumata ta ponhra). Appare chiaro, comunque, che l’orizzonte in cui essi si collocano è quello della magia, dal momento che mostrano di fare affidamento sulla forza automatica di parole e nomi ritualmente ripetuti[63]. Quello che manca del tutto in essi, invece, è l’atto di fede in Gesù Cristo salvatore, che costituisce la sostanza dell’efficacia della parola annunciata da Paolo tanto per evangelizzare, quanto per esorcizzare. “La potenza del Nome di Gesù non può essere usata in un modo qualsiasi. Ci vogliono dei testimoni che si siano lasciati pervadere dalla Parola di grazia fin nel proprio corpo. Separando il corpo dalla parola si cade inevitabilmente nella magia. Ciò avviene quando la realtà santa della creazione degenera in formalismo rituale[64].

14Così facevano i sette figli di un certo Sceva, uno dei capi dei sacerdoti, giudeo.

Dalla pletora dei Giudei esorcisti che prosperavano nelle affollate piazze di Efeso, Luca sposta l’attenzione su un gruppo molto particolare di sette fratelli, che tentano di far uso del nome di Gesù[65]. Essi  vengono presentati come appartenenti a una famiglia sommo-sacerdotale, quindi molto in vista[66]. Se così fosse, dovrebbe trattarsi di uno dei rami dei sadokiti di Gerusalemme, aristocrazia sacerdotale a capo del Tempio dai tempi di Salomone (metà IX a. C.) fino alla sua distruzione definitiva (70 d. C.)[67]. La specificazione aggiunge un sapore davvero paradossale alla vicenda, dal momento che i sadducei, erano noti per le loro posizioni rigoriste circa l’interpretazione e l’applicazione della Legge mosaica[68], già di per sé intransigente nei confronti di ogni pratica connessa alla magia.

15Ma lo spirito cattivo rispose loro: «Conosco Gesù e so chi è Paolo, ma voi chi siete?». 16E l’uomo che aveva lo spirito cattivo si scagliò su di loro, ebbe il sopravvento su tutti e li trattò con tale violenza che essi fuggirono da quella casa nudi e coperti di ferite.

Abili nell’ingannare il popolo credulone, i figli di Sceva non possono trarre in inganno con nomi e formule lo spirito cattivo che intendevano scacciare. Il nome di Gesù, accompagnato da quello di Paolo, sulla loro bocca suona solo come una copertura di facciata, insufficiente a proteggerli dalla rappresaglia demoniaca. “A causa della dissociazione tra fra la Parola che gli esorcisti pronunciano e la realtà della loro vita, l’esorcismo pronunciato nel nome del Signore Gesù degenera in formula magica, separata dalle sue radici concrete nell’evento Gesù. Di conseguenza lo spirito cattivo non ha difficoltà a mettere a nudo l’impostura del loro potere mettendo in evidenza nel loro stesso corpo che, non essendosi consegnati al Signore Gesù per la loro salvezza, sono sottomessi alla signoria degli spiriti cattivi per la loro punizione”[69]. La scena, infine, assume carattere tragicomico nella ingloriosa descrizione dei cacciatori che si trasformano in lepri.

17Il fatto fu risaputo da tutti i Giudei e i Greci che abitavano a Efeso e tutti furono presi da timore, e il nome del Signore Gesù veniva glorificato.

La notizia delle conseguenze dell’abuso del nome del Signore da parte dei rinomati figli di Sceva in un baleno si diffonde in tutta Efeso, tanto all’interno della comunità giudaica che nell’ambiente pagano. Grazie a questo increscioso fallimento giudei ed ellenisti riconoscono in ciò che è accaduto sotto i loro occhi l’intervento divino (foboV-timore), testimoniandolo apertamente (megalunw-magnificare).

 18Molti di quelli che avevano abbracciato la fede venivano a confessare in pubblico le loro pratiche di magia 19e un numero considerevole di persone, che avevano esercitato arti magiche, portavano i propri libri e li bruciavano davanti a tutti. Ne fu calcolato il valore complessivo e si trovò che era di cinquantamila monete d’argento.

Tra i provvidenziali effetti dell’insuccesso dei figli di Sceva, Luca dà particolare enfasi alla reazione tra coloro che egli definisce credenti, ovvero cristiani battezzati[70]. Sorprendentemente constatiamo che anche questi ultimi, pur avendo accolto l’annuncio evangelico di Paolo, non si erano affatto staccati dalle tanto radicate pratiche magiche. Per questi neofiti provenienti tanto dal mondo giudaico, quanto da quello ellenistico in sostanza si ripete ciò che già abbiamo riscontrato nel caso di Simone mago. All’accoglienza del nome di Gesù Cristo non aveva fatto seguito un totale rifiuto della forma di culto pagano rappresentata dalla magia. Questo ulteriore e indispensabile passo si realizza solamente ora con gesti concreti che realizzano un vero distacco affettivo da tutto ciò che appartiene all’occultismo. In particolare Luca si sofferma sulla consegna dei costosi volumi manoscritti contenenti la gnosi esoterica con i suoi formulari magici[71]. Le fiamme, che divorano i rotoli alla vista di tutti, sono il monito finale che non ci può essere alcun compromesso o nostalgia per ciò che appartiene quel mondo demoniaco a cui la magia finisce per esporre in modo dannoso.

Concludendo.

Non è difficile coprendere come anche in questo caso l’intento principale di Luca sia quello di richiamare l’attenzione sull’insidioso pericolo del sincretismo religioso-magico, che dopo aver afflitto i giudei, potrebbe ora costituire un mortale pericolo anche per i cristiani.

Un altro punto ribadito con forza, inoltre, è che il potere di esorcizzare si basa esclusivamente sull’autorità del nome di Gesù trasmessa agli apostoli. Essa, quindi, va impiegata in spirito di ministerialità ecclesiale e non certo come frutto di un sapere ermetico di cui disporre a proprio arbitrio[72]. Infatti, nell’esercizio dell’esorcistato non deve mai mancare, anche oggi, il continuo riferimento al mandato gerarchico e alla forma liturgica che lo disciplina. Il farne una questione di “carisma personale” espone chiunque alla tentazione di sentirsi detentore di un potere. Quando questo dovesse accadere, il preteso esorcista con o senza mandato rischia senza nemmeno accorgersene di essere già passato dalla parte che intendeva combattere.

Infine, il riferimento al consistente valore monetario[73] di ciò che è andato in fumo e cenere, se ce ne fosse bisogno, dichiara ancora una volta che le arti magiche e il loro indotto economico, da che mondo è mondo, hanno sempre costituito un grosso affare.

 

  1. Conclusione

La lettura commentata delle pericopi degli Atti degli Apostoli che abbiamo fin qui condotto ci ha portato a concludere che una testimonianza di carattere esplicitamente esorcistico si può riscontrare certamente nei tre sommari (5, 12-16; 8, 4-8; 19,11-12). Pur nella loro forma piuttosto standardizzata debitrice di quelli presenti nel Vangelo di Luca, queste brevi unità letterarie contribuiscono non poco negli Atti ad ancorare il tema dell’esorcismo all’orizzonte più ampio della testimonianza evangelizzatrice.

Tra i racconti proposti, un solo episodio, quello riguardante la Pitonessa (16,16-18), riporta un vero e proprio esorcismo compiuto da Paolo. Per gli altri tre racconti (8, 9-13.18-24; 13,6-12; 19,13-19) confermiamo la qualifica più generica di pericopi d’interesse esorcistico. Infatti, esse, pur non riportando veri esorcismi, s’interessano ampiamente al contesto sociale, culturale e religioso che costituisce l’humus naturale in cui l’esoterismo cresce e prolifica. Infatti, Luca con grande lucidità coglie tanto i legami tra magia e mondo demoniaco, quanto le distorsioni spirituali presenti in chi si dedica alle arti magiche, problematiche con cui assai spesso deve confrontarsi chi esercita il ministero esorcistico.

Inoltre, accostando il tema della magia a quello del sincretismo, Luca intende richiamare l’attenzione dei pastori sulla capacità tutta ‘gnostica’ dell’esoterismo di adattarsi ad ogni forma religiosa, distorcendola dal di dentro e svuotandola della sua vera anima, cioè della fiduciosa consegna della persona alla volontà di Dio.

Infine, le pericopi degli Atti esaminate fanno emergere che la cultura e pratica magica sono sempre e comunque un ostacolo di natura diabolica alla predicazione della Parola di Dio. Questo è un fatto non trascurabile di cui tener conto, oggi come ieri, in ogni processo di evangelizzazione. Ne fa fede la cura con cui Luca ha distribuito sommari e racconti d’interesse esorcistico all’interno delle parti principali in cui si articola la struttura narrativa degli Atti degli Apostoli.

[1] Licenziato in Teologia Biblica allo Studium Biblicum Franciscanum di Gerusalemme; docente d’Introduzione alla Sacra Scrittura all’Istituto Teologico-Filosofico di Scutari; esorcista dell’arcidiocesi di Tirana-Durazzo e della diocesi di Lezha in Albania.

[2] Rituale Romanum, Editio typica, Romae 1952, Titulus XII, Caput II, p. 856.

[3] Sull’argomento segnalo la completa trattazione di O. Battaglia, Gesù e il demonio. Saggio sulla demonologia nei Vangeli, Cittadella Editrice, Assisi 2003. Di particolare interesse anche la seguente relazione: F. Bamonte, I fondamenti evangelici dei segni indiziari di possessione diabolica riportati nel Rituale degli esorcismi, in: Atti del “Convegno nazionale degli esorcisti italiani” 9-13 settembre 2013, Associazione Internazionale Esorcisti, Roma 2013, pp. 75-118.

[4] Sollecitato dai sopracitati riferimenti agli Atti presenti nel Rituale Romanum, in un primo momento avevo pensato di includere tra i racconti anche l’episodio di Anania e Saffira (5,1-11), contenente la menzione di una possessione diabolica del cuore (v 3). Tuttavia, vi ho rinunciato dal momento che questo genere di azioni è piuttosto da ascrivere tra le attività diaboliche “ordinarie”.

[5] Circa le caratteristiche e l’unitarietà del piano letterario e teologico del terzo Vangelo e degli Atti Cf. G. C. Bottini, Introduzione all’opera di Luca. Aspetti teologici, Ed. Terra Santa, Bari 2011, pp. 17-47; G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, Commentario teologico del Nuovo Testamento, V/1, Paideia Editrice, Brescia 1985, p. 114.

[6] “L’opera del Messia non è esaurita dal suo ministero, dalla sua morte e risurrezione. In questa luce gli Atti degli Apostoli costituiscono il complemento indispensabile del vangelo: la predicazione ai pagani è il punto di arrivo del programma messianico previsto dalle scritture”. G. C. Bottini, Introduzione all’opera di Luca, p. 43.

[7] Cf. G. C. Bottini, Introduzione all’opera di Luca, p. 42.

[8] G. C. Bottini, Piano narrativo e teologico dell’opera lucana (Luca e Atti) Sussidio ad uso degli studenti, Gerusalemme 2013, p. 10. Per altre proposte cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, pp. 92-96.

[9] Si potrebbe obbiettare che per la completezza dovrebbe esserci un racconto o almeno un sommario anche nella IV.a parte. Tuttavia, possiamo osservare che questa parte assume progressivamente il carattere di una testimonianza martiriale di Paolo e che, quindi, non necessitano riferimenti specifici alle forze demoniache. Resta comunque una qualche possibilità di leggere in questa luce l’episodio di Paolo misteriosamente rimasto incolume dal morso del serpente velenoso a Malta (28,3-6), fatto che apre all’attività taumaturgica dell’apostolo sull’isola. In questo caso vi si potrebbe scorgere un’attualizzazione di Lc 10,19, forse con riferimento a Mc 16,18.

[10] Lc 6,17-19; 8,1-3. Significativi anche i passi riguardanti l’invio missionario: 9,1-2; 10,17-20.

[11] Analogamente con quanto, per esempio, avviene con i discorsi che costellano gli Atti, anche se con una minore rilevanza. Sull’importanza dei discorsi negli Atti degli Apostoli cf. R. Fabris, Atti degli Apostoli, Ed. Borla, Città di Castello 1997, pp. 264-288.

[12] I testi biblici sono riportati secondo la traduzione CEI 2008.

[13] At 2,42-47; 4,32-35. Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 526.

[14] “La prima comunità cristiana di Gerusalemme si è avviata sulla strada della testimonianza pubblica che avviene attraverso due momenti: i fatti e la parola. Ora è il tempo dei fatti. Si tratta di avvenimenti prodigiosi che rivelano la potenza dello Spirito di Gesù operante nei suoi testimoni qualificati, gli apostoli”. R. Fabris, Atti degli Apostoli, pp. 164-165.

[15] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 672.

[16] “E’ quindi chiaro che l’annuncio della Parola, la liberazione e la guarigione sono tre operazioni che esprimono l’unica opera della redenzione; e tutto ruota attorno alla Parola, che genera la fede. Per questo credo che si possa sostenere: la Parola converte, la Parola libera, la Parola guarisce”. S. Babolin, L’esorcismo. Ministero della consolazione. Ed. Messaggero, Padova 2014, p. 126.

[17] A mo’ di sintesi sull’argomento basti la requisitoria anti-samaritana di ambiente deuteronomistico presente in 2 Re 17.

[18] Il fatto che invece non si parli di magia in Gerusalemme e in Giudea probabilmente è da attribuire al fatto che l’autorità del Sinedrio era tale da impedire queste pratiche in assoluto contrasto con la Torah (Deut 18,10-14).

[19] “Luca, comunque, seguendo il modo di vedere della comunità cristiana, lo considera uno stregone e un impostore”. PH. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale degli Atti degli Apostoli, EDB, Bologna 1997, p. 339.

[20] “E’ possibile che Luca voglia stigmatizzare con questo racconto certe tendenze gnostiche nascenti. Ricordiamo che la gnosi è una forma di ideologia religiosa che pretende di offrire una liberazi one spirituale per mezzo di una ‘conoscenza segreta’ trasmessa attraverso una iniziazione”. PH. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 339-340.

[21] Sulle diverse interpretazioni della figura di Simone e della sua rilettura patristica J. Roloff, Gli Atti degli Apostoli, Nuovo Testamento. Seconda serie 5, Paideia Ed , Brescia 2002, p. 186-187; G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, pp. 674-676.

[22] In ogni caso il nome Simone lo propone come un Giudeo che probabilmente sceglie di stare tra i Samaritani per praticare liberamente le arti magiche. In seguito gli Atti ce ne daranno altri esempi.

[23] Cf. D. Marguerat, Atti degli Apostoli, I, EDB Bologna 2011, p. 332.

[24] Per una descrizione della intenzionalità magica e della ritualità che la esprime e potenzia, cf. S. Zonin, A D’Auria, I disagi dell’anima e l’esorcismo. Liberazione e guarigione interiore nel percorso pastorale e terapeutico, Edizioni Sugarco, Milano 2017, pp. 71-72.

[25]La folla gli riconosce un fluido divino che lo pone tra gli esseri dotati di poteri sovrannaturali”. D. Marguerat, Atti degli Apostoli, p. 332. Cf. anche G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 681.

[26] “Simone era convinto di essere l’incarnazione del Dio sommo, il dio taumaturgo apparso sulla terra alla maniera dell’‘uomo divino’. J. Roloff, Gli Atti degli Apostoli, pp. 182-183.

[27] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, pp. 682.

[28] Non è difficile immaginare che si tratti di quanto presentato nel sommario di 8,5-8.

[29] “Simone ricade nel suo vecchio modus operandi in quella Samaria mezzo-ebrea e mezzo-pagana in cui il sincretismo favorisce un amalgama tra potere spirituale e potere del denaro”. D. Marguerat, Atti degli Apostoli, p. 337.

[30] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 686.

[31] “L’ottativo tempera la violenza dell’affermazione: segnala che l’apostolo non mira alla perdizione di Simone ma alla sua conversione”. D. Marguerat, Atti degli Apostoli, 337.

[32] J. Roloff, Atti degli Apostoli, p. 185.

[33] Cf. D. Marguerat, Atti degli Apostoli, p. 338.

[34] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 688.

[35] D. Marguerat, Atti degli Apostoli, p. 326.

[36] Cf. S. Zonin, A D’Auria, I disagi dell’anima e l’esorcismo, pp. 46-52.

[37] Cf. At 13,5.

[38] “Appartenente a un’illustre famiglia romana, prefigura gli innumerevoli cittadini dell’impero che costituiranno per la Parola di Dio una buona terra”, Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 324.

[39] “Questo mago … è il primo di una lunga serie di avversari giudei che Saulo troverà sul suo cammino dovunque annuncerà la Parola”. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 424.

[40] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 159, n. 35.

[41] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 157. Quest’ultimo, in qualche modo lo mette in contrapposizione tanto con il saggio Sergio Paolo, quanto con Paolo apostolo, che al v 9 parlerà sotto l’azione dello Spirito Santo, quindi come vero profeta. Si ricordi, inoltre, che Barnaba e Saulo sono annoverati tra i cinque profeti e dottori della chiesa di Antiochia (At 13,1).

[42] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 159.

[43] Cf. R. Fabris, Atti degli Apostoli, p. 401.

[44] Heanchen scrive a proposito: “Luca passa al nuovo nome nel momento in cui fa sì che Paolo, con un miracolo, i dimostri come quel missionario pieno di Spirito santo, che ora è il vero e proprio capo del gruppo cristiano” G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 159, n. 37.

[45] Cf. At 13,2.4.

[46] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 160, n. 44.

[47] G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 161.

[48] Cf. At 9,8.18. Nel racconto di Elimas, di fatto, compaiono i principali elementi con cui lo stesso Paolo descrive la sua vocazione missionaria nell’apologia davanti ad Agrippa (At 26,17-18).

[49] “Paolo e i suoi compagni, dunque, si sono stabiliti in una città che ha per così dire il culto di Roma”. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 509.

[50] Siamo all’interno di una delle sezioni “noi”.

[51] Pitone è il nome di un drago ucciso da Apollo, dio della divinazione. Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 284, n. 39. “E’ evidente che si tratta di un’alienata. Luca dice che è posseduta da uno ‘spirito pitone’, con riferimento al serpente che custodiva l’oracolo di Delfi, di cui era sacerdotessa la Pizia”. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 510.

[52] Cf. Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 510.

[53] Cf. Lc 4,34.

[54] Il versetto seguente a carattere esorcistico ne chiarirà la natura demoniaca.

[55] “Il Signore ci abilita alla testimonianza non alla propaganda: la testimonianza viene dallo Spirito Santo; la propaganda, dal maligno. Accettare il servizio della schiava equivale negare la novità della salvezza quindi accettare che l’annuncio di Paolo entri nella miscela delle religioni”. S. Babolin, L’esorcismo, p. 132.

[56] Si pensi al ruolo e all’influenza esercitati nel mondo greco-romano dall’Oracolo di Apollo nei templi di Delfi e di Didima, e delle varie Sibille non solo nelle questioni private, ma negli affari di stato.

[57] Sulla complessa questione della medianità e delle sue cause cf. S. Babolin, L’esorcismo. pp. 98-109; F. M. Dermine, Carismatici, sensitivi e medium, Edizioni Studio Domenicano, Bologna 2015, pp. 195-278.

[58] Così, infatti, l’espressione greca dia twn ceirwn viene intesa e tradotta nella traduzione CEI 2008 di At 5,12.

[59] Come invece l’identica espressione greca viene tradotta in At 19,11.

[60] S. Fausti, Atti degli Apostoli, I, EDB, Bologna 2013, p. 186.

[61] Versione ellenizzata dell’antica Ishtar, dea orientale della fecondità. Il suo tempio di Efeso è annoverato tra le “sette meraviglie” del mondo antico. Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 142, n.1.

[62] “Esorcisti giudei non erano certo una rarità nel sec. I. Giustino fa capire che le cose stavano allo stesso modo anche nel sec. II”. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 355.

[63] Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 352.

[64] Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, p. 562.

[65] Infatti, “tra le tecniche della magia era di norma l’uso d’invocare il nome segreto di qualche divinità o personaggio misterioso associato alla formula di scongiuro”. R. Fabris, Atti degli Apostoli, p. 561.

[66] L’insieme del racconto mette questi esorcisti in relazione con la magia. La cosa diventa evidente soprattutto nel suo esito finale ai vv 17-19, confermandoci nell’opinione di annoverare anche i figli di Sceva nella categoria dei personaggi dediti fare scongiuri tanto per “togliere” i malefici, quanto per “attaccarli”.

[67] Il riferimento a un sommo sacerdote Sceva, sconosciuto alle fonti storiche, rende la notizia riportata da Luca dubbia. Cf. G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 356. A mio parere, comunque, non si può escludere la possibilità di una nobile origine millantata dagli stessi interessanti. Megalomania e alone di mistero sono ingredienti di cui amano circondarsi gli operatori dell’occulto di sempre, come si riscontra anche in Simone Mago e in Elimas.

[68] Ai sommi sacerdoti sadokiti, spettava anche la presidenza del Grande Sinedrio di Gerusalemme, supremo tribunale giudaico (Cf. At 4,5-7; 23,6).

[69] Bossuyt, J. Radermakers, Lettura pastorale…, 563.

[70] “E’ possibile che il narratore pensi a pratiche di magia che gli efesini avevano conservato anche dopo il battesimo”. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 357.

[71] “Era tale la fama di Efeso come centro della magia, che i papiri o rotoli di pergamena con le formule magiche si chiamavano ta ephesia grammata anche se in gran parte erano composti in Egitto. Plutarco, Symposium, VII,5,4: ‘I maghi prescrivono di recitare e invocare sugli indemoniati gli scritti efesini (ta ephesia grammata)’ “. R. Fabris, Atti degli Apostoli, p. 560, n. 3.

[72] A proposito non è fuori luogo il commento che segue: “Il fatto fa pensare ai tentativi di mescolare pratiche medianiche con esorcismi; e credo che possa suggerire qualcosa a chi, anche sacerdote, ha il prurito di fare l’esorcista: e lo fa senza il mandato del vescovo, contro la disciplina della chiesa”. S. Babolin, L’esorcismo. p. 133.

[73] “Secondo Wikenhauser il valore dei libri corrisponde a circa 35.000 marchi d’oro”, G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli, p. 357, n. 38.

L’AZIONE STRAORDINARIA DI SATANA NEL MONDO: ASPETTI TEOLOGICI E MAGISTERIALI

 

Relazione di sua Eccellenza Mons. Giovanni Salvatore Rinaldi[1]

L’esistenza degli angeli e la loro identità spirituale nella Scrittura e nel Magistero.

L’angelo quale creatura di Dio, la sua creazione dal nulla, è una verità teologica che appartiene al sicuro deposito della fede: è dunque una verità di fede, che seppur non insegnata direttamente dalla sacra scrittura, è esplicitata sia dalla tradizione che dal magistero ecclesiastico. Sacra scrittura, tradizione e magistero, sono le fonti della teologia.

Gli angeli sono chiamati all’esistenza, come tutte le creature, per partecipare alla comunione di amore con la Santissima Trinità: «Nella sua bontà e con la sua onnipotente virtù, non per aumentare la sua beatitudine né per acquistare perfezione, ma per manifestarla attraverso i beni che concede alle sue creature, questo solo vero Dio ha, con la più libera delle decisioni, insieme, all’inizio dei tempi, creato dal nulla l’una e l’altra creatura, la spirituale e la corporale»[2]. Nella sacra scrittura possiamo intravedere, indirettamente, la creazione degli angeli strettamente unita alla creazione del mondo e degli uomini: «All’inizio Dio creò il cielo e la terra» (Gn 1,1), sia il mondo angelico, il cielo, che quello terrestre, l’uomo e il creato. La verità dell’esistenza degli angeli è una verità autentica, ma periferica, cioè subordinata alla dimensione cristologica e antropologica della vita battesimale, però essa non può essere considerata una verità opinabile[3], in quanto è una verità chiaramente affermata dalla sacra scrittura e dal magistero della Chiesa, anche se le varie opinioni teologiche relative alle modalità dell’ influenza degli angeli nel mondo (il loro influsso in rapporto all’uomo e al creato) sono pur sempre discutibili e aperte al progresso e rinnovamento teologico, purché fedeli al magistero. Il Concilio Lateranense IV del 1215 segna una tappa decisiva sulla questione della creazione degli angeli: «Crediamo fermamente e confessiamo apertamente che uno solo è il vero Dio, eterno e immenso… Unico principio dell’universo creatore di tutte le cose visibili e invisibili, spirituali e materiali che con la sua forza Onnipotente fin dal principio del tempo creò dal nulla l’uno e l’altro ordine di creature: quello spirituale e quello materiale, cioè gli angeli e il mondo terrestre e poi l’uomo»[4].

Nell’Antico Testamento ricorrono molte circostanze in cui l’azione degli angeli è propriamente tale, cioè personale e distinta da Dio: il Signore manda il suo angelo ad Agar per soccorrerla (cf. Gn 16,7); o per fermare la mano di Abramo su Isacco (cf. Gn 22,12). Il profeta Elia, in difficoltà, viene incoraggiato da un angelo: «Tornò per la seconda volta l’angelo del Signore, lo toccò e gli disse: alzati, mangia, perché è troppo lungo per te il cammino» (1Re 19,3). Nell’Esodo l’angelo ha una funzione di rappresentanza di Dio per infondere sicurezza: «Manderò davanti un angelo… ma io non verrò in mezzo a te» (Es 33, 2-3). Nell’Antico Testamento si parla anche di Cherubini che sostengono il trono di Dio o custodiscono l’ingresso dell’Eden (cf. Ez 10, 1) e dei Serafini con sei ali che cantano la gloria del Dio tre volte Santo (cf. Is 6,2). Nelle tradizioni posteriori all’esilio si trovano più frequenti riferimenti agli angeli (Giobbe, Ezechiele, Zaccaria, Tobia, Daniele), per di più appaiono anche dei nomi personalizzati: Raffaele e Gabriele in Tobia, Michele in Daniele. Matura una chiara coscienza che questi messaggeri divini non erano più sentiti come una minaccia per il monoteismo, ma considerati un tramite di conoscenza tra Dio e l’uomo, ovvero dei veri e propri messaggeri.

Il nome Angelo significa messaggero ed esprime una funzione, svolta a nome di Dio e a beneficio dell’uomo; circa l’identità degli angeli si esprimerà il Concilio Lateranense IV che proclamerà questa loro identità come identità puramente spirituale. La rivelazione, infatti, (cf. Ef 6, 15) li disegna come esseri spirituali in contrapposizione all’esistenza materiale: essi appartengono alla creazione invisibile, sono esseri creati, spirituali con pienezza di esistenza, dotati di coscienza soggettiva e di capacità di relazioni interpersonali. Queste creature spirituali sono immortali: l’evangelista Luca (20,36) parlando della condizione dei risorti, non più soggetti alla morte dice: «Perché sono uguali agli angeli». Gli angeli sono puri spiriti, esseri incorporei, sebbene non in senso ostile al corpo, nella loro condizione spirituale e personale agiscono come messaggeri di Dio senza mai essere depersonalizzati: tra i compiti che li contraddistinguono come esseri personali vi è il ruolo di presentare al cospetto di Dio le preghiere degli uomini (cf. Tb 12,12; Ap 5,1). L’angelo è, dunque, una creatura personale, non un simbolo del bene[5]:

«Assieme alla esistenza la fede della Chiesa riconosce certi trattai distintivi della natura degli angeli. Il loro essere puramente spirituale implica prima di tutto la loro non materialità e la loro immortalità … dotati di intelletto e di libera volontà come l’uomo ma in grado a lui superiore, anche se sempre finito, per il limite inerente a tutte le creature. Gli angeli sono quindi esseri personali e, in quanto tali, sono anch’essi a immagine e somiglianza di Dio»[6].

Nel Nuovo Testamento gli angeli operano soprattutto nei momenti in cui l’intervento di Dio va affermato come Mistero e, insieme, come fatto reale: nell’Annunciazione a Maria, nel sogno di Giuseppe e in altri episodi dei cosiddetti vangeli dell’infanzia; così nel racconto della tentazione di Gesù nel deserto, dell’agonia nel Getsemani, della risurrezione. Anche negli Atti degli apostoli gli angeli sono gli strumenti dell’intervento di Dio nella storia della Chiesa primitiva: essi rappresentano il mondo celeste che guida l’uomo e lo sostiene lungo il percorso della vita. Nei testi apocalittici si dà rigoroso rilievo alla partecipazione degli angeli alle vicende finali del mondo: nel giudizio universale separano i peccatori dai buoni, accompagnano il Figlio dell’uomo nella sua venuta (cf. Mt 24,31; 25,31). Nell’Apocalisse essi sono presenti quasi ad ogni pagina. La Lettera agli ebrei sottolinea l’inferiorità degli angeli rispetto a Cristo: «Sono spiriti incaricati di un ministero, inviati per servire coloro che devono ereditare la salvezza eterna» (1,14). Infine l’adorazione degli angeli è espressamente proibita, sia nell’Apocalisse sia in Paolo: «Noi giudicheremo gli angeli» (1Cor 6,3). In quest’ultimo si allude, probabilmente, ad una possibilità di peccato presente anche in questi esseri di luce. Nel Vaticano II ci sono tre importanti affermazioni sugli angeli:

  1. «Fino a che dunque il Signore verrà nella sua gloria, accompagnato da tutti gli angeli» (LG 49).
  2. «[La Chiesa i defunti] Li ha venerati con particolare affetto insieme con la beata Vergine Maria, e i santi angeli e ha piamente implorato il soccorso della loro intercessione» (LG 50)
  3. «Tutti i fedeli effondano insistenti preghiere alla Madre di Dio e Madre degli uomini, perché, dopo aver assistito con le sue preghiere la Chiesa nascente, anche ora esaltata in cielo sopra tutti i beati e gli angeli, nella comunione dei santi interceda presso il Figlio suo» (LG 69).

Questi tre aspetti dell’angelologia descrivono i tre pilastri della teologia degli angeli:

  1. Gli angeli sono al servizio di Gesù Cristo, è una subordinazione assoluta che portano in se stessi fin dal primo istante della loro esistenza, essi esistono “per”, “in”, “in vista” di Cristo (cf. Ef 1,3-14; Col 1,13-20; Eb 1, 1-4). La loro creazione, infatti, avviene mediante un’azione creatrice di Dio in Cristo: «Tutto è stato fatto per mezzo di Lui e senza di Lui niente è stato fatto di ciò che esiste» (Gv 1,3). L’angelologia è subordinata alla cristologia.
  2. L’angelo in rapporto all’uomo esercita un ministero di intercessione: sono guida nel cammino verso la vita eterna, difesa davanti agli assalti diabolici, consolazione davanti alle sofferenze, luce di verità davanti alle scelte della vita quotidiana.
  3. La subordinazione della loro azione nel piano salvifico di Dio rispetto alla Vergine Maria, la quale è invocata dal popolo di Dio anche come Regina degli angeli. Quest’aspetto è considerato da alcuni padri della chiesa quale origine della ribellione angelica: Lucifero non accettò di essere inferiore ad una donna, la cui santità l’aveva resa superiore a lui.

L’influenza dell’angelo nel mondo.

L’angelo è un soldato di Dio che esercita una triplice azione: verso Dio, verso l’uomo e verso il mondo. La prima la possiamo considerare come azione ordinaria dell’angelo, mentre le altre due come azione straordinaria.

  1. L’azione dossologica in rapporto a Dio: rendere gloria alla Santissima Trinità. L’ufficio, l’azione principale degli angeli, è anzitutto un ufficio di lode, che costituisce la liturgia celeste (cf. Ap 5,12). La lode angelica ha per oggetto le due massime manifestazioni agapiche di Dio: la creazione e la redenzione. La lode degli angeli rappresenta la liturgia celeste, alla quale si associa incessantemente la terrena liturgia della chiesa, specialmente nel sacrificio della messa. San Giovanni Paolo II mette in evidenza la presenza degli angeli, il loro ufficio di lode, durante la celebrazione eucaristica: «Prima di dare inizio alla preghiera eucaristica, nel cuore della santa messa si richiamano gli angeli e gli arcangeli per cantare la gloria di Dio tre volte santo»[7].
  2. L’azione soteriologica in rapporto all’uomo. Gli angeli operano per la salvezza dell’uomo: «Non sono essi tutti spiriti incaricati di un ministero, inviati per servire coloro che devono ereditare la salvezza?» (Eb 1,14). Sulla funzione soteriologica riconosciamo in particolare il ministero degli angeli custodi, opera che inizia dal concepimento e termina con l’ingresso nella vita eterna. Nella funzione soteriologica dobbiamo distinguere un duplice influsso dell’angelo: l’influsso sull’intelletto umano e quello sulla volontà umana. L’angelo rafforza l’intelletto senza infondere lume intellettuale che spetta solo a Dio, avendo un grado di conoscenza superiore, ma può agire direttamente sull’intelletto umano perfezionando la potenza intellettiva dell’uomo. L’influsso angelico sulla volontà umana è una semplice opera di persuasione, in quanto solo Dio può cambiare la volontà, per cui l’angelo può solo influenzarla indirizzandola verso il bene sommo che è Dio.
  3. L’azione economica in rapporto al mondo: riguarda il ruolo degli angeli nell’assistere e custodire il mondo materiale, proteggere la terra, il mare ei loro frutti (cf. Ap 7,11). Quest’aspetto dell’azione straordinaria dell’angelo nel mondo andrebbe ulteriormente approfondito.

Il peccato degli angeli.

L’angelo conosce la realtà che lo circonda per intuizione, l’angelo non ragiona per conoscere, così come avviene in ogni uomo; egli conosce Dio attraverso la perfezione divina che si riflette sulla loro essenza, e in Dio conoscono se stessi, si conoscono gli uni gli altri, tutto conoscono in virtù della loro vita in Dio. La conoscenza angelica, dunque, non è una conoscenza per astrazione e ragionamento, come quella umana, ma è pura conoscenza immediata e intuitiva.

L’angelo è stato creato per e in vista di Cristo, l’esistenza angelica è finalizzata al Cristo, Figlio di Dio, quindi anche gli angeli sono chiamati a partecipare alla vita divina attraverso Gesù Cristo: non possiamo comprendere il peccato degli angeli se non partiamo da questo dato relativo la loro creazione in, per e in vista di Gesù Cristo. San Tommaso d’Aquino nella Summa Teologica (I q. 62, art. 5) afferma che «gli angeli sono stati creati in grazia, ma dovevano ottenere la gloria per mezzo di una loro scelta, cioè di un atto di volontà per Dio». Il dono della natura che essi hanno ricevuto corrisponde al dono dell’amore e dipende solo da Dio senza presupporre nessun merito o disponibilità: Dio dona loro la vita eterna, questo è il dono della natura. Il dono della gloria, invece, è lasciato alla libera decisione dell’angelo, come d’altronde per l’uomo. Dio ha creato l’angelo libero, pertanto anch’egli è posto nella possibilità di venir meno alla richiesta del Bene assoluto; in virtù di questa libertà, solo coloro che liberamente hanno accolto in pienezza la partecipazione alla vita trinitaria hanno beneficiato della grazia santificante, e così hanno meritato il possesso dell’amore beatificante, raggiungendo la felicità beatifica. Lo stesso carattere di immediatezza, tipico della conoscenza angelica è presente anche nella dinamica della libertà dell’angelo: essi non sono esposti al dubbio o a difficoltà inerenti al giudizio-discernimento. L’angelo, quindi, quando ha rifiutato Dio, lo ha fatto liberamente e consapevolmente del danno che stava autoinfliggendosi.

Nel Nuovo Testamento non mancano riferimenti espliciti e chiari sul peccato degli angeli o meglio sulla loro “trasformazione” in diavoli, dati biblici che rivelano la scelta assurda e folle di voler essere dei demòni, cioè degli esseri maledetti, ovvero creature prive della vita soprannaturale, per questo vengono identificati come angeli ribelli che hanno peccato, e che in eterno vivono nella lontananza e nella opposizione a Dio. Essere dei “maledetti” nella concezione biblica significa essere privi della vita soprannaturale: l’angelo al momento del suo peccato spegnerà per sempre la luce di questa vita soprannaturale, pur conservando – mistero divino – i caratteri e i poteri del proprio grado o coro angelico di appartenenza.

2Pt 2,4: «Dio non risparmiò gli angeli che avevano peccato, ma li precipitò in abissi tenebrosi, tenendoli prigionieri per il giudizio». L’apostolo Pietro parla espressamente di un peccato degli angeli, e di conseguenza, di un incatenamento nell’abisso infernale, come pena per il loro peccato. Quest’abisso non può essere identificato come gabbia nella quale sono rinchiusi tutti gli angeli ribelli, una parte di loro, infatti, sono “operativi” nel mondo.

Gd 6: «Il Signore tiene in catene eterne, nelle tenebre, per il giudizio del grande giorno, gli angeli che non conservarono il loro grado, ma abbandonarono la propria dimora». San Giuda esprime il simbolismo delle catene, angeli incatenati nelle tenebre, certamente sono incatenati nel senso che loro non possono agire “liberamente”, il loro “campo d’azione” resta sempre subordinato al mistero della permissione divina; sono nelle tenebre, quindi non più nella Luce, in Dio, «perché non conservarono il loro grado»: si intravede una gerarchia angelica.

Il peccato dell’angelo è una rivolta, una ribellione contro Dio, quindi è una vera e propria azione contro la propria natura, perché essi vivono esclusivamente della comunione trinitaria, e ora si ritrovano a “vivere” la piena e assoluta solitudine, perché la loro decisione di essere dei diavoli, cioè degli spiriti oppositori all’uomo per odio contro Dio, non contempla la relazione tra di loro: gli angeli ribelli anche tra loro si odiano a vicenda, tra loro c’è solidarietà nel fare il male, ma non il bene. Jacques Maritain (1882 – 1973) filosofo francese convertitosi al cattolicesimo, considerato come uno dei massimi esponenti del neotomismo, ha ben descritto in un suo lavoro – intitolato Il peccato dell’angelo – , la scelta assurda e folle di questi spiriti pervertiti e pervertitori:

«Il puro spirito sceglie così il male in piena libertà, senza che nessuna luce al mondo possa sviarlo, convincendolo di ignoranza e di errore, mostrandogli che si sbaglia. Infatti è evidentemente un errore il fatto di collocare il proprio bene in ciò che realmente non è il proprio bene – in una cosa amata sregolatamente e senza misura – ma egli lo sa bene quanto voi, e perfino meglio di voi, e nonostante ciò lo compie. Questo errore è appunto la sua colpa, essa non la precede, ed egli la commette consapevolmente e volontariamente. Egli non sbaglia strada prendendo la cattiva strada per la buona, egli sbaglia strada scegliendo in piena cognizione di causa la strada che sa cattiva; in breve, niente l’ha ingannato, il funzionamento naturale della sua intelligenza non si è guastato in niente; egli fa ciò che ha voluto, va dove ha voluto, verso ciò che ha voluto»[8].

Per comprendere, per quanto è possibile, il peccato angelico bisogna considerare anche le caratteristiche della volontà dell’angelo: la volontà dell’angelo non coincide con l’essere buono dell’angelo, questo è solo di Dio. Il suo volere corrisponde alla sua perfezione: scegliere il bene è scegliere Dio, scegliere se stessi è scegliere il male, l’assenza di Dio. L’angelo ha sua libertà di scelta, che è limitata e, quindi, peccabile; nel loro peccato gli angeli ribelli hanno posto nel loro primo atto di libertà, l’amore alla propria esistenza e non l’amore per Dio. Questo peccato è irrevocabile[9], non può essere riscattato per la loro profonda conoscenza di Dio; la loro scelta di rifiutare l’amore di Dio è un atto libero, responsabile e definitivo, col quale essi hanno distrutto definitivamente il loro essere dono nel desiderio di verità e disponibilità all’amore e hanno scelto di non essere quello che sono. L’angelo, la creatura di luce, diventa demonio, la cui caduta dai cieli, immediata e definitiva, è richiamata da Gesù stesso col simbolismo della folgore: «Vedevo satana scendere dal cielo come una folgore» (Lc 10,10). La folgore è un fulmine, la caduta di Satana dal cielo ha avuto la stessa immediatezza e la stessa pericolosità dei fulmini, ovvero sono immediati nell’azione e distruggono tutto ciò che toccano: la conoscenza del demonio era immediata e col suo atto libera di scelta si è distrutto per sempre.

 Il male nel mondo, la sofferenza e la morte, hanno dunque la loro origine dal peccato degli angeli[10], l’uomo, però, poteva proteggersi dalla loro influenza, ma liberamente ha scelto di superare il limite che gli ha imposto Dio, limite che gli stessi angeli ribelli non hanno voluto accettare e che tutt’oggi presumono di spodestare e deridere ogniqualvolta l’uomo sceglie di vivere senza Dio. Ecco dunque che «Tutta intera la storia umana è pervasa da una lotta tremenda contro le potenze delle tenebre; lotta cominciata fin dall’origine del mondo e destinata a durare fino all’ultimo giorno. Inserito in questa battaglia l’uomo deve combattere senza soste per poter restare unito al Bene» (GS 37).

Gesù e il demonio.

«Per questo si manifestò il Figlio di Dio: per distruggere le opere del diavolo» (1Gv 3,8b): l’intera missione evangelica di Gesù Cristo è una lotta radicale contro il potere di Satana e degli angeli ribelli pervertiti nel loro orgoglio, senza questa lotta non si comprenderebbe la portata teologica dell’opera salvifica di Cristo, quindi «non si può pensare a una vita spirituale, a una vita cristiana senza resistere alle tentazioni, senza lottare contro il diavolo. E pensare che hanno voluto farci credere che il diavolo fosse un mito, una figura, un’idea del male. Invece il diavolo esiste e noi dobbiamo lottare contro di lui»[11]: non sono pochi gli interventi di Papa Francesco, anzi, contro coloro che negano l’’esistenza e l’attività ordinaria e straordinaria del demonio. L’esistenza dei demòni rientra nell’annuncio del vangelo di Gesù Cristo, seppure, come l’angelo, non in maniera centrale e dominante; il Figlio di Dio, mediante la sua incarnazione, passione morte e risurrezione, ha rivelato all’uomo che la salvezza si ottiene attraverso una conversione che è essenzialmente lotta contro Satana per aderire a Dio. L’offerta della salvezza è per tutti coloro che accettano il messaggio evangelico dell’amore, per mezzo del quale «[gli uomini sono chiamati a convertirsi] dalle tenebre alla luce e dal potere di Satana a Dio e ottengano il perdono del peccato» (At 26,19). Questo “passaggio” può essere considerato la magna carta della demonologia neotestamentaria.

«Il male che è nel mondo è occasione ed effetto di un intervento in noi e nella nostra società di un agente oscuro e nemico, il demonio. Il male non è soltanto una deficienza, ma un essere vivo, spirituale, pervertito e pervertitore. Terribile realtà, misteriosa e paurosa. Esce dal quadro dell’insegnamento biblico ed ecclesiastico chi si rifiuta di riconoscerlo esistente, ovvero chi ne fa un principio a sé stante, non avente esso pure, come ogni creatura, origine da Dio, oppure la spiega come una pseudo realtà, una personificazione concettuale e fantastica delle cause ignote dei nostri malanni»[12].

Il beato Paolo VI ha ribadito che teologie che negano l’esistenza personale di Satana non sono teologie cattoliche, in quanto non è più la Scrittura che giudica il mondo, ma il mondo che giudica la Scrittura, così come aveva affermato l’allora cardinale Ratzinger: «L’autorità sulla quale simili specialisti della Bibbia basano il loro giudizio non è la Bibbia stessa, ma la visione del mondo contemporaneo al biblista […]. Checché ne dicano certi teologi superficiali, il diavolo è per la fede cristiana una presenza misteriosa, ma reale, personale, non simbolica: una malefica libertà sovrumana opposta a quella di Dio»[13]. Papa Francesco fin dall’inizio del suo pontificato, nel discorso ai cardinali, ha richiamato all’azione del diavolo nel mondo, tale riferimento, seppur marginale – come giusto che sia –  non mancherà nei suoi discorsi, nelle sue omelie quotidiane, al punto che possiamo ben affermare che Papa Francesco tra i vari rinnovamenti che sta operando, vi è anche quello a cui alludeva Paolo VI, cioè a una visione chiara, non oscurantista, ma basata sulla Scrittura, sulla Tradizione e sul Magistero, per ciò che riguarda l’azione di Satana nel mondo. Papa Francesco non solo richiama i fedeli a non seguire maghi e falsi carismatici[14], ma anche tutti quei biblisti, dotti professori, che negano l’esistenza del diavolo o “squalificano” una giusta e moderata visione e applicazione dello studio della demonologia.  Tutta la vita di Gesù testimonia lo scontro tra le potenze del male contro una realtà che va al di là di ciò che è umano e mondano.

Le tentazioni di Gesù.

Uno dei primi scontri di Gesù contro Satana avviene nella dinamica delle tentazioni. I tre vangeli sinottici raccontano lo svolgimento delle tentazioni di Gesù: il Figlio unigenito di Dio viene condotto dallo Spirito nel deserto per essere tentato dal diavolo. Il demonio è spietato nelle tentazioni, ma ancor di più in quelle che muove verso il Figlio di Dio, la cui malvagità è “vista” è ben descritta nelle visioni della beata Anna Katharina Emmerick: «Ho visto Satana avvicinarsi a Gesù nelle sembianze di un potente angelo. Era vestito come guerriero, così come vedo san Michele quando mi appare; ma, nonostante tanto splendore, c’era sempre sul suo volto qualcosa di cupo e crudele»[15]. La crudeltà di Satana verso Gesù lo porterà alla tentazione delle tentazioni: la morte di croce in offerta a chi non merita.

Le tentazioni di Gesù sono precedute dal raccoglimento nel deserto e questo raccoglimento è anche una lotta interiore contro i travisamenti dell’avversario. Nella tentazione Gesù discende nei pericoli che minacciano l’uomo: Gesù vuole e deve entrare nel dramma dell’esistenza umana, attraversarlo fino in fondo per ritrovare così la pecorella smarrita, caricarsela sulle spalle e ricondurla a casa. Egli deve riprendere tutta la storia a partire dai suoi inizi, da Adamo, percorrerla e soffrirla fino in fondo per poterla trasformare: c’è un mistero che trasforma tutto ciò che tocca, ed è l’amore: «Dio infatti ha tanto amato il mondo da dare il suo Figlio unigenito» (Gv 3,16). Nella Lettera agli Ebrei si pone l’accento sul fatto che la missione di Gesù, la sua solidarietà con tutti noi – prefigurata nel Battesimo – implica che egli si esponga alle minacce e ai pericoli dell’essere rifiutato dall’uomo. Il racconto delle tentazioni appare, come il Battesimo, come una anticipazione in cui si condensa la lotta di tutto il suo cammino. Gesù dopo il Battesimo fu tentato: lo Spirito di Dio che al momento del Battesimo discende e rimane su Gesù, non lo separa dalla storia e dalle sue ambiguità, al contrario colloca Gesù all’interno di una lotta che egli stesso vivrà come “pane quotidiano”.

Ci si potrebbe chiedere: come poté essere tentato Gesù? Fu vera tentazione la sua? C’è una tentazione soggettiva, che parte dal soggetto che è tentato e presuppone in lui, in qualche modo, l’esistenza della concupiscenza e vi è una tentazione oggettiva che parte dall’esterno, da Satana in persona o da una situazione di fatto (l’influenza del mondo) che induce a dubitare su Dio, e quindi a disubbidirgli. La tentazione di Gesù non fu soggettiva perché egli era innocentissimo, fu invece una tentazione oggettiva: ebbe fame e Satana cercò di utilizzare questo aspetto per scuoterlo. Le tentazioni di Gesù sono tentazioni demoniache vere, non fittizie o pedagogiche, egli, Verbo eterno, con l’Incarnazione, diventa vero uomo, che insegna a noi, nella dinamica delle tentazioni, come dovrebbe essere esercitata la libertà umana, cioè quella libertà, che costituita santa, in seguito viene ferita dal peccato originale e intaccata per sempre dalla concupiscenza. Le tre tentazioni di Gesù rivelano la lotta interiore di Gesù per la sua missione, ma anche la domanda su ciò che conta davvero nella vita degli uomini, in esse appare chiaro ed evidente il nocciolo di ogni tentazione: rimuovere Dio, presentandolo come secondario – se non addirittura superfluo e fastidioso –  di fronte a tutto ciò che nella nostra vita sembra essere più urgente. Satana attraverso la sua attività ordinaria presenta il male sotto forma di bene e quando si è “avanti” nella vita spirituale non ci invita direttamente a compiere il male, ma attraverso sottili e ingannevoli ragionamenti, egli «quando dice il falso, parla del suo, perché è menzognero e padre della menzogna» (Gv 8,44c). Il diavolo è un millantatore, il rito di esorcismo del 1952, attualmente in vigore, lo apostrofa come «fomentatore di vizi, seduttore degli uomini, ingannatore dei popoli» (cf. I esorcismo), egli vuole il consenso libero della nostra volontà ad abbandonare le “illusioni” di una vita santa e impiegare le nostre forze illudendoci di migliorare il mondo attraverso il potere, il pane, il successo.

La prima tentazione consiste nel trasformare in pane le pietre del deserto. Il primo criterio di identificazione del Dio buono e redentore davanti al mondo è quello di dare il pane e mettere fine alla fame di ogni uomo. I problemi sociali non sono forse il primo e autentico criterio al quale deve essere commisurata la Redenzione? Il marxismo ha fatto proprio di questo ideale il cuore della sua promessa di salvezza, e non si dovrà dire la stessa cosa alla Chiesa? Anzitutto il pane, il resto viene dopo. Gesù respinge il tentatore: «Non di solo pane vivrà l’uomo, ma di ogni parola che esce dalla bocca di Dio» (Mt 4,4). Il pane è importante, la libertà è più importante, ma la cosa più importante è l’adorazione mai tradita a Dio: laddove Dio è considerato una grandezza secondaria, allora falliscono proprio queste presunte cose più importanti. Il marxismo insegna. Così come gli aiuti dell’Occidente ai paesi in via di sviluppo, basati su principi puramente tecnici, materiali, trascurando Dio: essi pensavano di poter trasformare le pietre in pane, ma hanno dato pietre al posto del pane.

La seconda tentazione è stata messa in relazione con il motivo del “panem et circenses”. Dopo il pane deve essere offerto qualcosa di sensazionale: colui che non vuole permettere a Dio di entrare nel mondo e negli uomini deve offrire il prurito di esperienze eccitanti, il cui brivido sostituisce la commozione religiosa e la reprime. In questa tentazione c’è un dibattito tra due esperti della Scrittura: il diavolo teologo e Gesù obbediente all’amore di Dio. Il diavolo cita il Salmo 91,11: «Dio darà ordine ai suoi angeli di custodirti in tutti i tuoi passi» (Lc 4,10). Per Soloviev’, nell’opera Racconto dell’Anticristo, l’anticristo riceve la laurea honoris causa in teologia nell’università di Tubinga e diventa grande esperto della Bibbia. Il demonio incarna l’esegesi erudita del suo tempo, che può diventare uno strumento dell’anticristo.

Oggi assistiamo non di rado anche all’interno di alcune correnti teologiche che la Bibbia viene assoggettata alla visione moderna del mondo, in questa prospettiva la Bibbia non parla più del Dio vivente, ma a parlare sono coloro i quali decidono col “proprio personale lume intellettuale” che cosa Dio può fare e che cosa vogliamo e possiamo fare noi. Gesù contraddice Satana: «Non tentare il Signore tuo Dio» (Lc 4,12). Nell’inganno di Satana Dio deve sottoporsi a una prova: se egli non garantisce la protezione promessa nel Salmo 91 allora non è Dio. Quest’inganno è la presunzione di chi vuol fare di Dio un oggetto e imporgli le nostre condizioni, infatti si basa sul presupposto che noi neghiamo Dio in quanto Dio, perché ci proponiamo al di sopra di Lui, perché mettiamo da parte la dimensione dell’amore, dell’ascolto interiore e riconosciamo come reale solo ciò che è nelle nostre mani. Trasportiamo il nostro sguardo dal pinnacolo del tempio alla croce sul Calvario: Cristo non si è gettato dal pinnacolo, non ha messo alla prova Dio, ma è sceso nell’abisso della morte come prova suprema dell’amore di Dio verso gli uomini, ed è caduto, fiducioso, nelle mani benevole del Padre. Questo è il vero senso del Salmo 91: il diritto a quella estrema e illimitata fiducia di chi segue la volontà di Dio e sa che in mezzo a tutti gli orrori che può incontrare non perderà mai l’ultima protezione di Dio.

Nella terza tentazione il demonio offre a Gesù il dominio sul mondo. Non deve essere il Messia il re del mondo? Gesù risorto dirà: «Mi è stato dato ogni potere in Cielo e in terra» (Mt 28,18). Il potere di Gesù è potere autentico, salvifico, è il potere del Cielo, è, in ultima analisi, il potere del servizio, che arriva all’offerta di sé nella morte di croce (cf. Liturgia Solennità Cristo Re dell’universo): senza il Cielo il potere terreno resta sempre ambiguo. Il potere di Gesù risplende nella Risurrezione, ma presuppone la croce, dove muore appeso e deriso dagli uomini, manifestando l’offerta ultima e assoluta di se stesso, del suo mettersi al servizio dell’uomo. Il potere di Cristo cresce e mette radici in chi vive l’umiltà e l’amore.

Nel corso dei secoli questa tentazione diventa visibile quando l’impero cristiano trasformerà la fede in un fatto politico per l’unità dell’impero; questo è un rischio che la fede ha sempre corso, ovvero quello di essere soffocata dall’abbraccio del potere: la fede si mette al servizio del potere. L’alternativa che qui è in gioco appare nel racconto della Passione in cui Pilato fa scegliere tra Gesù e Barabba. Uno dei due verrà liberato. Barabba era una figura messianica, un combattente per la resistenza contro i romani. La scelta è tra due figure messianiche, due forme di messianismo si confrontano: un messia che capeggia una lotta di libertà e di indipendenza e un misterioso Gesù, che annuncia come via alla vita il perdere se stessi. Gli uomini hanno preferito Barabba. Se il tentatore, oggi, ci proponesse di scegliere Gesù di Nazareth, il Figlio di Dio avrebbe qualche possibilità? «Il Figlio dell’uomo, quando verrà, troverà la fede sulla terra?» (Lc 18,8).

Il diavolo non ci propone direttamente di adorare se stesso, non è così rozzo, ma ci propone di deciderci per ciò che è razionale, per la priorità di un mondo pianificato, in cui Dio è solo una questione privata, può avere il suo posto, ma non deve interferire nella vita pubblica. Questa è l’interpretazione “biblica” dell’anticristo di Soloviev’: l’adorazione del benessere, della pianificazione razionale. La terza tentazione si rivela fondamentale: che cosa debba fare un salvatore del mondo. Proprio nel momento in cui Pietro confessa Gesù come Messia, si fa avanti il tentatore che spinge alla comprensione di un messia che opera alla luce del potere mondano, un’azione messianica senza croce. Ma Gesù è duro con Pietro: «Va’ dietro a me, Satana! Tu mi sei di scandalo, perché non pensi secondo Dio, ma secondo gli uomini!» (Mt 16,23). La tentazione odierna è di considerare il cristianesimo come una ricetta per il progresso, è riconoscere il comune benessere come il vero scopo di ogni religione, anche quella cristiana.

Che cosa ha portato Gesù se non ha fatto emergere un mondo migliore? Nell’Antico Testamento ci sono due linee di sapienza: l’attesa di un mondo sano in cui «il lupo giace accanto all’agnello» (Is 11, 6), i popoli «forgeranno le loro spade in vomeri» (Is 2,4); e poi la sapienza del Servo di Dio sofferente, di un Messia che salverà attraverso il disprezzo e la sofferenza. Gesù dice a noi quello che ha obiettato a Satana e poi a Pietro: Nessun regno di questo mondo è il regno di Dio, che assicura la salvezza dell’umanità in assoluto. Questo è l’inganno di Satana.

Ma che cosa ha portato Gesù veramente se non ha portato la pace nel mondo, il benessere per tutti? Ha portato Dio! Ora conosciamo il suo volto, ora possiamo invocarlo, ha portato Dio e con lui la verità sulla nostra sorte. Il potere di Dio nel mondo è silenzioso, ma è il potere vero e duraturo, è ciò che permane e salva. I regni del mondo nel frattempo sono tutti crollati. Dalla lotta contro Satana Gesù esce vincitore: alla divinizzazione menzognera del potere e del benessere egli ha contrapposto la natura divina di Dio, quale vero bene dell’uomo e l’amore quale unico processo di trasformazione e di benessere. Il comandamento fondamentale di Israele è anche il comandamento fondamentale dei cristiani: si deve adorare solo Dio. Ed è proprio questo “Si” incondizionato alla prima tavola del dialogo, che include anche il “Si” alla seconda: l’amore per il prossimo.

Gesù esorcista.

Oltre all’annuncio orale del vangelo Gesù operava anche mediante dei segni specifici, segni che lasciano intravedere il suo rapporto speciale con Dio e la sua autorità sul demonio: i segni di misericordia e i segni di potenza. I segni di misericordia sono l’offerta gratuita e misericordiosa del perdono di Dio all’uomo incapace di salvarsi dalla forza del peccato con le sue energie: «Chi è quest’uomo che perdona anche i peccati?» (Lc 7,49). I segni di potenza, invece, sono i miracoli e gli esorcismi: «[Il paralitico] si alzò e subito presa la sua barella, sotto gli occhi di tutti se ne andò, e tutti si meravigliarono e lodavano Dio, dicendo: “Non abbiamo mai visto nulla di simile!”» (Mc 2,12); «Che è mai questo? Un insegnamento nuovo, dato con autorità. Comanda persino agli spiriti impuri e gli obbediscono!» (Mc 1,27). Sia i segni di misericordia che i segni di potenza sono espressione dell’amore misericordioso di un Dio che salva dal peccato e anche dal Maligno, che è all’origine della prima disgrazia dell’umanità. Il demonio è persona, seppur alla maniera di una non persona, e proprio sull’agire personale di quest’angelo ribelle, Gesù stesso ci invita a chiedere quotidianamente a Dio nella preghiera del Padre nostro la liberazione dai suoi lacci e la tutela dai suoi inganni. Il magistero ecclesiale afferma tutto ciò nella teologia del Padre nostro:

«L’ultima domanda al Padre nostro si trova anche nella preghiera di Gesù: “Non chiedo che Tu li tolga dal mondo, ma che li custodisca dal Maligno” (Gv 17,15). Riguarda ognuno di noi personalmente; però siamo sempre “noi” a pregare, in comunione con tutta la Chiesa e per la liberazione dell’intera famiglia umana […]. In questa richiesta, il Male non è un’astrazione; indica invece una persona: Satana, il Maligno, l’angelo che si oppone a Dio. Il “diavolo” (dia-bolos, colui che “si getta di traverso”) è colui che “vuole ostacolare” il Disegno di Dio e la sua “opera di salvezza” compiuta in Cristo. “Omicida fin dal principio”, “menzognero e padre di menzogna” (Gv 8,44), “Satana, che seduce tutta la terra” (Ap 12,9), è a causa sua che il peccato e la morte sono entrati nel mondo, ed è in virtù della sua sconfitta definitiva che tutta la creazione sarà liberata “dalla corruzione del peccato e della morte” (cf. Messale Romano, Preghiera Eucaristica IV). “Sappiamo che chiunque è nato da Dio non pecca: chi è nato da Dio preserva se stesso e il Maligno non lo tocca. Noi sappiamo che siamo nati da Dio, mentre tutto il mondo giace sotto il potere del Maligno” (1Gv 5,18-19)»[16].

Gesù vince Satana con la sua morte e resurrezione, pertanto la Redenzione da lui messa in atto è liberazione dell’uomo dai lacci del diavolo, questa vittoria è in un certo qual senso anticipata nella dinamica degli esorcismi. L’esorcismo praticato da Gesù presenta i caratteri tipici di una lotta contro una personalità altra, negativa, crudele e nemica dell’uomo, una lotta che sarà vinta definitivamente nell’avvento del mistero pasquale. La redenzione, però, occorre che deve essere assunta personalmente da ogni uomo mediante la scelta quotidiana di Dio, mediante la conversione del cuore. Il diavolo, pur essendo sconfitto da Cristo continua ad avere una certa influenza sull’uomo, quale creatura libera di scegliere tra lui e Dio.

Gesù affermando di scacciare i demòni in virtù dello Spirito Santo (cf. Mt 12,28) presenta gli esorcismi quale segno dell’avvento del Regno di Dio, quindi anche come prova della sua messianicità. La missione di Cristo è una tremenda lotta contro gli spiriti del male, in effetti tutta la sua vita di Cristo è un costante confronto, battaglia, tra il “forte” Satana, e il “più forte” Gesù. L’evangelista Marco, sottolinea più degli altri i “toni aspri” di questa battaglia. Mediante i racconti della liberazione degli indemoniati l’evangelo ci comunica una visione della storia, quella che si svolge nel mistero della fede: una lotta tra il bene e il male i cui protagonisti sono Dio e il Maligno. Questo contrasto tra Dio e Satana è una contesa in vista della salvezza/perdizione dell’uomo, che in nome della sua libertà può scegliere tra i due contendenti.

La presenza di Satana distrugge, aliena e disgrega l’uomo posseduto. Negli indemoniati l’immagine dell’uomo si è come frantumata ed è diventata irriconoscibile, essi, prigionieri di uno o tanti spiriti del male, sono incapaci di ribellarsi alla forza maligna che li tiene incatenati, incapaci di rispondere liberamente agli appelli di Gesù. In loro Gesù riconosce e combatte una potenza che non è quella dell’uomo, bensì una coscienza altra, personale e crudele: l’angelo che si è ribellato a Dio. Di fronte a Gesù Satana e i suo demòni, spodestati, non hanno potere assoluto sugli uomini, così come vorrebbero, non possono più restare “indisturbati” nei corpi dei posseduti, ma soprattutto intravedono la fine del loro tempo, perciò essi reagiscono furiosi e gridano: «Sei venuto a tormentarci?» (Mt 8,9). Il Nuovo Testamento quando parla di indemoniati riflette la mentalità popolare che attribuisce alcune malattie all’opera del demonio? Oggi disponiamo di più precise conoscenze intorno alle cause naturali di alcune malattie nervose e psichiche che danno luogo a forme simili a quelle descritte dai vangeli ma non possiamo escludere, come testimonia l’esperienza di provati ed esperti esorcisti, la compresenza sia di malattia psichiatrica che di mali malefici, casi del tutto difficili da affrontare, e che andrebbero affidati ai medici e solo per quanto è possibile al ministero di consolazione. Se volessimo vedere in ogni racconto niente altro che il risultato di una cultura prescientifica ci sfuggirebbe qualcosa di essenziale, che non può essere trascurato:

«Questi fatti e queste dichiarazioni – bene inquadrati, ripetuti e concordanti – non sono casuali e non è possibile trattarli come dati favolistici da smitizzare. Altrimenti, bisognerebbe ammettere che in quelle ore critiche la coscienza di Gesù, di cui è attestata la lucidità e la padronanza di sé davanti ai giudici, era in preda a fantasmi illusori, e che la sua parola era priva di ogni fermezza; ciò che contrasterebbe con l’impressione dei primi ascoltatori e dei lettori dei vangeli. Si impone perciò la conclusione: satana, che Gesù aveva affrontato con i suoi esorcismi, che aveva incontrato nel deserto e nella passione, non può essere il semplice prodotto della facoltà umana di favoleggiare e di personificare le idee, oppure un relitto aberrante di un lin­guaggio culturale primitivo»[17]

Il racconto sui demòni e su Satana che tengono legati gli uomini, ricordano in modo significativo «che tutto il mondo giace sotto il potere del maligno» (1Gv 5,19). Gesù rivela questo mistero, lo mette a nudo, lo chiama per nome, perché la sua autorità è più forte dei demòni, il cui potere mette in fuga col solo comando imperativo. Quali sono i casi di malattia descritti nel vangelo a cui Gesù impartisce ordini alle malattie? Gesù interagisce nei esorcismi con un essere personale, nella malattie, invece, si rapporta in maniera del tutto diversa. In virtù dell’ordine imperativo di Gesù l’uomo è liberato, guarito, il Regno viene.

Certo il diavolo può servire da pretesto per scaricare su di lui le nostre colpe, può diventare uno strumento di fuga dalle personali responsabilità, soprattutto nei casi di fedeli vittime della sua azione straordinaria: “ho compiuto questo peccato… perché sono stato istigato (comandato) dal diavolo…”. D’altronde, anche il periodo in cui la credenza nella stregoneria provocava terrore, torture e roghi, l’accusa di possessione diabolica era un mostruoso rigetto su altri di conflitti personali e sociali non risolti.

Lo scientismo avrebbe voluto debellare per sempre a livello razionale un certo modo di concepire il demonio, ma il mistero del male sussiste e il demonio assume di tempo in tempo, un volto diverso e occorre scoprirlo. Gesù liberatore degli indemoniati sollecita a discernere quanto il male del mondo dipende dalla volontà degli uomini, degli egoismi e degli interessi sfrenati, ma mette in guardia dal ridurlo semplicemente a limiti umani. Il Maligno, infatti, ha un forte potere di suggestione sugli uomini, influenzando così le loro scelte, in effetti egli è un essere spirituale e in quanto tale entra nella mente umana per confondere e indirizzare al male in nome di false e contraddittorie ragioni: presenta il male sotto forma di bene. In alcune situazioni di sofferenza non gli risulta difficile confondere la mente degli uomini nel ricercare aiuto presso gli operatori dell’occulto.

Gli esorcismi operati da Gesù segnano la chiara ed evidente sconfitta del demonio, seppur come anticipazione di quella sconfitta totale che avverrà mediante la sua passione, morte e risurrezione.  La vittoria di Gesù si attua nel presente storico: egli vince il Maligno con la potenza dell’obbedienza e dell’amore che raggiunge la sua pienezza sulla Croce. All’indemoniato di oggi non possiamo presentare quale unica fonte di guarigione il sacramentale dell’esorcismo, ma dobbiamo presentargli la testimonianza di Gesù: l’obbedienza, l’accettazione della volontà di Dio, una vita piena di amore verso tutti, consentono di preparare il terreno per la lotta, qualora il caso lo richieda, celebrata nel rito di esorcismo. Il peccato degli scribi è l’incredulità davanti ad una chiara evidenza: «Scaccia i demòni in nome del principe dei demòni» (Mc 3,22): Gesù esorcista ci insegna che il primo esorcismo lo viviamo proprio nell’adempimento della nostra fede: amare Dio e amare il prossimo.

La cultura moderna e il diavolo.

Diverse correnti culturali come l’illuminismo, il positivismo e il secolarismo hanno finito per imporre una soluzione tranquillizzante: il demonio, si dice, è una personificazione simbolica, un mito, uno spauracchio. A partire da queste basi arriviamo all’uomo moderno che manifesta una sospetta allergia a sentir parlare del diavolo come essere personale, ancor di più per ciò che riguarda la sua azione straordinaria nel mondo. Questa “soluzione o prospettiva” è stata assunta come riflessione di progresso anche da alcuni celebri teologi che hanno presentato la dottrina cattolica su angeli e demòni come puro simbolismo figurativo, liquidando il tutto verso due soluzioni: dato culturale d’importazione e personificazione degli attributi di Dio. Bisogna ricordare loro e a chi pensa come loro che la sapienza della Chiesa ci ricorda che lex orandi, lex credendi: dunque, perché l’esistenza e il rinnovamento del rito di esorcismo? Mero retaggio del passato? Intanto, però, nella società si manifesta un fenomeno inquietante: Satana, scacciato dalla porta, è rientrato dalla finestra, cioè scacciato dalla fede è rientrato dalla superstizione. Il mondo moderno, tecnologico e industrializzato pullula di maghi, streghe, stregoni di paese, spiritisti, dicitori di oroscopi, venditori di fatture e d amuleti e di altra gente simile, per di più non sono da escludere per la loro pericolosità le sette sataniche, i cui riti, strani, redditizi e in alcuni casi anche di carattere criminale, operano di preferenza proprio nelle città più industrializzate, nascondendosi dietro i volti di gente benestante e impensabile da classificare come persone adoratrice del diavolo. Nella nostra società si sta verificando qualcosa di simile a quello che l’apostolo Paolo rilevava nei pagani del suo tempo: «Mentre si dichiaravano sapienti, sono divenuti stolti ed hanno cambiato la gloria dell’incorruttibile Dio con l’immagine e la figura dell’uomo corruttibile, di uccelli, di quadrupedi e di rettili […]. E poiché hanno disprezzato la conoscenza di Dio, Dio li ha abbondanti in balia di un’intelligenza depravata» (Rm 1,21-23). Durante l’impressionante e sconvolgente periodo della seconda guerra mondiale Helmut Thielicke, teologo protestante, rettore dell’università di Amburgo, ha scritto:

«In questi tempi siamo venuti fin troppo in contatto con potenze demoniache … abbiamo provato e visto, più del bisogno uomini e interi gruppi sedotti e guidati da potenze misteriose, abbiamo osservato troppe volte uno spirito estraneo nelle persone trasformate fin nel profondo del loro essere; come le abbia spinte a crudeltà, ebbrezze di potere ed esplosioni di pazzia di cui prima non sarebbero stati capaci … Io dico che ne abbiamo viste troppe, ne siamo stati troppo spaventati, perché si possa continuare a chiedersi senza vergogna, se esista il diavolo».

Nonostante tutto assistiamo ad una lenta ma costante ripresa della riflessione demonologica, dove la domanda sul mistero del male è giunta così, per conto suo, alla stessa conclusione da cui parte la Sacra Scrittura: il mistero del male non si spiega solo con l’uomo, esso “precede l’uomo”, questo, infatti, è il senso della presenza del serpente nel racconto del peccato originale. Il mistero del Male “eccede” l’uomo: c’è un male così impensabile e raffinato che non può essere opera dell’uomo, ma che agisce sull’uomo che rifiuta liberamente la grazia santificante.

Nella sacra scrittura vi sono tutti i caratteri fondamentali per formulare una corretta teologia sui demòni:

  1. l’esistenza personale di potenze spirituali di segno negativo, spiriti ribelli;
  2. essi sono subordinati ad uno spirito capo, che la tradizione dei padri vede in Lucifero, rileggendo in chiave cristiana l’evento della caduta del re di Babilonia (cf. Is 12,14-15).
  3. Questi spiriti pervertiti hanno una interferenza reale con la storia e la vita dell’uomo: azione ordinaria (tentazione) e azione straordinaria (fenomeni diabolico straordinari).
  4. La verità più importante è che tutti questi spiriti del male sono tutti sottomessi alla signoria di Cristo, anche se conservano una certa iniziativa fino alla parusia, quando poi il loro tempo e operato finirà per sempre: «Afferrò il dragone, il serpente antico, cioè il diavolo, Satana e lo incatenò» (Ap 20,21).

“Credere” nell’esistenza personale del diavolo è dottrina cattolica, è una verità di fede, anche se non definita ex professo con un dogma. Quando il beato Paolo VI ha ricordato al popolo cristiano che esiste quest’essere personale, pervertito e pervertitore, spiacevole verità per molti, il mondo ha reagito “stracciandosi le vesti”, scandalizzato. Il mondo “ha riso”: si è trattato di una gaffe.

Papa Francesco, proprio sul tema della possessione diabolica, non ha temuto di “denunciare” i teologi che la mettono in discussione: «Ci sono preti che quando leggono questo brano di Luca [11,14-26] dicono: Gesù ha guarito una persona da una malattia psichica. Certamente è vero che si poteva confondere l’epilessia con la possessione del demonio, ma è anche vero che c’era il demonio. E noi non abbiamo il diritto di rendere la cosa tanto semplice, liquidandola come se si trattasse di malati psichici e non di indemoniati»[18].

Chi nega l’esistenza del demonio o della sua azione straordinaria sull’uomo (infestazioni, vessazioni, ossessioni, possessioni, malefici) non si rende conto che gli permette di “rientrare e coltivare” il suo terreno preferito che è quello del dubbio, della discussione intellettuale, che sospende ogni giudizio, e infine, del silenzio. Charles Pierre Baudelaire, poeta, scrittore e critico letterario, affermò sul demonio una celebre frase che è passata alla storia: «La maggior astuzia del Diavolo è convincerci che non esiste». La più grande vittoria di Satana è proprio questa di farci credere che egli non esiste, e ci è riuscito con molti.

Perché la demonologia è parte integrante, seppur “periferica”, della missione evangelizzatrice della chiesa? Perché la chiesa deve parlare di Satana? Non si può capire cosa significa scegliere Cristo se non si sa tra chi è la scelta, non si sceglie consapevolmente il Regno di Dio se non si prende conoscenza che esiste anche un altro regno alternativo a quello di Cristo, non esiste neutralità: questa è già militanza in uno dei due regni, ovvero quello di Satana. Il Battesimo cristiano nella sua struttura liturgica primitiva era espressione di questa scelta, il battezzando diceva: «Rinuncio a Satana», volgendosi al sole declinante verso l’Occidente; e poi diceva: «Credo in Te o Cristo» volgendosi al sole nascente verso l’Oriente. Tutta la vita cristiana è una scelta. Aver abolito uno dei due poli della scelta, quello negativo del demonio, tradisce nell’uomo secolarizzato di oggi la paura di dover scegliere, quando poi, invece, si cade nell’angoscia più radicale, perché scegliere e scommettere, come diceva Pascal, è necessario.

Conclusione.

Il terreno che abbiamo percorso è insidioso: il demonio può usare a nostro danno sia il troppo silenzio su di lui sia il troppo parlare di lui. In quest’ultimo caso si possono verificare facilmente due inconvenienti: o ci si illude o ci si confonde. Ci si illude se, chiamando in causa Satana per ogni nostra difficoltà o sbaglio, non prendiamo abbastanza sul serio la radice maligna che è in noi (l’egoismo, la concupiscenza, la superbia) e non prendendola sul serio non la mortifichiamo. In questo modo la nostra battaglia contro il demonio è vana: il nemico è da un’altra parte ed agisce indisturbato. In quest’orizzonte rischiamo di combattere contro i mulini a vento. Ci si confonde, se oltre ad attribuire al demonio i nostri sbagli, cominciamo anche ad attribuirgli tutti i fenomeni che avvengono intorno a noi: malattie, disturbi psichici, sofferenze. Non che il demonio non possa fare anche questo ma è pericoloso avventurarsi su questa strada senza un giusto discernimento, poiché si finisce per veder demòni in ogni angolo della nostra vita, quando poi la nostra attenzione dovrebbe essere volta a vedere Gesù in ogni angolo della nostra vita.

La Chiesa è molto saggia in merito alla teologia dei demòni: bisogna saper discernere gli spiriti. Niente esorcismi facili. Il Vangelo ci esorta senza dubbio alla pratica degli esorcismi, scacciare i demoni è una consegna costante fatta ai missionari del Regno, ma positivamente non ritualmente: non si tratta tanto di compiere i riti, quanto opere che mettano in fuga Satana. Cioè predicare e ascoltare la Parola del vangelo, proclamare Cristo come Signore, camminare in novità di vita, rinnovarci profondamente attraverso il sacramento della riconciliazione, come “sorella del Battesimo”, il tutto vissuto in una vera e sincera conversione del cuore. Tutto questo è anche esorcismo, perché fa avanzare il fronte della luce e fa indietreggiare quello delle tenebre e della menzogna, fa precipitare Satana come folgore, fa rovesciare gli idoli dietro ai quali abitualmente si nasconde: la menzogna filosofica, l’idolo del potere politico e militare, l’idolo del sesso e del consumismo, la calunnia e l’invidia.

La vita che riesce a superare la tomba è donata nella Chiesa nel sacramento del battesimo, ma se la vita battesimale viene sepolta e avanza una vita dove amore e perdono sono del tutto assenti, ci ritroviamo di nuovo rinchiusi in una vita psico-somatica, che per mezzo di uno sforzo intellettuale e morale vorrebbe sfondare nello Spirito, ma inutilmente. Lo dice apertamente Cristo a Nicodemo: «Nessuno è salito al cielo. Nessun uomo si è fatto dio, ma Dio si è fatto uomo. Bisogna rinascere dall’alto» (cf. Gv 3,1-21). Rinasciamo ogni qualvolta ci accostiamo con animo pentito al sacramento della riconciliazione, in esso si attua un vero e proprio esorcismo il cui ordine imperativo contro Satana è costituito dal dono gratuito della remissione dei peccati: Gesù paga il nostro “debito” col demonio e noi ci ritroviamo partecipi di quell’amore di Dio, che, unico, è capace di convertire il male nel bene.

Si fa, oggi, discretamente avanti la convinzione che in questa Europa ci vuole qualcuno che cambi il peccato in luce, che ci unisca a Dio, quello vero, non solo quello pensato e oggetto di dibattiti, ma soprattutto quello pregato ed amato, il Dio di Gesù Cristo.

La mia esperienza di vescovo esorcista.

Negli anni del mio episcopato in Acerra (2000-2013) mi sono imbattuto diverse volte nel contrastare il fenomeno dei maghi, dei fattucchieri e dei cartomanti, ricordo di aver negato l’autorizzazione a svolgere l’ufficio di padrino di cresima ad un noto cartomante, che, quotidianamente, esercitava il ruolo di mago in una televisione locale del napoletano. Questa mia ferma decisione suscitò “scintille” nel mago… Un’altra volta fui informato che in una parrocchia della diocesi si svolgevano mensilmente raduni di preghiera dove venivano deturpate azioni liturgico-sacramentali: si propagava l’idea di messe di guarigione, si ricorreva a forme magiche di devozioni specialmente quando il SS. Sacramento veniva portato tra la folla e ognuno toccava l’ostensorio con le mani o con fotografie o oggetti appartenenti ad ammalati o a bisognosi assenti. Venivano anche benedetti elementi naturali (sale, olio, acqua, candele, etc.) che potevano ingenerare il senso di magia. Una volta, sotto mentite spoglie, come un semplice presbitero, mi resi presente tra la folla dei fedeli e potei assistere di persona a questo spettacolo, che rasentava la magia. Dopo aver avvisato il parroco, scrissi al sacerdote che presiedeva quelle celebrazioni – che tra l’altro non apparteneva nemmeno alla diocesi – invitandolo a non presentarsi più in diocesi a tenere quelle riunioni di preghiera.

Nella società c’è una varietà multiforme di persone catturate dalle sette e dagli ingannatori delle sedute spiritiche, soggiogate dai maghi, incastrate in ogni forma di vizio, come gioco, sesso, alcool e droga.

«Il nuovo “Rito degli esorcismi” vede la luce in una situazione culturale segnata da una larga diffusione di pratiche cultuali deviate o apertamente superstiziose. La carenza in molte persone di un’incisiva esperienza di fede e di solide convinzioni religiose, la perdita di alcuni importanti valori cristiani e l’oscurarsi del senso profondo della vita concorrono a creare un clima di incertezza e di precarietà, il quale a sua volta favorisce il ricorso a forme di divinazione, a pratiche religiose venate di superstizione, a espressioni rituali di magia e talora perfino a riti estremamente aberranti, come quelli del culto a Satana […]. D’altra parte in ampi settori della cultura contemporanea viene spesso sottovalutata o negata la presenza e l’azione di Satana nella storia e nella vita personale»[19].

Quest’orizzonte di vita dedito al peccato e alla superstizione mi fece riflettere sul dominio del diavolo nel mondo e mi riportò alla mente il pressante invito che padre Gabriele Amorth faceva ai vescovi di nominare esorcisti nelle loro diocesi, per aiutare e consolare tanta gente che soffre e resta sola nella lotta col demonio, e che  cadono spesso nelle mani dei maghi perché non sanno a chi rivolgersi né tantomeno a chi parlare di un disagio, che il più delle volte resta incompreso, se non viene addirittura deriso. È quanto affermava con estrema decisione lo stesso Amorth:

«Gli esorcisti sono in genere malvisti da buona parte del clero stesso, dal quale sono spesso considerati esaltati. Non sono bene accetti, benché non solo siano membri del clero, ma in linea di principio possono essere considerati quasi migliori. Dico i migliori perché il Diritto Canonico dice che il vescovo, nominando l’esorcista, deve scegliere un sacerdote di preghiera, di cultura, equilibrato»[20].

 

Fu per questo che invitai il giovane sacerdote don Marcello Lanza ad approfondire i suoi studi di teologia in questa direzione ministeriale. Così nel 2011 lo nominai esorcista della diocesi di Acerra, figura che mancava nell’organigramma pastorale della diocesi da decenni. Contemporaneamente emanai le prime norme riguardanti l’esercizio ministeriale di questa delicata attività apostolica, e invitai il popolo di Dio a superare gli estremi della creduloneria, che porta alla magia, e della indifferenza, che può sfociare nella incomprensione. Ricordo con piacere la dedizione con cui don Marcello si dedicava a questo ministero, svolgendolo con competenza e sobrietà, e alimentandola con la preghiera e la sua fede umile e decisa. Un giorno, nel 2013, mi invitò, pressantemente, ad esorcizzare di persona un giovane posseduto dal demonio. In alcune sedute precedenti, don Marcello aveva diagnosticato con molta fatica lo stato di possessione diabolica in questo giovane, che a prima vista ne sembrava esente. Provai una sottile paura ad accettare, anche perché don Marcello mi aveva confidato le difficoltà incontrate da lui e dai suoi ausiliari nella celebrazione dei precedenti esorcismi su questo giovane indemoniato. Ma mi ripresi subito, ricordandomi che il vescovo è l’esorcista ordinario nella propria diocesi. Non potevo sottrarmi. Mi ricordai anche che don Marcello, già precedentemente mi aveva invitato a celebrare questo sacramentale per un adolescente, che accompagnato dai suoi genitori, fu da me esorcizzato nella cappella dell’episcopio. In quella circostanza tutto si svolse con tranquillità, nonostante la mia preoccupazione: avevo chiesto perdono della mia fragilità e rinnovai la fede in Cristo Salvatore. La domenica successiva notai, con gioia, il giovane esorcizzato che partecipava, con i suoi genitori, alla mia celebrazione eucaristica in cattedrale. È sbagliato considerare che un indemoniato non può entrare in chiesa, quell’adolescente era lì, ha partecipato alla santa messa e si è anche comunicato senza alcun problema. Confortato da questa esperienza, mi affidai alla Vergine Maria, madre della Chiesa e accettai di esorcizzare questo giovane che, lo capii subito, era un caso di possessione estrema. Fu una celebrazione combattuta, una vera lotta. Era un giovane trentenne, ben piazzato e robusto: durante lo stato di trance da possessione diabolica sprigionava una forza leonina, un’energia erculea: si rese necessario l’intervento di sei ausiliari che gli bloccarono le mani, le gambe, la testa e il petto. La sedia, ben solida in ferro battuto, a stento resse. Dopo i riti d’inizio previsto nel rito esorcistico, il giovane, o meglio, il demonio che lo possedeva esplose con tutta la sua forza: con gli occhi stravolti, rivoltati in alto, ringhiava e spumeggiava bava dalla bocca e aveva paura di toccare la stola viola che indossavo. All’improvviso gridò, rivolto a me: «Tu, che ci fai qua?». Il diavolo era spaventato e perciò dava energie sempre più forti al giovane posseduto. Ripetei il rito più volte aggiungendo sempre nuove invocazioni al Signore, mentre un certo timore cominciava a serpeggiare nel mio animo. Don Marcello mi assisteva e mi incoraggiava; e mi suggeriva di alzare il tono della voce, mettendoci più imperiosità nei comandi e più fede. Passarono circa due ore in questo “corpo a corpo”. Ad un certo punto del rito imposi al demonio che possedeva il giovane di rivelarmi il suo nome. Rispose: «Sono legione». Durante l’esorcismo, inoltre, il diavolo mi riconobbe come vescovo apostrofandomi «successore degli apostoli». Anche padre Amorth descrive le difficoltà incontrate nella celebrazione degli esorcismi: «Quante volte satana ha resistito ai miei comandi. Cristo è più forte di lui, ma spesso egli riesce a resistergli. Perché Satana, pur esseno assoggettato a Cristo, resta comunque una figura potente». Queste mie esperienze di vescovo esorcista mi hanno aiutato a capire con maggiore intensità che l’indemoniato è un membro della comunità e la sua sofferenza non può provocare una paura superstiziosa, ma deve suscitare un sentimento di amore e compassione per il disagio che un nostro fratelli vive. In questa mia convinzione trovai conforto nell’esperienza di un parroco esorcista[21] che così scrive in una sua relazione tenuta agli esorcisti: «Nella pastorale della parrocchia si sente urgenza di un ministero di consolazione e di accompagnamento per chi è tormentato dal Maligno… Una comunità parrocchiale dovrebbe farsi carico dei propri oppressi dal Maligno, senza considerarli una vergogna o motivo di spavento per i fanciulli, o possibili disturbatori della liturgia: insomma persone da tenere lontane o nascoste come fossero contagiose o indegne della comunità stessa». La chiesa nel Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari riconosce i posseduti dal demonio come i più poveri tra i poveri: «Il fedele che chiede l’esorcismo è un membro della comunità, uno dei quei membri che la comunità deve amare di amore preferenziale; infatti egli è il più povero dei poveri, bisognoso di aiuto e di consolazione. Il ministero dell’esorcista, perciò, oltre che di liberazione è anche un ministero di consolazione»[22].

I vescovi italiani riconoscono nella condizione del fedele indemoniato o soggetto ad altri fenomeni diabolici straordinari, una sofferenza, un dolore ed un’afflizione superiore a qualsiasi altra forma di sofferenza. In effetti eccede ogni schema di normalità l’essere costantemente in compagnia di un “ospite” indesiderato che fa sentire la sua presenza nel corpo e, soprattutto nella mente, influenzando con una certa forza il battezzato verso scelte nemiche al bene e alla felicità personale e comunitaria. Satana nella possessione diabolica tende a mantenere il dominio sulla persona e a desiderare la sua rovina, pertanto il battezzato posseduto dal demonio quando bussa alla porta della madre Chiesa e chiede l’esorcismo, è bisognoso di confessione e di consolazione: egli cerca quella pace e serenità che il diavolo gli ha tolto e che la Chiesa madre può restituirgli con la potenza santificatrice dei sacramenti e del sacramentale dell’esorcismo, l’accompagnamento fraterno nel suo cammino di liberazione.

[1] Sua Ecc.za mons. Giovanni Salvatore Rinaldi nasce a Cimitile il 3 maggio 1937, fin dalla fanciullezza entra nel seminario vescovile di Nola e in seguito in quello pontificio regionale di Posillipo, viene ordinato presbitero il 2 luglio 1961. In diocesi svolge vari incarichi: professore di filosofia, e di lingua francese, padre spirituale dei seminaristi, assistente diocesano di Azione Cattolica, parroco di diverse parrocchie, tra cui nella Parrocchia Collegiata Santa Maria delle Grazie in Marigliano. Il 7 dicembre 1999 è nominato vescovo della diocesi di Acerra, incarico che lascerà per essere giunto ai limiti di età nel 2013. Durante il suo episcopato, sensibile ai fedeli sofferenti nello spirito, dopo oltre trent’anni di assenza della figura dell’esorcista, nomina un sacerdote diocesano e riporta in diocesi il ministero degli esorcismi. Nella conferenza episcopale campana ricopre il ruolo di delegato per l’educazione, la scuola e l’università, e attualmente collaboratore della formazione degli esorcisti campani, accanto al responsabile Mons. Beniamino Depalma, arcivescovo emerito della diocesi di Nola. Mons. Rinaldi ha avuto esperienza diretta nel campo degli esorcismi, quando era Ordinario ha infatti più volte celebrato esorcismi sugli indemoniati, conoscendo di persona questa sofferente realtà.

[2] H. Denzinger, Enchiridion symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, a cura di P. Hunermann, EDB, Bologna 1995, 3002 [Denz].

[3] Coloro che affermano che il diavolo è solamente un simbolo del male, adottano tale principio anche per l’angelo, considerandolo simbolo del bene.

[4] Denz 800.

[5] Cf. Pio XII, Humani generis, in Enchiridion delle Encicliche 6. Pio XII 1939-1958, EDB, Bologna 1995, 726.

[6] Giovanni Paolo II, La partecipazione degli angeli nella storia della salvezza, 9/2: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, 28 voll., LEV, Città del Vaticano 1987, 327.

[7] Giovanni Paolo II, La partecipazione degli angeli nella storia della salvezza, 9/2: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, op. cit., 328.

[8] J. Maritain, Il peccato dell’angelo, Città Nuova, Roma 2014, 90.

[9] Cf. Catechismo della Chiesa Cattolica, LEV, Città del Vaticano 21999, 393 [CCC].

[10] Cf. ib., 2851.

[11] Francesco, Omelie del mattino. Nella Cappella della Domus Sanctae Marthae, IV, voll. 7, LEV, Città del Vaticano, 2014, 135-136.

[12] Paolo VI, Liberaci dal male, in Insegnamenti di Paolo VI, voll. V, Tipografia poliglotta vaticana, Città del Vaticano, 1973, 1169.

[13] J. Ratzinger-V. Messori, Rapporto sulla fede. A colloquio con Joseph Ratzinger, Paoline, Milano 1985, 150;145.

[14] Cf. Francesco, Omelie del mattino, VII, op. cit., 137.

[15] Anna Katharina Emmerick, Gesù negli anni della vita pubblica, San Paolo, Cinisello Balsamo 2014, 71.

[16] CCC 2850; 2852.

[17] Congregazione per la Dottrina della Fede, Fede cristiana e demonologia, in EV 5/1355.

[18] Francesco, Omelie del mattino, II, op. cit., 93.

[19] REPCP, Presentazione, 2;4.

[20] G. Amorth, Memorie di un esorcista. La mia vita in lotta contro Satana, Piemme, Milano 2010, 25.

[21] Don Ermes Macchioni, esorcista della Diocesi di Reggio Emilia Guastalla.

[22] REPCP, Presentazione, 16.

L’INSEGNAMENTO SUL DIAVOLO NEL «CATECHISMO DELLA CHIESA CATTOLICA» (CCC)

L’INSEGNAMENTO SUL DIAVOLO NEL «CATECHISMO DELLA CHIESA CATTOLICA» (CCC)

di S. Ecc. Mons. Raffaello Martinelli, Vescovo della diocesi di Frascati

Il CCC parla in varie parti del diavolo e dei demoni, presentando diversi aspetti che tale realtà implica:

  1. Chi è il diavolo?
  2. Cosa fa il diavolo?
  3. In quale modo Gesù si comporta con i demòni?
  4. Perché Dio “permette” a Satana di “tormentare” l’uomo?
  5. Come noi vinciamo il diavolo?
  6. Che cos’è un esorcismo?

Analizziamo, seppure sinteticamente, ognuno di questi vari aspetti.

  1. Chi è il diavolo? Meglio chi sono i diavoli (al plurale)?

I diavoli sono angeli buoni, creati da Dio, ma che poi da se stessi, per loro libera e irrevocabile scelta, si sono trasformati in malvagi, ribellandosi, rifiutando Dio.

Leggiamo nel CCC:

391: “La Chiesa insegna che all’inizio [il diavolo] era un angelo buono, creato da Dio. « Diabolus enim et alii dæmones a Deo quidem natura creati sunt boni, sed ipsi per se facti sunt mali – Il diavolo infatti e gli altri demoni sono stati creati da Dio naturalmente buoni, ma da se stessi si sono trasformati in malvagi » (Concilio Lateranense IV -anno 1215-, Cap. 1, De fide catholica: DS 800).

2851: “In questa richiesta (Liberaci dal male), il male non è un’astrazione; indica invece una persona: Satana, il maligno, l’angelo che si oppone a Dio. Il « diavolo » è colui che « si getta di traverso » al disegno di Dio e alla sua « opera di salvezza » compiuta in Cristo.

    2. Che cosa fa il diavolo?

Il CCC parla molto dell’azione del diavolo (attraverso la sua azione comprendiamo meglio il chi è il diavolo), collegandosi soprattutto alla scelta disobbediente di Adamo ed Eva ed evidenziando la stretta relazione -in vari modi- tra la caduta degli angeli e la caduta di Adamo ed Eva. Questa relazione ha vari aspetti:

  • Il diavolo come voce seduttrice:

CCC 391 “Dietro la scelta disobbediente dei nostri progenitori c’è una voce seduttrice, che si oppone a Dio, la quale, per invidia, li fa cadere nella morte”.

  • Il peccato, come caduta, sia degli angeli che dei progenitori:

CCC 392 “La Scrittura parla di un peccato di questi angeli. Tale « caduta » consiste nell’avere, questi spiriti creati, con libera scelta, radicalmente ed irrevocabilmente rifiutato Dio e il suo Regno”

  • Medesima è la tipologia di peccato:

CCC 392 “Troviamo un riflesso di questa ribellione nelle parole rivolte dal tentatore ai nostri progenitori: « Diventerete come Dio » (Gn 3,5). « Il diavolo è peccatore fin dal principio » (1 Gv 3,8), « padre della menzogna » (Gv 8,44)”.

  • Caratteristica comune del peccato: imperdonabile:

CCC 393 “A far sì che il peccato degli angeli non possa essere perdonato è il carattere irrevocabile della loro scelta, e non un difetto dell’infinita misericordia divina. «Non c’è possibilità di pentimento per loro dopo la caduta, come non c’è possibilità di pentimento per gli uomini dopo la morte ».

  • Opera la più grave:

CCC 394  “« Il Figlio di Dio è apparso per distruggere le opere del diavolo » (1 Gv 3,8). Di queste opere, la più grave nelle sue conseguenze è stata la seduzione menzognera che ha indotto l’uomo a disobbedire a Dio”.

  • Il diavolo: causa del peccato dei progenitori e delle conseguenze (morte…):

CCC 2852  “«Omicida fin dal principio […], menzognero e padre di menzogna» (Gv 8,44), « Satana, che seduce tutta la terra » (Ap 12,9), è a causa sua che il peccato e la morte sono entrati nel mondo, ed è in virtù della sua sconfitta definitiva che tutta la creazione sarà « liberata dalla corruzione del peccato e della morte ». «Sappiamo che chiunque è nato da Dio non pecca: chi è nato da Dio preserva se stesso e il maligno non lo tocca. Noi sappiamo che siamo nati da Dio, mentre tutto il mondo giace sotto il potere del maligno» (1 Gv 5,18-19)”

     3. Relazione tra Cristo e il diavolo: In quale modo Gesù si comporta con i demòni?

Cristo:

  •   Lui stesso è stato tentato dal diavolo:
  • direttamente nel deserto (cfr. Lc 4,1-13; cfr. CCC 538-540):

“La tentazione nel deserto mostra Gesù Messia umile, che trionfa su Satana in forza della sua piena adesione al disegno di salvezza voluto dal Padre” (CCC, 566); Cristo vince il diavolo ricorrendo alla Parola di Dio (cita la S. Scrittura) e riaffermando il primato di Dio;

  • o servendosi di Pietro (cfr. Mt 16,23);

n  Egli parla frequentemente del diavolo (cfr. ad es. Mt 4,10; Mc 4,15; Lc 10,18; Gv 8,44).

CCC 392 « Il diavolo è peccatore fin dal principio » (1 Gv 3,8), « padre della menzogna » (Gv 8,44).

CCC 394 “La Scrittura attesta la nefasta influenza di colui che Gesù chiama «omicida fin dal principio» (Gv 8,44)”.

  • Egli inoltre vince il demonio, e lo vince:
  • Nel nascere da una donna preservata dal peccato:

CCC 2853 “Egli (il drago) « si avventò contro la Donna » (Ap 12,13), ma non la poté ghermire: la nuova Eva, « piena di grazia » dello Spirito Santo, è preservata dal peccato e dalla corruzione della morte (concezione immacolata e assunzione della santissima Madre di Dio, Maria, sempre Vergine). « Allora il drago si infuriò contro la Donna e se ne andò a far guerra contro il resto della sua discendenza » (Ap 12,17).

  • Nella tentazione del deserto:

CC 539 “Così Gesù è vincitore del diavolo: egli ha legato l’uomo forte per riprendergli il suo bottino. La vittoria di Gesù sul tentatore nel deserto anticipa la vittoria della passione, suprema obbedienza del suo amore filiale per il Padre”;

CCC 540 “La tentazione di Gesù manifesta quale sia la messianicità del Figlio di Dio, in opposizione a quella propostagli da Satana e che gli uomini desiderano attribuirgli. Per questo Cristo ha vinto il tentatore per noi: «Infatti non abbiamo un sommo sacerdote che non sappia compatire le nostre infermità, essendo stato lui stesso provato in ogni cosa, a somiglianza di noi, escluso il peccato » (Eb 4,15). La Chiesa ogni anno si unisce al mistero di Gesù nel deserto con i quaranta giorni della Quaresima”.

  • Gesù predica la venuta del regno di Dio, la quale costituisce la sconfitta del regno di Satana: “Se io scaccio i demoni per virtù dello Spirito di Dio, è certo giunto fra voi il Regno di Dio” (Mt 12,28);
  • nel Vangelo di San Luca, leggiamo che Gesù comanda ai demoni, che lo riconoscono come il Figlio di Dio (cfr. Lc 4,41; 8,28…);
  • fra i miracoli che Gesù compie, ci sono liberazioni da possessioni diaboliche (cfr. Mc 1,25-26; 5,2-20): realizzando tali guarigioni, Egli ha vinto il demonio, causa di tali mali, mentre “ha preso le nostre infermità e si è addossato le nostre malattie” (Mt 8,17). Più volte gli Evangelisti ci narrano che Gesù pratica anche vari esorcismi, con i quali libera alcune persone dal tormento dei demoni, anticipando così la grande vittoria che egli attuerà sul principe di questo mondo (cfr. Mc 1,25-26), con la Sua Morte e Risurrezione;
  • Soprattutto nella sua Morte e Risurrezione: Gesù vince tutto il mondo del male con la Sua Morte e Risurrezione, con la quale vince Satana e definitivamente spezza il dominio dello spirito maligno (cfr. Col 2, 15; Ef 1, 21; Ap 12, 7-12):

CCC 1708 “Con la sua passione Cristo ci ha liberati da Satana e dal peccato. Ci ha meritato la vita nuova nello Spirito Santo. La sua grazia restaura ciò che il peccato aveva in noi deteriorato.

CCC 2853 “La vittoria sul «principe del mondo »  è conseguita, una volta per tutte, nell’Ora in cui Gesù si consegna liberamente alla morte per darci la sua vita. Avviene allora il giudizio di questo mondo e il principe di questo mondo è «gettato fuori ».

  • Nella discesa agli inferi:

allorquando, dopo la sua morte, discende negli inferi, Gesù riduce «all’impotenza, mediante la morte, colui che della morte ha il potere, cioè il diavolo» (Eb 2,14).

CCC 635 “Cristo, dunque, è disceso nella profondità della morte affinché i «morti» udissero «la voce del Figlio di Dio » (Gv 5,25) e, ascoltandola, vivessero. Gesù, «l’Autore della vita », ha ridotto « all’impotenza, mediante la morte, colui che della morte ha il potere, cioè il diavolo », liberando « così tutti quelli che per timore della morte erano soggetti a schiavitù per tutta la vita » (Eb 2,14-15). Ormai Cristo risuscitato ha «potere sopra la morte e sopra gli inferi » (Ap 1,18) e « nel nome di Gesù ogni ginocchio » si piega « nei cieli, sulla terra e sotto terra » (Fil 2,10).

  • Nell’invio che Gesù fa dei suoi apostoli, ai quali affida il potere di scacciare i demoni (cfr. Mc 3,15; 6,7.13; 16,17). Gesù li invia affinché:

CCC 1086 «annunziassero che il Figlio di Dio con la sua morte e risurrezione ci ha liberati dal potere di Satana e dalla morte e trasferiti nel regno del Padre, ma anche perché attuassero, per mezzo del sacrificio e dei sacramenti, sui quali s’impernia tutta la vita liturgica, l’opera della salvezza che annunziavano» (Sacrosanctum Concilium, 6).

  • Nel suo ritorno finale:

CCC 2852 “E’ in virtù della sua sconfitta definitiva che tutta la creazione sarà « liberata dalla corruzione del peccato e della morte ». «Sappiamo che chiunque è nato da Dio non pecca: chi è nato da Dio preserva se stesso e il maligno non lo tocca. Noi sappiamo che siamo nati da Dio, mentre tutto il mondo giace sotto il potere del maligno» (1 Gv 5,18-19)”;

 CCC 2853 “È per questo che lo Spirito e la Chiesa pregano: « Vieni, Signore Gesù » (Ap 22,17.20): la sua venuta, infatti, ci libererà dal male”

      4.  Perché Dio “permette” a Satana di “tormentare” l’uomo?

  •  La sua azione, “è permessa dalla divina Provvidenza, la quale guida la storia dell’uomo e del mondo con forza e dolcezza. La permissione divina dell’attività diabolica è un grande mistero, ma «noi sappiamo che tutto concorre al bene di coloro che amano Dio» (Rm 8,28)” (CCC 395). La vita terrena è un tempo di prova, durante il quale Dio consente al demonio di tentare e ‘saggiare’ l’uomo, mai però al di sopra delle sue forze. Sappiamo tuttavia per Fede che da questo male Dio sa trarre un bene più grande perché, con la sua grazia, il cuore esce purificato dalla prova e la Fede diviene più salda.
  • Ma non dimentichiamo che l’azione del diavolo è limitata:

CCC 395 “La potenza di Satana però non è infinita. Egli non è che una creatura, potente per il fatto di essere puro spirito, ma pur sempre una creatura: non può impedire l’edificazione del regno di Dio. Sebbene Satana agisca nel mondo per odio contro Dio e il suo regno in Cristo Gesù, e sebbene la sua azione causi gravi danni – di natura spirituale e indirettamente anche di natura fisica – per ogni uomo e per la società, questa azione è permessa dalla divina provvidenza, la quale guida la storia dell’uomo e del mondo con forza e dolcezza. La permissione divina dell’attività diabolica è un grande mistero, ma «noi sappiamo che tutto concorre al bene di coloro che amano Dio » (Rm 8,28).

Cristo è «il più forte» che ha vinto «il forte» (cfr. Lc 11, 22). “Abbiate fiducia – dice il Signore – Io ho vinto il mondo!” (Gv 16, 33).

       5. Come noi vinciamo il diavolo?

In vari modi, complementari:

  • Innanzitutto con una genuina vita di Fede, caratterizzata da fiducioso abbandono all’amore paterno e provvidente di Dio (cfr. Lc 12, 22-31), e dall’obbedienza alla sua volontà (cfr. Mt 6, 10), in imitazione di Cristo Signore (cfr. la III parte del CCC). Questo è lo scudo più sicuro. La più bella vittoria sull’influenza di Satana è la continua conversione della nostra vita, che ha una sua speciale e continua attuazione nel Sacramento della Riconciliazione (cfr. CCC II parte, II sezione, Cap. 2 i sacramenti di guarigione), mediante il quale Dio ci libera dai peccati, compiuti dopo il nostro Battesimo, ci ridona la Sua amicizia, e ci corrobora con la sua grazia per resistere agli assalti del Maligno.
  • Con una permanente vigilanza: «Vigilate. Il vostro nemico, il diavolo, come leone ruggente va in giro cercando chi divorare» (1Pt 5,8).
  • Accogliendo e testimoniando, sempre più, con la parola e con le opere, il Vangelo. Per questo occorre un annuncio integrale e coraggioso del Vangelo (cfr. I parte del CCC): non si deve avere paura di parlare anche del demonio, e soprattutto della vittoria che Cristo ha già riportato su di esso e continua a riportare nella persona dei suoi fedeli. Egli infatti si è unito all’uomo per distruggere con l’uomo e nell’uomo il potere delle tenebre.
  • Lottando:
  • contro le sue seduzioni e tentazioni (cfr. III parte, I sezione, art. 5 e 8): “Tutta intera la storia umana è infatti pervasa da una lotta tremenda contro le potenze delle tenebre; lotta incominciata fin dall’origine del mondo, che durerà, come dice il Signore, fino all’ultimo giorno. Inserito in questa battaglia, l’uomo deve combattere senza soste per poter restare unito al bene, né può conseguire la sua interiore unità se non a prezzo di grandi fatiche, con l’aiuto della grazia di Dio” (Concilio Vaticano II, Gaudium et spes, n. 37, 2).
  • contro le forme di divinazione, magie, stregonerie:

CCC 2116 “Tutte le forme di divinazione sono da respingere: ricorso a Satana o ai demoni, evocazione dei morti o altre pratiche che a torto si ritiene che «svelino» l’avvenire”;

CCC 2117 “Tutte le pratiche di magia e di stregoneria con le quali si pretende di sottomettere le potenze occulte per porle al proprio servizio ed ottenere un potere soprannaturale sul prossimo – fosse anche per procurargli la salute – sono gravemente contrarie alla virtù della religione. Tali pratiche sono ancora più da condannare quando si accompagnano ad una intenzione di nuocere ad altri o quando in esse si ricorre all’intervento dei demoni. Anche portare amuleti è biasimevole. Lo spiritismo spesso implica pratiche divinatorie o magiche. Pure da esso la Chiesa mette in guardia i fedeli. Il ricorso a pratiche mediche dette tradizionali non legittima né l’invocazione di potenze cattive, né lo sfruttamento della credulità altrui”;

CCC 2538 “Il decimo comandamento esige che si bandisca dal cuore umano l’invidia. «La morte è entrata nel mondo per invidia del diavolo » (Sap 2,24)”.

  • Fuggendo, evitando il peccato, che: “è un’offesa a Dio: «Contro di te, contro te solo ho peccato. Quello che è male ai tuoi occhi, io l’ho fatto» (Sal 51,6). Il peccato si erge contro l’amore di Dio per noi e allontana da lui i nostri cuori. Come il primo peccato, è una disobbedienza, una ribellione contro Dio, a causa della volontà di diventare «come Dio» (Gn 3,5), conoscendo e determinando il bene e il male. Il peccato pertanto è amore di sé fino al disprezzo di Dio” (CCC 1850).
  • Utilizzando il discernimento. “Lo Spirito Santo ci porta a discernere tra la prova, necessaria alla crescita dell’uomo interiore in vista di una «virtù provata», e la tentazione, che conduce al peccato e alla morte. Dobbiamo anche distinguere tra «essere tentati» e «consentire» alla tentazione. Infine, il discernimento smaschera la menzogna della tentazione: apparentemente il suo oggetto è «buono, gradito agli occhi e desiderabile» (Gn 3,6), mentre, in realtà, il suo frutto è la morte” (CCC 2847).
  • Pregando. “Se infatti Dio è dalla nostra parte, chi sarà contro di noi?” (Rm 8,31). Lo stesso Signore, nella preghiera del Padre nostro, ci ha insegnato a chiedere a Dio Padre: ‘Liberaci dal male”.  “Chiedendo di essere liberati dal male, noi preghiamo nel contempo per essere liberati da tutti i mali, presenti, passati e futuri, di cui egli (il diavolo) è l’artefice o l’istigatore. In quest’ultima domanda la Chiesa porta davanti al Padre tutta la miseria del mondo. Insieme con la liberazione dai mali che schiacciano l’umanità, la Chiesa implora il dono prezioso della pace e la grazia dell’attesa perseverante del ritorno di Cristo. Pregando così, anticipa nell’umiltà della Fede la ricapitolazione di tutti e di tutto in colui che ha «potere sopra la morte e sopra gli inferi» (Ap 1,18), «colui che è, che era e che viene, l’Onnipotente!» (Ap 1,8)” (CCC, 2854).
  • Ricorrendo talvolta anche all’esorcismo

       6. Che cosa è un esorcismo?

  • n L’esorcismo è un’antica e particolare forma di preghiera, che la Chiesa adopera contro il potere del diavolo. Si ha un esorcismo “quando la Chiesa domanda con la sua autorità, in nome di Gesù, che una persona o un oggetto sia protetto contro l’influsso del Maligno e sottratto al suo dominio” (CCC 1673).
  • È “una preghiera del genere dei sacramentali” (RITO DEGLI ESORCISMI, Praenotanda, n. 11). I sacramentali “sono segni sacri istituiti dalla Chiesa, per mezzo dei quali vengono santificate alcune circostanze della vita. Essi comportano una preghiera accompagnata dal segno della Croce e da altri segni” (Compendio del CCC, 351).

In quali forme si pratica l’esorcismo? In una duplice forma, semplice o solenne:

  • La forma semplice-ordinaria è quella in cui l’esorcismo viene praticato durante la celebrazione del Battesimo. “Dal momento che il Battesimo significa la liberazione dal peccato e dal suo istigatore, il diavolo, vengono pronunziati uno (o più) esorcismo(i) sul candidato. Questi viene unto con l’olio dei catecumeni, oppure il celebrante impone su di lui la mano, ed egli rinunzia esplicitamente a Satana. Così preparato, può professare la Fede della Chiesa alla quale sarà “consegnato” per mezzo del Battesimo” (CCC, 1237);
  • “L’esorcismo solenne, chiamato grande esorcismo, può essere praticato solo da un presbitero e con il permesso del Vescovo. In ciò bisogna procedere con prudenza, osservando rigorosamente le norme stabilite dalla Chiesa (cfr. Diritto Canonico, can. 1172). L’esorcismo mira a scacciare i demoni o a liberare dall’influenza demoniaca, e ciò mediante l’autorità spirituale che Gesù ha affidato alla sua Chiesa. Molto diverso è il caso di malattie, soprattutto psichiche, la cui cura rientra nel campo della scienza medica. È importante, quindi, accertarsi, prima di celebrare l’esorcismo, che si tratti di una presenza del maligno e non di una malattia” (CCC 1673).

 

IL GIUDIZIO DELLA SACRA SCRITTURA E DELLA DOTTRINA DELLA CHIESA CATTOLICA SULLE PRATICHE OCCULTE Catechesi a cura dell’Associazione Internazionale Esorcisti

IL GIUDIZIO DELLA SACRA SCRITTURA E DELLA DOTTRINA DELLA CHIESA CATTOLICA SULLE PRATICHE OCCULTE

Catechesi a cura dell’Associazione Internazionale Esorcisti

Si rimane davvero sorpresi per la frequenza dei riferimenti con cui nella Sacra Scrittura, Dio ci mette in guardia dalle diverse forme dell’occultismo.

Nel libro del Levitico 19,26 dice Dio: “Non praticherete alcuna sorta di divinazione e di magia”; e al cap. 19, 31: “Non vi rivolgete ai negromanti né agli indovini; non li consultate per non contaminarvi per mezzo loro. Io sono il Signore vostro Dio”. E nel libro del Deuteronomio 18, 12 dice ancora: “Non si trovi in mezzo a te…chi esercita la divinazione o il sortilegio o il presagio o la magia, né chi faccia incantesimi, né chi consulti i negromanti o gli indovini, né chi interroghi i morti, perché chiunque fa queste cose mi è in abominio”. Ricordiamo la lotta tra i maghi d’Egitto e Mosè che è descritta nei capitoli 7-8 del libro dell’Esodo, dove vediamo come Mosè -che agiva per volontà e mandato di Dio- era contrastato dai maghi del faraone. E sappiamo come Dio, attraverso Mosè, umiliò il faraone e i suoi maghi.

Una volta giunto nella terra promessa, il popolo, nonostante le grandi opere che Dio aveva fatto in suo favore, influenzato dalle popolazioni circostanti nelle quali erano diffusissime le pratiche magiche e idolatriche, spesso era tentato di rivolgersi ad altre fonti al di fuori di Dio per ascoltare quelle inquinate dei negromanti, che evocavano i morti, degli indovini, degli incantatori e dei falsi profeti.

Nella Sacra Scrittura i veri profeti di Dio Isaia, Geremia, Osea e altri collocano le pratiche magiche fra i comportamenti infedeli del popolo e dichiarano che gli indovini, i negromanti e gli stregoni fuorviano il popolo con l’idolatria.

Il profeta Isaia in particolare denuncia il comportamento del popolo che invece di trovare nella parola di Dio, la luce del proprio cammino, si ribellava a Lui e lo provocava cercando aiuto in culti idolatrici in onore degli dei “sacrificando alle divinità nei giardini, offrendo incenso sui mattoni” e “abitando nei sepolcri”, cioè prendendo sonno sui sepolcri pensando così di ricevere comunicazioni da parte dei morti, oppure “passando la notte in nascondigli” o “caverne”, per avere un oracolo da uno spirito o da un morto. Leggiamo al cap. 65 vv. 2-4 e v. 12 del libro del profeta Isaia: Dice il Signore: «Ho teso la mano ogni giorno a un popolo ribelle; essi andavano per una strada non buona, seguendo i loro capricci, un popolo che mi provocava sempre, con sfacciataggine. Essi sacrificavano nei giardini, offrivano incenso sui mattoni, abitavano nei sepolcri, passavano la notte in nascondigli […]. Avete fatto ciò che è male ai miei occhi, ciò che mi dispiace avete scelto».

A Geremia, Dio rivolse questa parola per il suo popolo: «Non date retta ai vostri profeti (qui Dio si riferisce a quelli che si facevano considerare profeti, ma che lui non aveva inviato e cioè i falsi profeti), indovini, sognatori, maghi e stregoni» (Ger 27, 9).

Ezechiele, annuncia la maledizione sulle false profetesse, che in realtà operavano pratiche magiche che talvolta avevano come scopo anche provocare la morte (leggi: Ez 13 vv. 18-23).

Annunciando la venuta nel mondo del Messia, Dio proclama attraverso Michea che dal nuovo popolo d’Israele dovrà scomparire ogni traccia di pratiche magiche che sono in aperto contrasto con la fiducia che deve essere riposta in Dio solo: «Ti strapperò di mano i sortilegi e non avrai più indovini» (Mi 5,11); attraverso Malachia Dio annuncia il suo giudizio su chi travia il popolo con la magia: «Io mi accosterò a voi per il giudizio e sarò un testimone pronto contro gli incantatori» (Mal 3, 5).

Continuando a scorrere le pagine dell’Antico Testamento, vediamo nel Primo libro di Samuele al cap. 28, vv.5-25, come lo stesso re Saul che aveva stabilito fuorilegge i negromanti e gli indovini, si lasciò tentare dal consultarne uno perché gli evocasse Samuele. Questo episodio fu quello che causò il definitivo rigetto di Saul da parte di Dio.

Un episodio che infonde tanta serenità in coloro che amano Dio e fanno la sua volontà, è quello del mago Balaam che su richiesta di Balak, mentre si accingeva a maledire il popolo d’Israele, Dio glielo impedì e addirittura fece scendere il suo spirito su di lui perché invece di maledire, benedicesse per tre volte Israele e perché profetizzasse come un vero profeta. La Sacra Scrittura chiude la descrizione di questo avvenimento con queste parole: «Poiché non vi è sortilegio contro Giacobbe e non vi è magia contro Israele: a suo tempo vien detto a Giacobbe e a Israele che cosa opera Dio» (Nm 23, 23). Il libro del Deuteronomio aggiunge che se anche fossero lanciate maledizioni contro i servi del Signore, esse ricadranno per opera di Dio stesso sui loro nemici: «Il Signore tuo Dio farà cadere tutte queste imprecazioni sui tuoi nemici e su quanti ti odieranno e ti perseguiteranno» (Dt 30,7).

Quando Gesù venne nel mondo, la sua predicazione e successivamente quella degli Apostoli, fu in sé stessa un antidoto contro le usanze pagane e le varie pratiche magiche.  Gesù disse: «Io sono la luce del mondo; chi segue me, non camminerà nelle tenebre, ma avrà la luce della vita» (Gv 8, 12). Se Gesù è venuto a liberare l’uomo dalle tenebre e da tutto ciò che porta l’uomo nelle tenebre, allora Gesù è venuto a liberarci anche dalle pratiche occulte che non solo non salvano l’uomo, ma  sono una via che permette al demonio di portare l’uomo sotto il suo potere distruttivo. Nelle pagine del Nuovo Testamento, come leggiamo in Lc 22, 53 e in Col 1,13, il potere del demonio è indicato come potere delle tenebre per l’odio che egli porta alla luce che è Cristo Gesù e per lo sforzo di attrarre gli uomini alle proprie tenebre.  È proprio anche abbracciando queste pratiche che l’umanità precipita nella più terribile oscurità.

Gesù ha diffuso la sua luce nel mondo annunciando il Regno di Dio, invitando alla conversione e confermando tale annuncio con guarigioni miracolose di persone affette dalle più diverse malattie e scacciando i demoni, cioè liberando persone possedute dal demonio. Gli esorcismi di Gesù non hanno nulla a che fare con la magia: anzi, ne sono l’antitesi. Gli esorcismi di Gesù sono azioni salvifiche che si discostano radicalmente da ogni pratica magica. Infatti, mentre la magia opera con la pretesa di servirsi del mondo degli spiriti, per influire sugli avvenimenti e sulle persone, Cristo Gesù invece opera in virtù della propria potenza divina. La magia, quando non si tratta di semplice imbroglio, opera implicitamente o esplicitamente, evocando l’azione di Satana e degli spiriti demoniaci che Cristo Gesù, essendo Dio, caccia con la sola forza della sua parola. Anche il potere che Gesù ha conferito ai suoi discepoli e alla Chiesa di cacciare i demoni nel suo nome, sono esercizio del suo potere salvifico perché la reale espulsione dei demoni può essere solo opera di Dio e della sua potenza. Quindi quando Gesù caccia i demoni, rivela che nella sua persona si manifesta la presenza di Dio e l’ingresso del suo Regno tra gli uomini per sottrarli al dominio di Satana. Gli esorcismi di Gesù e quelli che Egli ha comandato alla sua Chiesa di operare nel suo nome, sono un segno perciò della venuta del Regno di Dio nel mondo, della sua attività salvifica tra gli uomini, dell’amore senza limiti che Dio ha per gli uomini e della Sua vittoria su Satana. Per questo Gesù disse: «Se io scaccio i demoni per virtù dello Spirito di Dio, è certo giunto tra voi il Regno di Dio» (Mt 12, 28). Gesù cacciando i demoni si discosta radicalmente non solo da ogni pratica magica, ma anche dagli esorcisti del mondo ebraico del suo tempo, i quali avevano l’unico scopo di liberare le persone da influssi diabolici; non c’era traccia negli esorcisti contemporanei di Gesù di un qualsiasi legame tra l’espulsione dei demoni e la venuta del Regno di Dio.

Un particolare da notare è che i Vangeli descrivono molto l’attività esorcistica di Gesù e ci dicono che Gesù ha fatto esorcismi sia in territorio ebraico che fuori del territorio ebraico, ma non ci dicono nulla circa le cause della possessione diabolica.

Alla luce di quanto abbiamo esaminato nella storia dell’antico popolo di Dio, sovente tentato di darsi sia a pratiche magiche sia a pratiche idolatriche (con il culto ai falsi dei), riteniamo che alcune persone che Gesù, nella sua bontà, ha liberato dal potere del demonio, erano state ad egli soggetto a causa dell’occultismo praticato o subito anche ai tempi del Messia. Seppure, tali pratiche, erano infatti proibite dalla religione giudaica, sappiamo dalle fonti storiche a noi giunte, che esse erano diffuse non solo tra le popolazioni circostanti, ma anche nel territorio ebraico, come del resto -purtroppo- lo sono anche oggi nelle nazioni di antica cristianità.

Ecco allora il motivo per cui anche nelle pagine del Nuovo Testamento, come in quelle dell’Antico Testamento, troviamo affermazioni esplicite di riprovazione dell’occultismo e confronti diretti tra i servi dell’unico vero Dio e i maghi.

Esempi di dichiarazione esplicita di condanna dell’occultismo ce li dà l’Apostolo Paolo. In una lettera da lui inviata alla comunità cristiana dei Gàlati, elenca tra le opere che estromettono dal Regno di Dio anche le stregonerie (Gal 5, 20).  L’apostolo Giovanni nel libro dell’Apocalisse esclude dalla Gerusalemme Celeste chi non rinunzia al culto ai demoni, alla stregoneria e i maghi e fattucchieri di qualsiasi genere (leggi: Ap 9, 20-21; 21, 8; 22, 15).

Esempi di confronti diretti tra i discepoli di Gesù e i maghi sono i seguenti. Nel libro degli Atti degli Apostoli vediamo che quando Simone il mago, credendo di rafforzare i suoi poteri magici, disse a San Pietro, primo papa della Chiesa, che era pronto a pagarlo pur di acquistare il potere spirituale che vedeva all’opera negli Apostoli, Pietro gli rispose con parole molto dure dicendo: «Possa andare in rovina, tu e il tuo denaro, perché hai osato pensare di acquistare con i soldi il dono di Dio. Non hai nulla da spartire né da guadagnare in questa cosa, perché il tuo cuore non è retto davanti a Dio. Convertiti dunque da questa tua iniquità e prega il Signore che ti sia perdonato. Ti vedo infatti pieno di fiele amaro e preso nei lacci dell’iniquità» (Atti 8, 20-22).

Sempre nel Libro degli Atti degli Apostoli ci viene narrato che quando Paolo e Barnaba giunsero sull’isola di Cipro, chiamati dal proconsole Sergio Paolo che desiderava ascoltare la loro predicazione, furono contrastati da un mago che era al seguito del proconsole. Il mago cercava di impedire che il proconsole si convertisse alla fede cristiana. Allora «Paolo, pieno di Spirito Santo, fissò gli occhi sul mago e disse: “O uomo pieno di ogni frode e di ogni malizia, figlio del diavolo, nemico di ogni giustizia, quando cesserai di sconvolgere le vie diritte del Signore? Ecco, la mano del Signore è sopra di te: sarai cieco e per un certo tempo non vedrai il sole”. Di colpo piombò su di lui oscurità e tenebra, e brancolando cercava chi lo guidasse per mano. Quando vide l’accaduto, il proconsole credette, colpito dalla dottrina del Signore (At 13, 9-12).

In questo episodio del mago che per aver tentato di contrastare l’evangelizzazione di Paolo e Barnaba sull’isola di Cipro, fu colpito da improvvisa cecità, Dio ci vuol far capire che chi si dà alla magia è come se fosse cieco di fronte alla verità. Nel momento in cui San Paolo si rivolse al mago definendolo figlio del diavolo, Dio ci rivela che chi si dà alla magia entra in un legame molto stretto con il diavolo.

Ancora San Paolo è protagonista di uno scontro con una schiava indovina nella quale agiva il demonio che la faceva divinare. Nel nome di Gesù San Paolo cacciò lo spirito di divinazione da quella donna dicendo: «In nome di Gesù Cristo ti ordino di partire da lei”. E lo spirito partì all’istante» (At 16, 18).

Continuando a leggere le pagine del libro degli Atti degli Apostoli, al cap. 19 v.20, siamo informati che grazie alla predicazione di San Paolo nella città di Efeso, nota nel mondo antico per gli “scritti efesini” di magia, “la parola del Signore cresceva e si rafforzava” e una delle più convincenti conseguenze fu che «molti di quelli che [ad Efeso] avevano abbracciato la fede venivano a confessare in pubblico le loro pratiche magiche e un numero considerevole di persone che avevano esercitato le arti magiche portavano i propri libri e li bruciavano alla vista di tutti. Ne fu calcolato il valore complessivo e trovarono che era di cinquantamila monete d’argento (At 19, 18-19).

I Padri della Chiesa, in continuità con l’Antico e il Nuovo Testamento, hanno condannato l’esercizio delle arti magiche e hanno dichiarato che praticare la magia significa non riconoscere il messaggio di salvezza di Nostro Signore Gesù Cristo e intrattenere un rapporto esplicito o implicito con Satana, scavalcando in un certo senso Dio.

La Didachè, il più antico catechismo cristiano, pone tra le vie che conducono alla morte, accanto all’idolatria, la magia e gli incantesimi.

L’esposizione odierna della dottrina della Chiesa riguardo le diverse forme di occultismo si trova nel Catechismo della Chiesa Cattolica (CCC), all’interno della trattazione dei peccati contro il Primo Comandamento ai numeri 2115-2116-2117. Tutte le pratiche occulte, infatti, rientrano nei peccati contro il Primo Comandamento, in quanto secondo l’insegnamento biblico, rappresentano, un atto di apostasia da Dio, unico salvatore del suo popolo (Dt 13, 6). Ricorrendo alle arti occulte l’uomo non chiede e non cerca salvezza in Dio, l’unico che può salvarlo e che merita la sua totale fiducia, ma nelle creature; le arti occulte, equivalgono pertanto a un gesto di ribellione nei Suoi confronti” (cfr 1 Sam 15, 23).

Leggiamo ora quello che ci insegna il Catechismo della Chiesa Cattolica:

  • 2115 «Dio può rivelare l’avvenire ai suoi profeti o ad altri santi. Tuttavia il giusto atteggiamento cristiano consiste nell’abbandonarsi con fiducia nelle mani della Provvidenza per ciò che concerne il futuro e a rifuggire da ogni curiosità malsana a questo riguardo. L’imprevidenza può costituire una mancanza di responsabilità».
  • 2116 «Tutte le forme di divinazione sono da respingere: ricorso a Satana o ai demoni, evocazione dei morti o altre pratiche che a torto si ritiene che “svelino” l’avvenire [Cf Dt 18,10; Ger 29,8]. La consultazione degli oroscopi, l’astrologia, la chiromanzia, l’interpretazione dei presagi e delle sorti, i fenomeni di veggenza, il ricorso ai medium occultano una volontà di dominio sul tempo, sulla storia ed infine sugli uomini ed insieme un desiderio di rendersi propizie le potenze nascoste. Sono in contraddizione con l’onore e il rispetto, congiunto a timore amante, che dobbiamo a Dio solo».

Dopo aver messo in guardia i fedeli dalle pratiche tese alla conoscenza, attraverso le vie della divinazione, al numero 2117 il CCC deplora quelle pratiche che mirano al potere soprannaturale sul prossimo:

  • 2117 «Tutte le pratiche di magia e di stregoneria con le quali si pretende di sottomettere le potenze occulte per porle al proprio servizio ed ottenere un potere soprannaturale sul prossimo – fosse anche per procurargli la salute – sono gravemente contrarie alla virtù della religione. Tali pratiche sono ancor più da condannare quando si accompagnano ad una intenzione di nuocere ad altri o quando in esse si ricorre all’intervento dei demoni. Anche portare gli amuleti è biasimevole. Lo spiritismo spesso implica pratiche divinatorie o magiche. Pure da esso la Chiesa mette in guardia i fedeli. Il ricorso a pratiche mediche dette tradizionali non legittima né l’invocazione di potenze cattive, né lo sfruttamento della credulità altrui».

Chiudiamo le citazioni del CCC, sempre attuali, perché oggi, come nel passato, molti si lasciano sedurre dalle vie false e ingannevoli dell’occultismo e ricercano su di esse il successo, la facile soluzione ai problemi della vita o persino colpire e fare del male ad altre persone. Anche ai nostri tempi, perciò, incontriamo persone danneggiate dal contatto con l’occultismo, o che hanno subito danni da chi l’ha utilizzata contro di loro e noi esorcisti spesso siamo chiamati a intervenire per porre rimedio ai danni provocati dall’uso dell’occultismo. A tal proposito la Conferenza Episcopale Italiana (CEI), nella presentazione della versione in lingua italiana del Rito degli esorcismi, al paragrafo 8, dopo aver invitato i pastori d’anime a «esortare i fedeli a non ricorrere mai a coloro che praticano la magia o si professano detentori di poteri occulti o medianici o presumono di aver ricevuto poteri particolari», aggiunge: «Nel dubbio circa la presenza di un influsso diabolico è necessario rivolgersi prima di tutto al discernimento dei sacerdoti esorcisti e ai sostegni di grazia offerti dalla Chiesa soprattutto nei Sacramenti».

Sempre la Conferenza Episcopale Italiana, nella presentazione della versione in lingua italiana del Rito degli esorcismi, al paragrafo 2 afferma che «la perdita di alcuni importanti valori cristiani e l’oscurarsi del senso profondo della vita, … favorisce il ricorso a forme di divinazione ….. a espressioni rituali di magia e talora perfino a riti estremamente aberranti come quelli del culto a Satana». Con queste parole si allude alla possibilità di un influsso diabolico riconoscendo che il ricorso a pratiche magiche e medianiche espone al rischio di problemi di ossessione, vessazione o possessione diabolica. L’occultismo infatti non è sempre e solo imbroglio. Alcuni, pensano che esso sia una credulità popolare senza alcun fondamento. Certamente esiste un occultismo che è solo imbroglio, perché operato da semplici millantatori, il cui unico potere è costituito dalla chiacchiera e dalla furbizia, con il fine di sottrarre denaro alle persone, e sono la maggioranza, ma dobbiamo affermare decisamente che non tutto l’occultismo è solo imbroglio o vana credenza priva di ogni fondamento.  C’è senza dubbio anche un occultismo per così dire concreto, reale per il quale demonio grazie alla cooperazione dell’uomo, riesce a esplicare sulle persone e sulle cose la sua azione straordinaria.

Nel 1993 il Cardinale Ratzinger fu intervistato dal giornalista Ignazio Artizzu. Riportiamo alcune interessanti domande e risposte attinenti al tema dell’occultismo:

Eminenza, cosa è la magia?

«La magia è l’uso di forze apparentemente misteriose per avere un dominio sulla realtà fisica e anche psicologica. Il tentativo, cioè, di strumentalizzare le potenze soprannaturali per il proprio uso. Con la magia si esce dal campo della razionalità e dell’utilizzo delle forze fisiche insegnate dalla scienza. Si cerca  -e a volte anche si trova- un modo di impadronirsi della realtà con forze sconosciute. Può essere in molti casi una truffa, ma può anche darsi che con elementi che si sottraggono alla razionalità si possa entrare in un certo dominio della realtà». ….. «[La magia] È una inversione e perversione della relazione più profonda del nostro essere: invece di adorare Dio, di sottomettersi a Dio, l’uomo intende farsi dominatore della realtà usando queste potenze occulte, e si sente il vero dominatore».

Eminenza «San Paolo, a Cipro, definisce pubblicamente il mago Elimas “figlio dei diavolo”. Possiamo dunque affermare con certezza che dietro la magia e il mondo dell’occulto c’è sempre il demonio?».

«Si. Io direi che senza il demonio, che provoca questa perversione della creazione, non sarebbe possibile tutto questo mondo dell’occultismo e della magia. Entra in gioco un elemento che va oltre le realtà della ragione e le realtà riconoscibili con la scienza, unita ad una ragione sincera. Si offre un elemento apparentemente divino, cioè delle forze che possono prestare dei successi, esperienze che appaiono come soprannaturali e spesso come divine. Sono invece una parodia del divino. Poteri, ma poteri di caduta, che in realtà sono ironie contro Dio».

«E’ questa la radice della ferma condanna espressa anche dalla Chiesa nei confronti della magia e dell’occultismo?».

«Si. Ciò comincia nell’Antico Testamento: pensiamo al conflitto tra Samuele e Saul. …… Questa condanna continua in tutta la storia della Rivelazione e riceve la sua ultima chiarezza nel Nuovo Testamento. Non è – sia chiaro – un positivismo che vuole escludere qualcosa della ricchezza dell’essere o delle esperienze possibili, ma la verità di Dio che si oppone alla menzogna fondamentale. Il nome del diavolo nella Sacra Scrittura, “padre della menzogna”, diventa comprensibile in modo nuovo se consideriamo tutti questi fenomeni, perché qui troviamo realmente la menzogna nella sua purezza totale».

In quale forma?

«L’uomo si fa dominatore del mondo sfruttando ciò che appare come Dio e quindi usa il potere per dominare il mondo in sé stesso, entrando così in una menzogna radicale. Questa menzogna appare in un primo momento come un allargamento del potere, delle esperienze, come una cosa bellissima: io divento Dio. Ma alla fine la menzogna è sempre una realtà che distrugge. Vivere nella menzogna vuol dire vivere contro la realtà e quindi vivere nell’autodistruzione. In questo senso possiamo vedere due aspetti di questa proibizione. Da una parte, semplicemente, le pratiche occulte e magiche sono da escludere perché pervertono la realtà, sono menzogne nel senso più profondo. Il secondo aspetto, quello morale dopo quello ontologico, è che, opposte alla verità, le pratiche occulte sono distruttive e distruggono l’essere umano cominciando dal suo nucleo».

Eminenza «si afferma che esistono forme di magia e divinazione innocue e “leggere”, come la lettura della mano, le carte e gli oroscopi. E si ironizza sul Nuovo Catechismo, che le ha condannate. Esiste una scala di gravità o sono tutte dello stesso ceppo, e quindi tutte gravi?».

«Esiste forse un uso più leggero, ma comunque non accettabile, perché apre la porta all’occulto. Se uno comincia a muoversi in questa direzione c’è il pericolo di cadere nella trappola più profonda. Ma il fatto che si scivola facilmente, e spesso inevitabilmente, una volta entrati in questo cammino, non deve portarci ad un rigorismo che non distingue più tra comportamenti che sono simbolo di una certa leggerezza di vita e il modo di agire di coloro che sono entrati nel pieno di queste situazioni. Una certa distinzione esiste senza dubbio, ma si deve tenere presente che un gradino guida facilmente all’altro, perché il terreno è scivoloso».

«Cosa direbbe a chi frequente la Chiesa e anche agli occultisti, o pratica egli stesso l’occultismo, credendo che l’una cosa non debba escludere l’altra?»

«Gli direi che deve cominciare a capire meglio la fede e inserirsi profondamente nel cammino cristiano, per capire che sono cose del tutto diverse. Se ascolto la Parola del Signore, con la mano nella mano del Signore, mi lascio guidare dall’amore di Cristo, mi inserisco nella grande comunione della Chiesa, andando insieme con la Chiesa sulla strada di Cristo. Ben diverso è se io comincio a entrare nella realtà grave dell’occultismo. I due atteggiamenti sono dall’inizio profondamente diversi. Capire questa distinzione è una decisione fondamentale dell’uomo, è il passo iniziale del cammino della fede. Pensiamo al rito del Battesimo, dove abbiamo da una parte il “si” al Signore e alla sua legge, e dall’altra il “no” a Satana. In tempi passati ci si voltava verso l’oriente per dire “si” al Signore e verso l’occidente per dire “no” alle seduzioni del diavolo. Con questo rito, nato in tempi in cui, come accade oggi, la Chiesa era circondata e attaccata dalle pratiche occulte, si capisce la diversità inconciliabile di questi due comportamenti. lo dico “si” al cammino del Signore e questo implica che dica il mio “no” alle pratiche magiche. Dobbiamo rinnovare in senso molto concreto e realistico questa duplice decisione. Dire “si” a Cristo implica che non posso “servire due padroni”, come dice il Signore stesso, e se dico “si” al Signore non posso nello stesso momento dire “si” a questi poteri nascosti, ma devo dire: “no, non accetto la seduzione del diavolo”. E forse, in occasione del rinnovamento dei voti battesimali che facciamo nella notte di Pasqua, si dovrebbe spiegare che ciò che pronunciamo non è un antico rituale, ma una decisione importante per la nostra vita oggi, un atto concreto e realistico».

«Esiste un punto di non-ritorno per chi ha dato la propria vita alla magia?»

E’ difficile rispondere. Se uno è entrato in ciò che il Signore chiama “peccato contro lo Spirito Santo “, come avversione a Dio e maledizione dello Spirito di Dio, pervertendo il suo spirito, aprendolo all’azione del demonio, qui si realizza forse quello che il Signore indica come il punto del non ritorno. Ma da parte nostra non possiamo giudicare questo. Noi dobbiamo dire sempre: c’è la speranza di conversione. Naturalmente, se uno è entrato in questo mondo, una conversione radicale diventa necessaria, ed è una conversione che si fa sempre più difficile, realizzabile solo con l’aiuto forte dello Spirito Santo implorato dalla Comunità della Chiesa che intende aiutare queste persone a tornare a Dio. Quindi dobbiamo sempre avere la speranza, e fare il possibile per implorare il perdono di Dio, e per illuminare queste persone e renderle aperte ad una conversione profonda. Occorre poi l’espulsione del demonio. Un rito la cui importanza, per un certo tempo, non è stata più capita dai cristiani, ma che ora riceve di nuovo un senso e un significato molto concreto. Perché si tratta di liberare le persone dal demonio che, a causa del contatto con la magia e l’occultismo, si è realmente impossessato di loro.

«Quindi sono necessari gli esorcismi?»

Certamente.

Eminenza «talvolta la gente recepisce questo discorso, ma lamenta una scarsa informazione da parte degli stessi uomini di Chiesa. Cosa fare di più per informare gli sprovveduti?».

«Dobbiamo trovare nuove forme di apostolato. Il dilagare dell’occultismo nelle forme attuali è un fenomeno abbastanza recente. Ancora dieci anni fa ci mancava anche l’informazione in proposito. Forse non eravamo preparati a questo attacco, e non abbiamo preparato sufficientemente i fedeli. Mi sembra che dovremmo predisporre brevi informazioni che dicano l’essenziale in modo comprensibile. Dobbiamo inserire questo discorso anche nelle catechesi per gli adulti e nella formazione permanente di ogni cristiano».

Abbiamo ascoltato alcuni punti di questa intervista fatta al cardinale Ratzinger, futuro Papa Benedetto XVI. Anche il suo successore, Papa Francesco, non ha comunque mancato di dire qualcosa su quest’argomento. In una omelia, durante la Messa a Santa Marta il 5 aprile 2013, così egli si espresse: «In questo mondo che ci offre tanti salvatori, è solo il nome di Gesù che salva”. … Molti per risolvere i loro problemi ricorrono ai maghi o ai tarocchi. Ma solo Gesù salva e dobbiamo dare testimonianza di questo! Lui è l’unico. E la Madonna sempre ci porta a Gesù, come ha fatto a Cana quando ha detto: “Fate quello che Lui vi dirà”. Affidiamoci a Gesù e facciamo a lui questa preghiera fiduciosa”, ”ci farà bene”».

Sempre nella Messa a Santa Marta, il 18 aprile 2016 durante l’omelia egli ha ripreso l’argomento con queste parole: «Non fidatevi di cartomanti e presunti veggenti». Ha poi messo in guardia i fedeli da «delinquenti e contrabbandieri di verità», perché «solo chi segue Gesù non sbaglia». Alla larga da «quelli che non sono Gesù, che entrano dalla finestra, sono briganti, distruggono e ingannano». Nella vita quotidiana, infatti, le decisioni vanno prese esclusivamente «in nome di Gesù e non di contrabbando».

Alle «villas miseria», le baraccopoli di Buenos Aires dove Jorge Mario Bergoglio è stato prete di strada tutta la vita, fattucchiere e maghi sono presenze incombenti e capillarmente diffuse. Papa Francesco riferisce la confidenza ricevuta da un parrocchiano argentino: «Le cose sono difficili, tante volte non vedo chiaro cosa fare, mi hanno detto che là c’è una veggente e sono andato là dal cartomante che mi ha girato le carte». Nel suo recente libro intervista «Il nome di Dio è misericordia», il papa approfondisce un fenomeno in continua crescita: «Dobbiamo chiederci perché così tante persone, uomini e donne, giovani e anziani di ogni estrazione sociale, oggi ricorrano ai maghi e ai chiromanti», sottolinea il Pontefice. E cita lo scrittore inglese Gilbert Keith Chesterton: «Chi non crede in Dio, non è vero che non crede in niente, anzi comincia a credere a tutto».

Il Papa riferisce il racconto di un amico: «Ai tempi di mia nonna bastava il confessore, oggi tante persone si rivolgono ai chiromanti, oggi si cerca salvezza dove si può». Commenta il Papa: «Ci sono sempre stati indovini, maghi, chiromanti, ma non c’era così tanta gente che cercava presso di loro salute e guarigione spirituale». Infatti, «le persone cercano soprattutto qualcuno che le ascolti, qualcuno disposto a donare il proprio tempo per ascoltare i loro drammi e le loro difficoltà». Il Papa lo chiama «l’apostolato dell’orecchio». E aggiunge: «E’ tanto importante, perciò ai confessori mi sento di dire: parlate, ascoltate con pazienza, dite anzitutto alle persone che Dio vuole loro bene». L’unico antidoto alla superstizione.

 

ESISTENZA E ATTIVITÀ DEL MONDO DEMONIACO Catechesi a cura dell’Associazione Internazionale Esorcisti

Introduzione

Nella Sacra Scrittura, Satana e i demoni sono chiaramente presentati non come “un simbolo” del male, né figure mitiche, né personificazioni del male o del peccato, né allegorie, ma esseri reali e spirituali, cioè non dotati di un corpo come gli uomini: «angeli creati buoni da Dio, che si sono trasformati in malvagi, perché con libera scelta, hanno rifiutato Dio e il suo Regno»[1]. Il loro intelletto e la loro volontà sono protesi totalmente al male e agiscono cercando di propagare anche nel mondo umano la loro stessa scelta per il male con il fine di separare gli uomini da Dio e per fare questo sfruttano la possibilità che hanno d’interferire con la vita degli esseri umani ad un duplice livello: con un’azione ordinaria, tentandoli, cioè, al male e con un’azione che è definita straordinaria, perché più rara e perché si manifesta talvolta con effetti visibili e percepibili. Secondo le varie forme con cui un essere umano è soggetto a questa azione del demonio, è definito con l’espressione “posseduto dal demonio” o “indemoniato”, oppure “vessato” od “ossesso” dal demonio. Per gli oggetti e i luoghi si usa invece il termine “infestazione diabolica”. Tali termini però non sono del tutto adeguati e si prestano a dei fraintendimenti, in quanto non si riferiscono a una persona che agisce liberamente, sia pure dietro suggestione del maligno, operando il male[2].  Sarebbe auspicabile pertanto che si usasse la terminologia “disturbi spirituali” in quanto non siamo davanti a mali di origine patologica, psicologica o psichiatrica, ma a mali di natura spirituale, cioè provocati da esseri spirituali maligni per mezzo di un’azione che non è la semplice tentazione.

Tuttavia non essendo stati per ora ancora proposti altri termini per esprimere le varie forme dei disturbi spirituali, continueremo nel corso di questa catechesi a usare il termine «possessione, vessazione ed ossessione diabolica» per le persone e «infestazione diabolica» per i luoghi. Specificheremo nel corso della trattazione che cosa si intende per ciascuna di essa.

La possessione diabolica descritta nei Vangeli è distinta dalle malattie fisiche e psichiche

Gesù durante i tre anni della sua missione pubblica ha annunciato il Regno di Dio, ha guarito gli infermi dalle malattie e ha liberato dal demonio coloro che erano da essi tormentati. La forma più grave di tale aggressione diabolica è quella che compare, appunto, nei Vangeli- e che definiamo «possessione diabolica» e chi la subisce lo definiamo talvolta e impropriamente con il termine “indemoniato”.

La possessione diabolica non è una malattia fisica o psichica, ma una reale azione di uno spirito demoniaco (o anche più di uno) che subentra con il suo dominio dispotico, brutale e violento, servendosi del corpo della sua vittima, costretta a parlare e a muoversi come quello spirito o quegli spiriti vogliono, senza potergli resistere.

Nei Vangeli si evidenzia chiaramente la differenza dell’atteggiamento di Gesù quando guarisce da una malattia e quando invece libera un indemoniato. Quando la persona era ammalata, Gesù si rivolgeva direttamente e benignamente al malato e lo guariva; se invece gli si presentava un indemoniato, Gesù si rivolgeva con determinazione a qualcun altro, distinguendolo dalla persona stessa, e con un comando imperativo gli ordinava di lasciarla e di non tormentarla più.

Nell’episodio dell’indemoniato nella sinagoga di Cafarnao, Gesù non disse: «Taci», ma con comando imperativo disse: «Taci ed esci da quell’uomo!» (Mc 1,25). Quando si trovò davanti a quell’uomo che vagava tra i sepolcri, urlando e percuotendosi con pietre, Gesù non parlò a lui, ma si rivolse direttamente a qualcun altro, che aveva ridotto quell’uomo in tale miserevole condizione e con comando imperativo, esclamò: «Esci, spirito impuro da quest’uomo!» (Mc 5,8).

Quando gli portarono quel ragazzo, che i discepoli non erano riusciti a liberare e che il padre presentò a Gesù supplicandolo di liberarlo, Gesù non disse al ragazzo: «Sii guarito e va in pace», ma: «Spirito muto e sordo, io ti ordino, esci da lui e non vi rientrare più!» (cfr. Mc 9,25). Gesù cacciando via il demonio con un comando imperativo, rivela chiaramente che quel ragazzo era dominato totalmente da una presenza demoniaca che gli bloccava la parola e l’udito.

Nei Vangeli, soprattutto nei vangeli di Matteo e Marco, la distinzione tra guarigione di una persona da una malattia e la liberazione di una persona da una possessione diabolica è indicata non solo dal diverso atteggiamento che assume Gesù, ma anche dal comportamento che la persona tormentata dal demonio, ha nei suoi confronti. A differenza dei semplici ammalati, i quali supplicano Gesù di guarirli, una voce rabbiosa, manifesta terrore e chiede di non essere mandato via dal corpo di quella persona; la persona cade a terra prostrata come da una forza contro la quale è impotente. Se quell’essere estraneo alla persona è interrogato da Gesù circa il suo nome, è costretto a rispondere: «Il mio nome è Legione [-gli rispose-] perché siamo in molti» (Mc 5,9). Dimostra inoltre di conoscere l’identità di Gesù e teme di essere abbattuto da Lui. Nella sinagoga di Cafarnao esclama: «Basta! Che vuoi da noi Gesù Nazareno? Sei venuto a rovinarci?» (Lc 4, 34; cfr. anche Mc 1, 24). Attraverso quell’uomo che vagava nei sepolcri urlando, dice: «Che vuoi da me Gesù Figlio del Dio Altissimo? Ti prego, non tormentarmi!» (Lc 8, 28).

In ambito cristiano la distinzione tra queste due condizioni, malattia e possessione diabolica, era, a livello di principi, ben presente fin dall’inizio del cammino ecclesiale, come si può evincere dagli stessi Evangelisti, assai fermi nel distinguere tra malattie provocate da fattori naturali e azioni straordinarie del demonio. La Chiesa Cattolica ha pertanto sin dal principio distinto tra possessione diabolica e malattia mentale/ stato di disagio psichico.

I Vangeli, dunque, pongono una distinzione tra coloro che sono malati e coloro che invece sono tormentati da uno o più spiriti demoniaci. Questi, infatti, a differenza dei malati rivelano con dei segni inequivocabili, la presenza di uno o più esseri intelligenti estranei a loro stessi. Quali sono questi segni? La persona innanzitutto perde la coscienza di sé. La “coscienza” nel senso della presenza a sé stessa, dell’“autopercezione” sembra scomparire, sostituita temporaneamente da un essere estraneo  che controlla  la persona totalmente e pieno d’ira, urla rabbiosamente, provoca forti convulsioni e contorcimenti nel corpo della sua vittima, ne altera i tratti somatici, mostra di conoscere cose occulte, produce in essa una forza al di fuori della norma, che non corrisponde né all’età né alle condizioni di quella persona, la vessa fisicamente, servendosi delle sue stesse membra e si contraddistingue per una peculiare manifestazione di incontenibile odio e avversione nei confronti di Cristo Gesù di cui dimostra di conoscere l’identità.

I racconti relativi agli esorcismi di Gesù, indicano chiaramente che i demoni conoscevano la vera identità di Gesù, ignorata dai suoi contemporanei e dalle stesse persone che i demoni tormentavano. Nei Vangeli vediamo che i demoni, con grande turbamento e timore, gridando con forza, esclamavano attraverso gli esseri umani che essi possedevano: «Io so chi tu sei: il Santo di Dio!» (Mc 1,24); il «Figlio di Dio (Mc 3,11) e il «Figlio dell’Altissimo» (Mc 5,7). Inoltre sapevano anche che Gesù era venuto a distruggere il loro regno: «Sei venuto a rovinarci!» (Mc 1,24). Tale conoscenza non è contraddetta da Gesù, ma riconosciuta valida (Mc 1,34; 3,12) e confermata da altri passi in cui l’identità di Gesù è indicata con gli stessi termini (cfr. Mc 1,11; 9,7; 15,39). La proibizione di parlare, imposta da Gesù ai demoni, non era diretta contro quanto essi affermavano, ma piuttosto contro il modo di manifestarlo, perché i demoni anticipavano quella rivelazione sulla sua identità che Egli stesso voleva manifestare poco per volta, affinché non fosse compromesso l’esito della sua missione (si tratta del cosiddetto “segreto messianico”).

Gesù, dunque, nella sua vita terrena si è confrontato e ha lottato contro le due forme di azione del demonio: quella ordinaria e quella straordinaria.

L’azione ordinaria l’ha affrontata restando fedele al progetto del Padre quando Satana lo ha tentato nei quaranta giorni del deserto, quando Satana lo ha combattuto nelle opposizioni crescenti che suscitava tra i capi del popolo nei suoi confronti e infine quando lo ha tentato mentre moriva in croce.

L’azione straordinaria l’ha invece affrontata attraverso gli esorcismi. Gesù ha in particolare rivelato il significato e l’importanza fondamentale degli esorcismi, dicendo: «Se [invece] io scaccio i demoni con il dito di Dio, allora è giunto a voi il regno di Dio» (Lc 11, 20). Con queste parole Gesù ha affermato che la sua attività di cacciare il demonio è il segno della venuta del Regno di Dio tra gli uomini. Piegando immediatamente la prepotenza dei demoni, Gesù conferma l’origine divina del suo potere e del suo insegnamento e dimostra, dunque, di essere il Messia Salvatore, venuto a portare il Regno di Dio sulla terra, per infrangere la tirannia di Satana sull’umanità. Gli stessi demoni -come abbiamo visto leggendo gli episodi evangelici- sono costretti, loro malgrado, a confermarlo, confessando che egli è venuto a distruggere il loro regno. Nonostante continuino tuttora a essere attivi nel mondo, per la rovina degli uomini, la loro sconfitta è già assicurata. Arriverà, infatti, come il Signore stesso ci ha preannunciato, il giorno e l’ora della loro disfatta totale: il Regno di Dio trionferà per sempre sul regno di Satana e sorgerà un nuovo mondo. Nel suo ministero di esorcista, Gesù ci fa intravedere i primi bagliori dell’avvento di quell’alba radiosa, in cui gli spiriti demoniaci non avranno più alcun potere sugli uomini.

Gesù ha realmente cacciato demoni

«Gesù non si è adeguato a una mentalità, che credeva erroneamente all’esistenza del diavolo e dei demoni. L’atteggiamento di Gesù nei confronti del giudaismo del suo tempo è stato quello di una vigorosa libertà, l’ha portato a rifiutare o a superare alcuni punti, non di rado di capitale importanza, quali: la modalità concreta del monoteismo giudaico (che è di solitudine anziché di comunione), l’intangibilità e il primato della legge sull’uomo, l’assolutizzazione del particolarismo israelitico, il messianismo politico e nazionalista, la rigida connessione del peccato con la sofferenza, la sopravvalutazione della purezza legale, la possibilità del divorzio e altro ancora. Nel contesto di una tale libertà, si può dire a colpo sicuro che, qualora Gesù non fosse stato convinto della realtà e dell’importanza della demonologia, sostenuta dall’ebraismo, non avrebbe mancato di lasciarla cadere come qualunque delle altre dottrine da lui contestate. E, invece, i testi ci mostrano che Gesù ha, sì ampiamente ridimensionato la dottrina del diavolo, propria del suo tempo e del suo ambiente ma, nel contempo, l’ha fermamente mantenuta e, anzi, gli ha conferito uno sviluppo di gran lunga superiore a quello dell’Antico Testamento, sempre collegandola con l’interpretazione della propria missione. Dunque, era davvero persuaso di un dato reale e rilevante»[3].

«C’è, poi, da riflettere sulla famosa disputa su Belzebù, riportata dai Sinottici (cf Mt 12,22-29; Mc 3,22-30; Lc 11,14-22), allorché un gruppo di farisei, in occasione della liberazione di un indemoniato, rivolse a Gesù l’accusa di scacciare i demoni in nome del principe dei demoni. Per controbattere l’accusa, bastava che Gesù si ponesse dalla parte di Sadducei, che negavano l’esistenza degli spiriti maligni, e spiegare ai farisei che i propri esorcismi non erano altro che semplice attività di guarigione dei malati. Invece, Gesù scelse la strada più difficile: confutò l’obiezione dei farisei, ma confermò la loro credenza nell’esistenza e nell’attività dei demoni. E, così facendo, non fece altro che moltiplicare i suoi avversari: farisei per un verso e sadducei per l’altro»[4].

Se si prova a leggere qualche nota di commento ad alcuni testi evangelici, si rimane vivamente sorpresi da certe espressioni ambigue: “presso gli ebrei si aveva la convinzione che le malattie mentali fossero causate da una presenza diabolica”. In pratica, si contraddice nel commento al Vangelo quanto è scritto nel Vangelo stesso. Chi accetta acriticamente questi “suggerimenti”, finisce con il recepire un Vangelo molto diverso da quello trasmessoci dagli apostoli. Secondo quanto questi teologi cercano sottilmente d’insinuare, la possessione non sarebbe altro che una particolare forma espressiva – o, al massimo, una forma di creduloneria – mediante la quale, 2000 anni fa, gli ebrei indicavano, in realtà, dei normali ammalati di mente. Quest’affermazione, non supportata da alcun elemento a favore, per quanto semplicistica sia, ai nostri tempi ha trovato facilmente spazio e credito, contaminando la teologia. Essa, però, trova un ostacolo insormontabile nelle precise parole di Gesù: «Andate a dire a quella volpe (di Erode): “Ecco, io scaccio i demoni e compio guarigioni oggi e domani; e il terzo giorno avrò finito” (Lc. 13, 32)». Per lungo tempo alcuni teologi hanno introdotto nei commenti ai Vangeli, delle considerazioni fuorvianti che hanno danneggiato pesantemente la pastorale della Chiesa in questo campo, consegnando in tal modo tanti fratelli e sorelle bisognose di questo ministero a cure psichiatriche di cui non avevano bisogno, aggravando così ulteriormente la loro sofferenza.

Il ritenere che Gesù si sia ingannato, o per lo meno che si sia adattato al linguaggio, alla mentalità e alle credenze del tempo, chiamando opera del demonio quello che era semplicemente effetto di isteria o di turbe psichiche di origine naturale, significa negare la divinità stessa di Gesù Cristo. Colui che è «Via, Verità e Vita» (Gv 14,6), venuto a rendere testimonianza alla Verità (cfr. Gv 18,37), non poteva ingannare i suoi uditori, facendo loro credere il falso per il vero. Egli, che era venuto «per distruggere le opere del diavolo» (1 Gv 3,8) e che affidava ai suoi discepoli il compito di cacciare i demoni, non poteva lasciar dubbi su una verità così importante e fondamentale. San Giovanni Paolo II, ricordò durante l’Udienza Generale di mercoledì 3 giugno 1998, che «una tipica attività di Cristo è proprio quella dell’esorcista».  Cristo era esorcista e il Vangelo stesso testimonia numerose liberazioni che egli ha operato a beneficio dei posseduti. In una catechesi di vari anni prima, nell’Udienza del 20 agosto 1986, sullo stesso tema il Papa aveva affermato:

«Alla vittoria di Cristo sul diavolo partecipa la Chiesa: Cristo, infatti, ha dato ai suoi discepoli il potere di cacciare i demoni (cfr. Mt 10,1 e par.). La Chiesa esercita tale potere vittorioso mediante la fede in Cristo e la preghiera (cfr. Mc 9,29; Mt 17,19-20), che in casi specifici può assumere la forma dell’esorcismo».

Tutti sappiamo, inoltre, come Papa Francesco, sin dall’inizio del suo Pontificato, nelle sue omelie, nelle catechesi nel corso delle Udienze Generali e in vari discorsi, abbia spesso fatto esplicita allusione all’opera del demonio tra gli uomini.

«Alla luce di tali decisive constatazioni non fa meraviglia che la tradizione della Chiesa, sulla realtà e l’importanza della lotta contro il “principe di questo mondo”, rappresenti uno dei casi più massicci di continuità che la storia abbia mai registrato. A cominciare dal Concilio di Nicea e poi di Costantinopoli del secolo IV, per arrivare al Concilio Lateranense IV del secolo XIII, papi e vescovi presero posizione contro una dottrina, il dualismo, che faceva di Satana una sorta di secondo Dio, indipendente e contrario al vero Dio. Nulla sarebbe stato più facile ed efficace per sconfiggere quell’errore che identificava il diavolo con il peccato. Ma i Padri Conciliari non misero minimamente in discussione la realtà di Satana»[5].

Ai nostri giorni, il Magistero della Chiesa e i Papi sino a Papa Francesco avrebbero potuto fare propria l’identificazione del diavolo con il male, sostenuto da quei settori della teologia contemporanea che si appellano alla fedeltà allo spirito del tempo in nome del dialogo tra fede e cultura, raccomandato dal Vaticano II. E, invece, sfidano il dileggio degli oppositori e dichiarano precisamente l’opposto.

Che i Papi sfidino il dileggio di coloro che negano l’esistenza del diavolo e dei demoni risulta, infine, dalla promulgazione del Rito degli esorcismi. Un testo liturgico del genere che senso avrebbe, se il diavolo e i demoni non dovessero esistere? Tutto ciò è segno evidente che i Papi ritengono intangibile questo dato.

«Questa continuità di pronunciamenti, esistente entro evidenti cambiamenti epocali di sensibilità -fa notare Gozzelino- prova che la dottrina del Magistero della Chiesa sul diavolo e i demoni non dipende dal semplice fatto che fino al secolo XVIII la presenza del diavolo non conoscesse oppositori di sorta. Dipende, invece, da una adesione di fede a ciò che Dio ha rivelato»[6].

Alla luce dell’insegnamento della Sacra Scrittura, di Cristo e della Chiesa, che abbiamo presentato, dobbiamo senza mezzi termini affermare che chi insegna che il demonio non esiste, che non esiste alcuna possessione diabolica e che gli esorcismi sono soltanto un retaggio del passato della Chiesa, è in aperta discordanza con la Rivelazione, con il Vangelo e con il Magistero della Chiesa.  Dio ci ha infatti rivelato la reale esistenza di Satana e degli spiriti demoniaci al suo servizio, una verità sempre insegnata dalla Chiesa e mai negata nella storia del cristianesimo.

Nel 1975 la Congregazione per la Dottrina della Fede, circa l’esistenza del Demonio e il suo potere di tentare e di possedere gli uomini, raccomandava vivamente la lettura di un testo commissionato a un esperto e pubblicato sull’Osservatore Romano il 26 giugno 1975. Il testo è riportato anche nell’Enchiridion Vaticanum, vol. V, pag. 830-879 (1974-1976) ed è intitolato: Fede e demonologia.  In esso, si afferma, tra l’altro:

«Nel corso dei secoli l’esistenza dei demoni non è mai stata fatta oggetto di una definizione esplicita e solenne del Magistero della Chiesa, ma “la ragione è che la questione non fu mai posta in questi termini, perché gli eretici e i fedeli, ugualmente fondandosi sulla Sacra Scrittura, erano d’accordo nel riconoscere la loro esistenza e i loro principali misfatti. Per questo, oggi, quando è messa in dubbio la realtà demoniaca, è necessario riferirsi alla fede costante e universale della Chiesa alla sua fonte maggiore: l’insegnamento di Cristo. È nella dottrina del Vangelo, infatti, e nel cuore della fede vissuta che l’esistenza del mondo demoniaco si rivela come un dato dogmatico”».

Ricordiamo anche le parole del Papa san Giovanni Paolo II, quando si recò al Santuario di San Michele a Monte Sant’Angelo sul Gargano:

«Questa lotta contro il demonio che contraddistingue la figura dell’Arcangelo Michele, è attuale anche oggi; perché il demonio è tuttora vivo e operante nel mondo. Infatti il male che è in esso, il disordine che si riscontra nella società, l’incoerenza dell’uomo, la frattura interiore della quale è vittima non sono solo le conseguenze del peccato originale, ma anche l’effetto dell’azione infestatrice e oscura di Satana»[7].

Qualche anno prima, il suo predecessore, il Papa Paolo VI, oggi beato, in una udienza del mercoledì aveva dichiarato:

«Il male non è più soltanto una deficienza, ma un’efficienza, un essere vivo, spirituale, pervertito e pervertitore. Terribile realtà, misteriosa e paurosa. Esce dal quadro dell’insegnamento biblico ed ecclesiastico chi si rifiuta di riconoscerla esistente»[8].

La Chiesa non promulgherebbe un rito degli esorcismi se i demoni non esistessero

Il Magistero della Chiesa afferma la reale esistenza del mondo demoniaco, richiamandosi alla Sacra Scrittura, e ci ricorda che gli esorcismi di Gesù, che troviamo descritti nei Vangeli, sono stati raccolti dalla Tradizione vivente della Chiesa stessa. Se Gesù non avesse cacciato i demoni, gli esorcismi non sarebbero mai entrati nella pratica della liturgia della Chiesa. Del resto, non avrebbe senso un rituale degli esorcismi senza l’esistenza del demonio. La Chiesa, infatti, non promulgherebbe un testo liturgico nel quale «si ordina in nome di Dio ai demòni di stare lontani e di non nuocere alle creature umane»[9] se essi non esistessero. È noto il detto: «La legge del pregare è legge del credere» (Lex orandi, lex credendi)[10]. Il libro liturgico dell’esorcismo, in questo senso, costituisce una particolare testimonianza circa l’esistenza del demonio e la sua attività malefica: la liturgia della Chiesa, infatti, è espressione concreta della fede vissuta.

Nel Proemio, che introduce le Premesse Generali del più recente testo liturgico del Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari, promulgato dalla «Santa Sede» è riportata una mirabile sintesi demonologica che, utilizzando tutte le definizioni della Sacra Scrittura sulla realtà demoniaca, rende evidente un profilo preciso di Satana e degli altri spiriti maligni al suo servizio. Lo riportiamo di seguito:

«Nella storia della salvezza sono presenti creature angeliche, alcune delle quali servono il progetto divino e offrono un misterioso e potente aiuto alla Chiesa; altre, invece, decadute dalla loro originaria dignità e chiamate diaboliche, si oppongono alla volontà e all’azione salvifica di Dio, realizzata in Cristo, e cercano di associare l’uomo alla loro ribellione a Dio (CCC nn. 332,391,414, 2851). Nelle Sacre Scritture il Diavolo e i demoni sono indicati con nomi diversi, dei quali alcuni indicano in certo modo la loro natura e il loro comportamento (CCC nn. 391-395, 397). Il Diavolo, detto anche Satana, è chiamato serpente antico e drago. È lui che seduce il mondo intero e combatte contro coloro che osservano i comandamenti di Dio e possiedono la testimonianza di Gesù (Ap 12, 9). 17). È detto nemico degli uomini (1 Pt 5, 8) e omicida fin dal principio (cfr Gv 8, 44) per aver reso l’uomo, con il peccato, soggetto alla morte. Con le sue insidie induce l’uomo a disobbedire a Dio, per questo è detto Maligno e Tentatore (cfr Mt 4, 3 e 26, 36-44), menzognero e padre della menzogna (cfr Gv 8, 44), colui che agisce con astuzia e falsità, come attestano la seduzione dei progenitori (cfr Gen 3, 4). 13), il tentativo di distogliere Gesù dalla missione ricevuta dal Padre (cfr Mt 4, 1-11; Mc 1, 13; Lc 4, 1-13) e il suo mascherarsi da angelo di luce (cfr 2 Cor 11, 14). È detto anche principe di questo mondo (cfr Gv 12, 31; 14, 30), cioè signore di quel mondo che è in potere del Maligno (cfr 1 Gv 5, 19) e non ha conosciuto la luce vera (cfr Gv 1, 9-10). Il suo potere è indicato come potere delle tenebre (cfr Lc 22, 53; Col 1, 13) per l’odio che egli porta alla Luce, che è Cristo, e per lo sforzo di attrarre gli uomini alle proprie tenebre. Il Diavolo e i demoni, coalizzati insieme per opporsi alla sovranità di Dio (cfr Gd 6), hanno ricevuto una condanna (cfr 2 Pt 2, 4) e costituiscono l’esercito degli spiriti del Male (cfr Ef 6, 12). Benché creati come esseri spirituali, essi hanno peccato e sono anche definiti angeli di Satana (cfr Mt 25, 41; 2 Cor 12, 7; Ap 12, 7). 9). Ciò può insinuare che dal loro maligno signore sia stata a essi affidata una qualche particolare missione (CCC n. 394). L’intero operato di questi spiriti immondi, malvagi, seduttori (cfr Mt l0, 1; Mc 5, 8; Lc 6, 18. 11, 26; At 8, 7; 1 Tm 4, 1; Ap 18, 2) è stato distrutto dalla vittoria del Figlio di Dio (cfr 1 Gv 3, 8). Anche se “tutta intera la storia umana è pervasa da una lotta tremenda contro le potenze delle tenebre che durerà fino all’ultimo giorno” (Conc. Vaticano II, Cost. pastorale sulla Chiesa nel mondo contemporaneo, Gaudium et spes, n. 37), Cristo, grazie al suo mistero pasquale di morte e risurrezione, «ci ha strappati dalla schiavitù di Satana e del peccato» (ibidem, n. 22) annientando il loro dominio e liberando tutte le cose dal contagio del male. E siccome l’azione devastante e ostile del Diavolo e dei demoni coinvolge persone, cose, luoghi, manifestandosi in modi diversi, la Chiesa, sempre cosciente che “i giorni sono cattivi” (Ef 5, 16), ha pregato e prega perché gli uomini siano liberati dalle insidie del Maligno»[11].

La Conferenza Episcopale Italiana [CEI], traducendo questo testo liturgico dal latino in italiano, ha riportato prima del Proemio anche una sua Presentazione nella quale tra l’altro afferma:

«Il discepolo di Cristo, alla luce del Vangelo e dell’insegnamento della Chiesa, crede che il Maligno e i demoni esistono e agiscono nella storia personale e comunitaria degli uomini»[12].

E subito dopo aver affermato l’esistenza e l’azione del demonio, la CEI aggiunge:

«Il Vangelo descrive l’opera di Gesù come una lotta contro Satana (cfr Mc 1,23-28; 32-34.39; 3,22-30 e passim). Anche la vita dei suoi discepoli comporta una battaglia che “non è contro creature fatte di sangue e di carne ma contro i Principati e le Potestà, contro i dominatori di questo mondo di tenebra, contro gli spiriti del male” (Ef 6, 12)»[13].

NOTE:

[1] Compendio del Catechismo della Chiesa Cattolica, n. 74.

[2] L’azione ordinaria e più estesa dei demoni fra gli uomini è quella ordinaria, cioè la tentazione: il nostro nemico cerca di sedurci con le realtà sensibili, agendo sui nostri sensi esterni (vista, tatto, udito, odorato, gusto) e su quelli interni (memoria, immaginazione e intelletto). In tal modo egli prova a sollecitare il consenso della nostra libera volontà al male, con lo scopo di provocare e rafforzare sempre più in noi una dipendenza morale da lui. La sua è «un’opera di seduzione: egli tenta d’insinuarsi nell’intimo, nella interiorità della persona e di spingerla al male influendo sulla sua libera volontà. Sotto questo punto di vista il demonio influenza la persona lasciandola libera e ottenendo quindi il suo consenso». Ciò che la persona compie in queste condizioni lo fa responsabilmente, proprio perché “lo vuol fare”. Nella Presentazione della CEI del “Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari” si dice: «Satana riesce a impadronirsi davvero dell’uomo in ciò che ha di più intimo e prezioso quando questi, con atto libero e personale, si mette in suo potere con il peccato». Per questo la vigilanza deve essere esercitata soprattutto nei confronti dell’azione ordinaria di Satana, con la quale egli continua a tentare gli uomini al male. Proprio la tentazione è il pericolo più grave e dannoso, in quanto si oppone direttamente al disegno salvifico e all’edificazione del Regno. Il credente vigila, perciò, per non essere ingannato e prega ogni giorno con le parole suggerite da Gesù: «Padre, non abbandonarci alla tentazione, ma liberaci dal Male» (Mt. 6,13). Sarebbe quindi da stolti prestare tanta attenzione all’eventuale presenza del Maligno in alcuni fenomeni insoliti e non preoccuparsi affatto della realtà quotidiana della tentazione e del peccato, in cui Satana, «omicida fin dal principio» e «padre della menzogna» (Gv. 8, 44), è sicuramente all’opera» (Conferenza Episcopale Italiana “Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari”, Presentazione n.°7).

[3] Cfr. G. Gozzelino, Alla radice della pratica esorcistica. Problemi e compiti dell’odierna demonologia cristiana, in «Rivista liturgica», n.6, novembre-dicembre 2000, pagg. 865-866.

[4]   Ivi, op. cit., pagg. 866-877

[5]   Ivi, op. cit., pagg. 866-877.

[6]   Ivi, op. cit., pag. 867

[7] Alla popolazione di Monte sant’Angelo, 24 marzo 1987.

[8] Udienza Generale, 15 novembre 1972.

[9] «Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari», Libreria Editrice Vaticana, 2001, Decreto della Congregazione per il Culto Divino e la Disciplina dei Sacramenti.

[10] Anche il rituale dell’esorcismo costituisce nella Chiesa una particolare testimonianza sull’esistenza del demonio e sulla sua attività malefica. La frase citata si trova nel libro di San Prospero d’Aquitania, scritto negli anni 435-442: De vocazione omnium gentium, 1, 12 (PL 51 664) e ripreso poi dal papa Celestino I nello scritto: Indiculus 8 (DH 246).  Si può dunque parlare anche di argomento liturgico per l’esistenza di Satana; su questo aspetto si sofferma il già citato testo raccomandato dalla Congregazione per la Dottrina della Fede: Les formes multiples de la superstition, 26 giugno 1975; versione italiana pubblicata su L’Osservatore Romano del medesimo giorno e riportato con il titolo: Fede e demonologia nell’Enchiridion Vaticanum, vol. V, pag. 830-879 (1974-1976).

[11] Cfr Proemio, Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari, Libreria Editrice Vaticana, 2001, pag. 17.

[12] «Rito degli esorcismi e preghiere per circostanze particolari», Libreria Editrice Vaticana, 2001, Presentazione, a cura della CEI, par. 5, pag 10.

[13]  Ivi,  pag. 10, par. 5

L’ORIGINE DEL MALE NELL’UNIVERSO CREATO BUONO DA DIO Catechesi a cura dell’Associazione Internazionale Esorcisti

VEDEVO SATANA PRECIPITARE DAL CIELO COME FOLGORE

I settantadue discepoli, mandati da Gesù ad annunciare la venuta del Regno di Dio, tornarono pieni di gioia, stupiti e ammirati per gli effetti benefici della loro missione, e dissero: «Signore, anche i demoni si sottomettono a noi nel tuo nome». Gesù rispose: «Vedevo Satana[1] precipitare dal cielo come una folgore[2]» (cfr. Lc 10,17-18). I Padri della Chiesa intuirono che queste parole di Gesù non si riferivano soltanto all’ingresso del Regno di Dio fra gli uomini – e alla conseguente fine, ormai imminente, del potere tirannico esercitato da Satana sulla umanità –. Esse intendevano anche rievocare un avvenimento ben preciso: la caduta iniziale di Satana e degli altri angeli ribelli, insieme con lui. La loro sconfitta si rinnova in ogni vittoria riportata dai discepoli sul nemico, fino alla sua totale e definitiva disfatta. Questa vittoria è opera di Gesù Cristo stesso e si realizza nel suo Nome: pronunciato dai suoi discepoli con fede, il Nome santo di Gesù costituisce la forza che fa precipitare nell’annientamento il potere di Satana estendendo così anche al mondo umano la sconfitta di Satana e degli angeli ribelli, avvenuta nel mondo angelico.

Molti Padri della Chiesa hanno inoltre riconosciuto, in queste parole di Gesù, un esplicito riferimento al testo del profeta Isaia 14,12-15, che, nella versione ebraica, dice, al v. 12: «Come mai sei caduto dal cielo, stella splendente del mattino, figlio dell’aurora?»[3]. Nel testo latino della Vulgata si legge: «Come mai sei caduto dal cielo, Lucifero, figlio dell’aurora?» che corrisponde al testo della LXX (Settanta)[4] «heosfóros» cioè «portatore di luce». Prosegue poi il testo nella versione ebraica: «Come mai sei stato steso a terra, signore dei popoli? (v. 12b). Eppure tu pensavi: “Salirò in cielo, sulle stelle di Dio innalzerò il trono, dimorerò sul monte dell’assemblea, nelle parti più remote del settentrione (v. 13). Salirò sulle regioni superiori delle nubi, mi farò uguale all’Altissimo” (v. 14). E invece sei stato precipitato nell’inferno, nelle profondità dell’abisso (v. 15)». A cominciare dai Padri, la predicazione cristiana, basandosi sulle parole di Gesù: «Vedevo Satana precipitare dal cielo come una folgore», si è servita di quel testo profetico per illustrare la caduta degli angeli ribelli. Le parole, rivolte da Isaia al re di Babilonia, furono infatti riferite anche al primo degli angeli, chiamato con il nome di Lucifero, proprio per indicare la condizione di Satana precedente alla sua irrimediabile caduta. I Padri insegnavano che, come il re di Babilonia per la sua superbia è passato dal suo grande splendore al disonore della sua nuova condizione, così, quello che era l’angelo più luminoso creato da Dio, è passato dalla grazia e dall’amicizia con Dio allo stato di dannazione, con la perdita di tutto il suo affascinante splendore, per aver voluto essere come Dio, ma contro Dio.

SIGNIFICATO DEL TERMINE LUCIFERO

Perché quell’angelo, poi decaduto, che era all’inizio il più luminoso fra tutti, fu chiamato dai Padri Lucifer? La versione latina della Sacra Scrittura, la Vulgata, sin dall’inizio ha tradotto l’espressione ebraica hêlēl di Isaia 14,12, che vuol dire splendente[5], con lucifer, termine latino che vuol dire portatore di luce. Il pianeta Venere la sera, dopo il tramonto del sole, era chiamato dai greci hésperos, dai latini hésperus o vesper, mentre per lo splendore che assume al mattino prima dell’alba, era chiamato dai greci heosfóros e dai latini lucifer. I Padri della Chiesa hanno fatto questa analogia: come nel cielo di mattina poco prima del levar del sole vediamo splendere più di qualsiasi stella il pianeta Venere, allo stesso modo, fra gli angeli, ve ne era uno che prima della sua caduta splendeva in bellezza più di ogni altro fra gli angeli di Dio. Fu a seguito di quest’analogia che vari Padri della Chiesa applicarono il termine Lucifer a quello che era il più luminoso degli angeli, poi ribellatosi a Dio. Tale appellativo gli venne attribuito nella tradizione cristiana come il suo nome proprio, ma tale denominazione non si riscontra espressamente nella Sacra Scrittura. Lucifer (in italiano Lucifero), più che un vero e proprio nome del diavolo, è una immagine quanto mai espressiva per indicare quello che all’inizio era il più stupendo angelo creato da Dio, divenuto successivamente, per sua libera scelta, il capo degli spiriti angelici ribelli a Dio. Numerosi teologi e Padri della Chiesa (Origene, Tertulliano, Cipriano, Ambrogio, Cirillo Alessandrino, ecc.) adoperarono il termine Lucifer, che di per sé esprime una condizione felice, per indicare Satana, che nel Nuovo Testamento è presentato come capo dei demoni, i quali lo aiutano nella sua azione perniciosa in mezzo agli uomini. Il nome Lucifer, così, venne ad avere un senso malefico.

DAL PRIMITIVO SPLENDORE ALLE TENEBRE DEL MALE

Un altro testo, nel quale la tradizione cristiana ha ravvisato un riferimento esplicito alla caduta degli angeli, è il capitolo 28, vv. 11-15.17 del profeta Ezechiele, dove leggiamo: «Figlio dell’uomo, intona un lamento sul principe di Tiro e digli: Così dice il Signore Dio: Tu eri un modello di perfezione, pieno di sapienza, perfetto in bellezza; in Eden, giardino di Dio, tu eri coperto d’ogni pietra preziosa. (…). Eri come un cherubino protettore, ad ali spiegate; io ti posi sul monte santo di Dio e camminavi in mezzo a pietre di fuoco. Perfetto tu eri nella tua condotta, da quando sei stato creato, finché fu trovata in te l’iniquità. Il tuo cuore si era inorgoglito per la tua bellezza, la tua saggezza si era corrotta a causa del tuo splendore: ti ho gettato a terra e ti ho posto davanti ai re, perché ti vedano». Per spontaneo adattamento, molti Padri della Chiesa hanno spesso applicato anche questo passo della Sacra Scrittura alla caduta di Lucifero e degli altri angeli ribelli. In questo testo, Ezechiele si riferiva al re di Tiro profetizzando la sua caduta[6] e lo paragonava nel suo splendore a un «cherubino protettore ad ali spiegate». Molti Padri hanno visto, in questo cherubino, l’immagine del primo degli angeli che, dallo stato del suo primitivo splendore, cadde per propria colpa nel disonore e nella vergogna della sua nuova situazione; mentre, nelle «pietre di fuoco» in mezzo alle quali camminava, di cui parla Ezechiele, hanno scorto una allusione agli altri angeli, che lo hanno seguito nella sua ribellione contro Dio.

Esaltandosi per lo splendore e la perfezione della natura spirituale ricevuta da Dio nella creazione, Lucifero che – in virtù della sua intelligenza, cosa comune a tutti gli angeli, poteva conoscere la verità e il bene in modo più perfetto, di quanto non sia possibile all’uomo – invece di accettare la propria condizione con docile obbedienza, tramite un atto di una volontà libera, decise di voltare le spalle a Dio contro la verità della conoscenza che aveva di Lui quale suo Bene totale e definitivo.

In altri termini, Lucifero ha scelto contro la Grazia, ha opposto un rifiuto al suo Creatore, spinto da un senso di falsa autosufficienza e presunzione di sostituirsi a Dio nel governo del mondo spirituale e materiale, pretendendo con superbia quella preminenza e quegli onori che spettano solo a Dio; esigendo per sé l’adorazione, che è dovuta esclusivamente a Dio. Lucifero pertanto si pose in un atteggiamento di avversione nei confronti di Dio, che si manifestò con un’aperta ribellione proponendo se stesso, in alternativa a Dio, davanti a tutti gli angeli. Il libro dell’Apocalisse ci rivela che un terzo degli angeli fu persuaso da Lucifero decidendo di seguirlo nella rivolta ed eleggendolo come loro capo e signore al posto di Dio (cfr. Ap 12,4). Dopo questa decisione scaturì in lui e negli angeli che lo seguirono, un odio permanente verso Dio.

IL PADRE DELLA MENZOGNA

Passiamo al Vangelo secondo Giovanni, capitolo 8, v. 44. Gesù dice: «Egli [il diavolo] era omicida fin da principio e non stava saldo nella verità, perché in lui non c’è verità. Quando dice il falso, dice ciò che è suo, perché è menzognero e padre della menzogna». Con queste parole Gesù vuol dire che il diavolo, sin da principio, non è stato dalla parte della verità e della vita: sin dall’inizio, infatti, ha rifiutato Dio, uccidendo così la vita di Dio in se stesso e ora, per invidia, cerca di ucciderla anche negli uomini. La falsità ha origine in lui e quindi appartiene a lui, perché, sin dall’inizio, ha affermato la pretesa menzognera di poter essere come Dio in contrapposizione al vero Dio. Il diavolo ha sempre cercato il proprio interesse e la propria grandezza e non l’amorevole e umile servizio, come ha fatto Gesù quando è venuto nel mondo. Il diavolo ha perseverato nel peccato e tuttora persevera. Il suo non è un peccato commesso nel passato e limitato a quella originaria disobbedienza contro Dio: è una colpa nella quale egli, insieme agli altri angeli ribelli, persevera sempre e si è confermato per tutta l’eternità. Satana e i suoi alleati, pervertitisi, sono essi stessi agenti di perversione[7]. La Sacra Scrittura attesta questa azione corruttrice di Satana fin dall’inizio della storia degli uomini dove egli, cominciando dai nostri progenitori, cerca in tutti i modi «di trapiantare lo stesso atteggiamento di rivalità, di insubordinazione o di opposizione a Dio, che è diventato quasi la motivazione di tutta la sua esistenza» (cfr. San Giovanni Paolo II, Udienza Generale del 13 agosto 1986).

PECCATORE E ISTIGATORE DEL MALE

Anche nella Prima lettera di Giovanni, al capitolo 3, v. 8, si afferma che il diavolo è peccatore sin dall’inizio. Scrive infatti Giovanni: «Chi commette il peccato viene dal diavolo, perché da principio il diavolo è peccatore». In qualunque modo si vogliano intendere le parole «da principio» (dal principio della creazione degli angeli o dal principio della creazione degli uomini), quello che risulta evidente è che il diavolo è definito «peccatore» e padre e causa di peccato.

UN DUPLICE GIUDIZIO

Nella Lettera di Giuda e nella Seconda lettera di Pietro troviamo dei riferimenti molto espliciti riguardo la caduta degli angeli. Al v. 6 della Lettera di Giuda leggiamo: «E tiene in catene eterne, nelle tenebre, per il giudizio del grande giorno, gli angeli che non conservarono il loro grado, ma abbandonarono la propria dimora». Nella Seconda lettera di Pietro, al capitolo 2, v. 4, leggiamo:

«Dio infatti non risparmiò gli angeli che avevano peccato, ma li precipitò in abissi tenebrosi, tenendoli prigionieri per il giudizio». Giuda (Taddeo) ci presenta gli angeli nel loro «grado» iniziale e poi nella perdita di tale grado, cioè di tale dignità; Pietro parla espressamente di un loro peccato. La caduta degli angeli ribelli risulta, perciò, da questi testi come una realtà generalmente accettata nella Chiesa, ma già conosciuta e accolta anche nella fede di una gran parte della comunità giudaica. Pietro, infatti, nella sua Seconda lettera – come pure Giuda Taddeo nella sua Epistola – scrive alle comunità cristiane della prima generazione, di matrice giudaica, evidentemente ben informate su questo avvenimento. Sembra inoltre indubbio, secondo questi passi, che agli angeli ribelli sia riservato un duplice giudizio: uno già avvenuto subito dopo la loro colpa; il secondo (nella stessa direzione del primo) definitivo, alla fine del mondo. Giuda Taddeo infatti dice che Dio «li tiene in catene eterne, nelle tenebre per il giudizio del gran giorno»; e in maniera analoga Pietro dice: «Serbandoli per il giudizio».

MI-CHA-EL: CHI COME DIO?

Un altro passo della Sacra Scrittura, nel quale la tradizione cristiana ha riconosciuto la descrizione della caduta degli angeli ribelli, è il testo del libro dell’Apocalisse, al capitolo 12, vv. 7-9, dove ci viene rivelato che «Scoppiò (quindi) una guerra nel cielo: Michele e i suoi angeli combattevano contro il drago. Il drago combatteva insieme ai suoi angeli, ma non prevalse e non vi fu più posto per loro in cielo. E il grande drago, il serpente antico, colui che è chiamato diavolo e il Satana e che seduce tutta la terra abitata, fu precipitato sulla terra e con lui anche i suoi angeli». È questo l’unico testo della Sacra Scrittura dove siamo informati che alla ribellione del drago – cioè di Satana e degli angeli suoi alleati – seguì la reazione degli angeli rimasti fedeli a Dio, con a capo Michele, in ebraico «Mi-cha-El», che significa «Chi come Dio?». Sappiamo che il nome dei singoli angeli indica per noi la loro specifica missione nei nostri confronti e della creazione in genere. Essendosi questo angelo mostrato al grido di Mi-cha-El, il più ardito e il primo a lottare per l’onore di Dio, fu posto da Dio a capo delle schiere celesti.

Il suo nome, Mi-cha-El, esprime nel medesimo tempo sia un grido di amore e di fedeltà nei confronti di Dio, sia di umile e profonda riconoscenza nei confronti della Sua infinita grandezza e bontà. In tal modo Michele si contrappone alla superbia e alla sfrontata presunzione di Satana, che sta affermando di essere come Dio, senza esserlo realmente. Mi-cha-El, Chi come Dio? è quindi anche un’affermazione di verità su Dio, che Satana vuole negare.

Il nome Mi-cha-El, infine, descrive anche il compito di Michele nell’ordine della creazione: egli combatté e combatte tuttora contro Satana ricordandogli che nessuno è come Dio. Questo passo dell’Apocalisse, riguarda, pertanto, certamente un evento del passato, ma anche un avvenimento che continua nel presente e  si estende al futuro:  come  già  nel  mondo  angelico  Michele condusse la lotta contro Satana e lo debellò (Ap 12, 9), così sta avvenendo ora pure sulla terra[8].

COME STELLE CHE SI SPENGONO, UN TERZO DEGLI ANGELI PRECIPITÒ SULLA TERRA

Sempre nel libro dell’Apocalisse, al capitolo 12, vv 3-4, leggiamo: «Allora apparve un altro segno nel cielo: un enorme drago rosso, con sette teste e dieci corna e sulle teste sette diademi; la sua coda trascinava un terzo delle stelle del cielo e le precipitava sulla terra». Secondo la maggior parte degli esegeti[9] l’immagine di un terzo delle stelle del cielo, trascinate giù dalla coda del drago, rappresenta la caduta degli angeli cattivi, che hanno seguito Satana[10]. Dando uno sguardo complessivo ai testi che abbiamo esaminati, risulta chiara e ben fondata, nella Sacra Scrittura, la rivelazione della caduta degli angeli[11].

LA SUPERBIA, CAUSA DELLA CADUTA DEGLI ANGELI RIBELLI

Riferendosi al libro della Sapienza (2,24), dove si dice che «per l’invidia del diavolo la morte è entrata nel mondo e ne fanno esperienza coloro che le appartengono», alcuni Padri – come san Cipriano, san Gregorio Nisseno e sant’Ambrogio – ritennero che il motivo della colpa dei demoni andasse ricercata nell’invidia verso Adamo, creato a immagine di Dio. Lucifero e gli angeli a lui solidali sarebbero stati gelosi, nei nostri riguardi, perché non sopportavano l’idea che gli uomini, creati con una natura che essi consideravano inferiore alla loro – essendo composta di spirito e di materia – fossero creati a immagine di Dio. E, per di più, gli angeli avrebbero dovuto servire non solo Dio, ma anche gli uomini! In seguito, però, prevalse progressivamente la convinzione che il motivo della colpa di Lucifero dovesse ricercarsi nella compiacenza disordinata della propria perfezione. Tale versione fu sostenuta, tra gli altri, da sant’Agostino e da san Gregorio Magno: Lucifero e gli altri angeli ribelli si sarebbero insuperbiti, perché non accettarono la loro condizione di creature. A questo atteggiamento negativo, seguì poi l’invidia nei nostri confronti. Infatti, divenendo da angeli demoni, vorrebbero impedire a tutti gli uomini di raggiungere la beatitudine eterna – che essi hanno colpevolmente perso per sempre – e trascinarli alla dannazione con loro[12]. L’invidia, dunque, è sicuramente una spinta irresistibile nei demoni, ma gli autori cristiani sono quasi tutti concordi nell’affermare che la caduta degli angeli ribelli è avvenuta innanzitutto per superbia. Ciò appare chiaro già nei due testi dell’Apocalisse, che abbiamo sopra esaminato.

In un altro passo della Sacra Scrittura – tratto dalla Prima lettera di san Paolo a Timoteo – troviamo una prova ulteriore che avvalora l’ipotesi del «peccato di superbia» commesso dagli angeli. Enumerando le qualità necessarie a coloro che esercitano un ministero nella Chiesa, l’Apostolo afferma che un vescovo non deve essere qualcuno che si è convertito da poco alla fede cristiana,  «perché  accecato dall’orgoglio, non cada nella stessa condanna del diavolo» (1Tm 3,6). Con queste parole san Paolo dice chiaramente che il diavolo fu condannato per superbia e chi monta in superbia si fa simile al diavolo, cadendo di conseguenza nella sua stessa condanna.

Quindi, alla luce della Sacra Scrittura, siamo autorizzati a ritenere che il peccato degli angeli ribelli sia stato un peccato di superbia: essa è la radice della loro colpa ed è anche la radice del peccato dei nostri progenitori. Secondo san Tommaso, come vedremo, la superbia si manifesta in un desiderio disordinato della propria eccellenza. La tradizione cristiana ha considerato la superbia il primo e il principale dei vizi capitali, da cui si originano, nella vita dell’uomo, tutti gli altri. «Principio della superbia infatti è il peccato; chi ne è posseduto diffonde cose orribili» (Sir 10,13).

L’INGANNO DI SATANA

Per molti teologi anche le parole che il serpente rivolse a Eva: «Non morirete affatto! Anzi, Dio sa che il giorno in cui voi ne mangiaste si aprirebbero i vostri occhi e sareste come Dio, conoscendo il bene e il male» (Gen 3,5), rivelano che l’essenza del peccato degli angeli è stata la superbia. Satana, infatti, inganna i nostri progenitori con la menzogna, insinuando che, se avessero disubbidito a Dio e negato la loro dipendenza dal loro Creatore, sarebbero stati come Dio. In realtà l’obiettivo di Satana era quello di sottrarre gli uomini al vero Dio, per condurli sotto il suo potere. Nel piano di Dio i primi uomini erano già a immagine e somiglianza di Dio, ma erano chiamati con tutti gli uomini a divenire ancora più simili a Lui (cfr. 1Gv 3,1-4). Quindi «sareste come Dio» non è una proposta del tutto falsa perché gli uomini sono chiamati da Dio a raggiungere questa similitudine, ma il diavolo ha giocato e gioca su questa verità, per proporre una via ingannevole che in realtà non porta al raggiungimento della somiglianza con Dio.

UNA CONFERMA NELLE PAROLE DEL MAGNIFICAT?

Vari autori cristiani ritengono che vi sia una ulteriore conferma, a sostegno del peccato di superbia da parte del capo degli angeli ribelli, nelle parole del Magnificat: «Ha spiegato la potenza del suo braccio, ha disperso i superbi nei pensieri del loro cuore; ha rovesciato i potenti dai troni, ha innalzato gli umili» (Lc 1,51-52). La Vergine Maria si riferirebbe qui non solo alla superbia dell’uomo, ma innanzitutto alla superbia del diavolo. Nella Omelia II sull’Annunciazione, composta tra il VI e il VII secolo e attribuita a Gregorio taumaturgo, vescovo di Cesarea nel Ponto, commentando le parole «Ha disperso i superbi nei pensieri del loro cuore» l’autore dice: «Cioè ha disperso lo stesso diavolo e tutti i demoni che militano con lui. Egli (il diavolo) infatti era sicuramente superbo nel suo cuore dal momento che osò dire: “Salirò sulle regioni superiori delle nubi, al di sopra delle stelle di Dio, mi farò uguale all’Altissimo” (Is 14,14). Come poi di fatto Dio lo ha disperso, il profeta lo dichiarò in seguito, quando affermò: “E invece sei stato precipitato nell’inferno” (Is 14,15), e così pure tutti i tuoi eserciti».

IRREMISSIBILITÀ DEL PECCATO DEGLI ANGELI       

Gli angeli sono esseri puramente spirituali, cioè non costituiti come noi uomini di materia e spirito, ma di solo spirito, non sono pertanto condizionati, né limitati dalla mediazione della conoscenza attraverso i sensi, come invece avviene in noi e perciò sono consapevoli della grandezza dell’Essere infinito di Dio. La scelta fatta da Lucifero e dagli altri angeli ribelli, fu pertanto totale, definitiva e irreversibile.

Il motivo di questa scelta radicale contro Dio appare come follia, ma è spiegato dall’accecamento prodotto dalla sopravvalutazione della perfezione del proprio essere, che spinse prima Lucifero, poi gli altri spiriti che lo seguirono, a preferire se stessi al punto di negare l’eccellenza dell’essere di Dio, che esigeva un atto di libera amorevole riconoscenza della propria dipendenza da Lui.

Il loro peccato è quindi irremissibile, non perché Dio non offre loro la sua misericordia, ma perché non vogliono e non possono chiedere perdono. Essi vogliono fermamente quello che hanno scelto: un rifiuto netto, cosciente e irrevocabile dell’amore e della misericordia di Dio[13].

Si comprende allora il motivo per cui tra i sette sacramenti, quello più odiato dai demoni è il sacramento della Confessione, perché quando riconosciamo con umiltà e sincerità i nostri peccati e li confessiamo, facciamo quello che essi nella loro smisurata superbia non vogliono fare e mai faranno: umiliarsi davanti a Dio, riconoscere che Dio è il Creatore e il Signore e noi siamo sue creature. Noi invece riconoscendo che Dio è il nostro Creatore e che in Gesù Redentore, ci offre il suo infinito amore e la sua infinita misericordia, confessiamo umilmente i nostri peccati e chiedendo perdono, gli manifestiamo al contempo il proposito sincero di non volerci arrendere ai nostri peccati, e di volerli combattere per non farli più, ecco allora che troveremo sempre Gesù misericordioso con le sue braccia spalancate per accoglierci nel suo cuore,  perdonarci e darci forza per la nostra battaglia contro il male.

LUCIFERO E GLI ANGELI CHE LO HANNO SEGUITO NON HANNO ACCETTATO CHE LA LORO CREAZIONE, DA PARTE DI DIO, FOSSE SUBORDINATA ALLA SUA ETERNA DECISIONE DI FARSI UOMO

Alcuni autorevoli autori cristiani, seguenti ai Padri della Chiesa, affermano che Lucifero montò in superbia quando Dio gli rivelò anticipatamente di voler assumere la natura umana. Lucifero volendo essere lui al centro dell’universo e considerando la nostra natura umana inferiore alla sua natura angelica, non accettò la scelta di Dio di volersi incarnare nell’umanità e di conseguenza non accettò nemmeno che la Donna, dalla quale Dio sarebbe nato come vero uomo, fosse elevata al di sopra delle creature umane e angeliche, diventando così Regina degli uomini e degli angeli.

Spesso, noi esorcisti, mentre celebriamo il ministero di liberazione che la Chiesa ci ha affidato, sentiamo i demoni protestare insistentemente, pieni di odio e di rabbia nei confronti di Dio, perché non tollerano che Dio stesso si sia fatto uomo in Cristo, assumendo la nostra natura umana, che essi considerano inferiore alla loro natura angelica. E non tollerano che la sua Madre, benché costituita, come ogni creatura umana, di spirito e materia cioè di anima e corpo, sia stata elevata al di sopra degli angeli, che sono spiriti senza materia. I demoni, infatti, disprezzano la materia, da loro valutata come qualcosa di basso e di inferiore, e non accettano che sia stata invece così nobilitata da Dio.

Essi non hanno accettato che la loro creazione, da parte di Dio, fosse subordinata alla sua eterna decisione di farsi uomo, mediante l’Incarnazione; di entrare cioè nel mondo della materia, dello spazio e del tempo per rendere gli uomini partecipi della divina natura. La creazione degli angeli, da parte di Dio, fu orientata infatti, fin dall’inizio, verso la sintesi del mondo materiale e spirituale, costituita appunto dall’Uomo. L’incontro di queste due dimensioni – materiale e spirituale – avrebbe avuto al suo centro l’avvenimento dell’Incarnazione: il Verbo di Dio avrebbe preso carne, per mezzo della Vergine Maria, e si sarebbe fatto uomo. Nel progetto di Dio, quindi, è il Verbo, la seconda Persona della Santissima Trinità, il Figlio – che prende carne e si fa uomo – a dare consistenza e significato a tutto l’universo, compresi gli angeli stessi. Dio, però, sapeva che Lucifero e una parte degli angeli non avrebbe accettato ciò; sapeva che essi avrebbero usato del dono della libertà per rifiutare Lui e il suo progetto d’amore su tutta la creazione, introducendo in essa il male, che nella creazione originaria non c’era. Per questo, sin dagli inizi della creazione, Dio stabilì che l’Incarnazione del Verbo sarebbe stata anche redentiva, al fine di salvare le creature umane. Mentre creava, quindi, Dio pensava al Figlio fatto uomo – cioè Cristo Gesù – come Redentore e alla Madre sua, cooperatrice con il Figlio Redentore.

DIO RISPETTA IL LIBERO ARBITRIO DELLE SUE CREATURE

Non si può attribuire a Dio l’ingresso del male nel mondo: da lui non può mai venire il male, né egli può essere considerato “causa” del male ma causa creativa di esseri liberi. L’origine del male va fatta risalire piuttosto alla libertà limitata, sia degli angeli sia degli uomini: essa, poiché finita, è esposta al fallimento, come osservano Sant’Agostino e S. Tommaso d’Aquino. Per impedire il male, Dio avrebbe dovuto creare degli esseri privi di libertà e d’intelligenza: ma, in questo modo, avrebbe negato loro la capacità di compiere il bene con consapevolezza. La libertà esige, invece, la possibilità di scegliere o di non scegliere il bene: e anche il Bene supremo, che è Dio. Se consideriamo la nostra esperienza umana, dobbiamo riconoscere che ogni autentico legame affettivo non può fondarsi sulla costrizione: l’amore è vero se proviene da una libera scelta. Dio, che è amore, per ottenere l’amore delle sue creature si espone addirittura al rischio del loro insensato rifiuto. Proprio perché è amore, Dio non può stabilire né verso gli angeli né verso gli uomini rapporti di padronanza o di sudditanza: l’amore di Dio, o lo si accoglie liberamente o non lo si accoglie. La disponibilità all’amore unisce le creature angeliche e umane a Dio, portandole a raggiungere la felicità eterna: ma questa accoglienza, questa apertura all’amore di Dio è sempre un movimento interiore libero e volontario della creatura.  Dio non può imporci l’amore per Lui, perché nel momento in cui lo imponesse, non potrebbe più essere amore. Ecco perché ha dovuto crearci liberi: per darci la possibilità di aprirci al suo amore e così poter partecipare della sua natura divina e conseguire la beatitudine eterna. Se avesse creato gli angeli e gli uomini senza libertà, sarebbero stati incapaci di amare e quindi incapaci di conseguire il fine stesso della loro esistenza, che è l’amore perfetto, nella felicità eterna della visione beatifica di Dio-Trinità.

Della libertà, però, è possibile un uso santo e corretto o un riprovevole abuso: Dio non poteva -per i motivi sopra esposti- costringerci a un uso positivo di essa, escludendo la possibilità che ce ne servissimo male. Il disordine consiste nella drammatica scelta dell’angelo o dell’uomo di impugnare la propria libertà per opporsi a lui, rifiutando il suo amore o l’amore delle altre creature. È quest’atteggiamento che orienta l’angelo e l’uomo verso la perdizione eterna. Senza libertà, dunque, non ci si può salvare: o ci si salva liberamente o ci si perde liberamente. Ecco perché Dio, pur volendo per tutte le sue creature la beatitudine eterna, ha dovuto rendere possibile anche la perdizione eterna. Egli non predestina, però, nessuno all’inferno: è la creatura stessa che sceglie, liberamente, uno stato di perdizione.

Senza dubbio, vi sono uomini che, approfittando della libertà che lui ha dato loro, la usano per offenderlo e credono di poter essere felici senza di lui. Dio ci ama così tanto da rispettare la nostra libertà, anche se decidiamo di allontanarci da lui per tutta l’eternità e quindi di odiarlo per sempre.

LA METAMORFOSI DI LUCIFERO E DEGLI ANGELI CHE LO SEGUIRONO

Nell’istante in cui Lucifero e gli altri angeli ribelli decisero di opporsi a Dio, di costituire un loro regno anti divino e di essere gli eterni nemici di Dio, avvenne in loro una immediata orribile trasformazione. Il Compendio del Catechismo della Chiesa Cattolica (CCCC) al n. 74, in relazione a questa metamorfosi così si esprime: «angeli creati buoni da Dio, si sono trasformati in malvagi, perché, con libera e irrevocabile scelta, hanno rifiutato Dio e il suo Regno, dando così origine all’Inferno».

Da quel momento Lucifero pur conservando la sua natura angelica, non fu più portatore della luce e della bellezza di Dio, diventando un essere mostruoso, manifestando in sé il massimo dell’orrore al quale sia mai giunta la creatura distaccatasi dal Creatore. In questa nuova e tremenda condizione la Sacra Scrittura gli attribuisce diversi nomi: «Diavolo, Satana, Maligno, Tentatore, serpente antico, drago». Gli angeli ribelli che lo hanno seguito li definisce invece con termini quali: «spiriti maligni, spiriti immondi, demoni».

I DEMONI TENTANO DI ASSOCIARE GLI UOMINI ALLA LORO STESSA RIBELLIONE A DIO

Il Compendio del Catechismo della Chiesa Cattolica (CCCC) al n. 74 – già citato – prosegue dicendo: «Tutta l’opera dei demoni in mezzo agli uomini è tentare di associarli alla loro ribellione contro Dio». In che modo essi cercano di associare noi uomini alla loro stessa ribellione contro Dio? Cercando di persuaderci a stravolgere il criterio del bene e del male che Dio ci ha dettato. Dio solo conosce perfettamente ciò che è vero e buono per noi e in forza del suo stesso amore ce lo propone nei Comandamenti. Scriveva Giovanni Paolo II nell’enciclica Veritatis splendor: «La legge di Dio, non attenua, né tanto meno elimina la libertà dell’uomo, al contrario la garantisce e la promuove» (n. 35). Satana, invece, quando disse alla prima coppia umana: «Sarete come Dio, se farete quello che io vi dico» insinuò e continua ancora a oggi a insinuare all’uomo, la menzogna che sarà felice e realizzato se seguirà un percorso diverso da quello da Dio indicato. Partendo dalla verità del fine per cui Dio ha creato l’uomo e cioè «raggiungere la similitudine con Lui per partecipazione alla sua natura divina, in Cristo, e per mezzo di Cristo», Satana con perfidia e inganno presenta all’uomo il raggiungimento di tale similitudine non per la via della grazia e dell’amore gratuito di Dio in Cristo, ma attraverso innumerevoli e ingannevoli vie che in realtà suscitano ribellione e opposizione a Dio perché accendono nell’uomo il desiderio di voler diventare come Dio, ma senza Dio, giungendo così al punto di considerarsi illusoriamente egli stesso Dio al posto di Dio. E così l’uomo assolutizza se stesso, perché giunge a credere falsamente, di potersi sostituire all’assoluto divino[14].

Poter essere come Dio, ma senza Dio, è la grande menzogna con cui Satana tenta gli uomini di ogni tempo, con lo scopo, in realtà, di staccarli da Dio per portarli all’eterna rovina. Non potendo combattere direttamente Dio, Satana vuole vendicarsi su di lui sottraendogli noi suoi figli, affinché anche noi perdiamo per sempre ciò che lui e gli altri angeli ribelli hanno perso per sempre.

Ribadiamo che gli angeli ribelli sanno che -differentemente da loro, che per la propria natura angelica, attraverso un solo atto decisero di se stessi in maniera irreversibile- gli uomini non stabiliscono con un sola scelta la loro destinazione ultima, perché la natura umana ha bisogno di molti atti per giungere ad essere a favore o contro Dio per sempre[15].

Satana, quindi, durante tutto il corso della vita terrena degli uomini sa che deve sforzarsi di tentare noi uomini per orientare le nostre scelte in direzione opposta al nostro vero bene, pertanto come operò nel mondo angelico affinché gli angeli non accettassero con riconoscenza Dio, loro Creatore, come Capo e Signore, e si propose ad essi in alternativa a Lui, così ora egli cerca di proporsi agli uomini, attraverso l’inganno del peccato, come loro capo e signore. Tutto il suo agire tra gli uomini è finalizzato a impedire che la natura umana si unisca alla natura divina, impedire che l’uomo si unisca a Dio o se è già unito, che si separi da Lui. Inoltre ritiene che maggiore sia il numero delle persone che riesce a portare al peccato e a perseverare in esso, più possa estendersi il suo dominio nel mondo intero.

Si tenga presente che per tentarci egli si serve di due potenti alleati, che usa come due armi:

1)        la nostra natura umana che in conseguenza del peccato originale fu inclinata verso il male;

2)        il mondo, inteso nel senso morale, cioè l’influenza perniciosa che proviene dagli uomini che vivono nel peccato e lo diffondono nella società.

Dio è venuto in nostro aiuto mandando il suo Figlio Gesù Cristo nel mondo per redimerci dal peccato e liberarci dal potere di Satana.

LA LOTTA CONTRO IL MALE È PER L’UOMO OCCASIONE DI CRESCITA SPIRITUALE

Per quanto nel mondo seguiteranno sino alla fine dei tempi a manifestarsi le conseguenze del peccato originale, grazie però alla Redenzione operata da Gesù, gli uomini hanno la possibilità di giungere alla salvezza eterna in Paradiso, pertanto, anche se Satana e i demoni rimangono sempre attivi nel mondo, non possono nuocere alla nostra anima se noi non acconsentiamo volontariamente al peccato che essi ci suggeriscono.

Per quanto la loro opera di seduzione e di persecuzione sia piena d’insidie, quando ci tentano noi possiamo vincerli con la grazia che Cristo ci ha meritati con la sua Incarnazione, Morte e Risurrezione che otteniamo attraverso la nostra comunione con Lui per mezzo della preghiera, dei sacramenti e della nostra personale adesione ai suoi insegnamenti attraverso i quali, ci vengono donati gli stessi sentimenti del suo Cuore. Tale grazia, nella misura in cui è da noi accolta, ci rende partecipe della stessa vittoria di Cristo su Satana che così diventa anche la nostra vittoria. Questo è anche il motivo per cui Dio lascia che gli spiriti demoniaci siano ancora attivi nel mondo: Dio permette la loro azione nei nostri confronti perché attraverso la nostra resistenza ci dà l’occasione di attualizzare nella nostra vita la vittoria del Figlio e di progredire spiritualmente con atti di virtù. Abbiamo così l’occasione per purificarci e crescere in una comunione sempre più stretta con Dio, avanzando nel cammino di santità. Resistendo alle tentazioni, noi ne traiamo, quindi, un beneficio spirituale perché con la grazia di Cristo, resistendo e respingendole, anziché essere motivo di caduta nel peccato, diventano occasioni di rafforzamento nella virtù e di progresso spirituale.

In tal modo i demoni divengono loro malgrado servi del Signore, o piuttosto suoi schiavi: «È per fare più grandi i nostri meriti, più pure e più alte le nostre virtù, più rapido il nostro cammino verso di Lui, che Dio permette al diavolo di tentarci e di metterci alla prova» (cfr. San Tommaso D’Aquino, Commento alla lettera agli Ebrei, 12, 6). «Se vi domandano perché Dio abbia lasciato sussistere il demonio (dopo la sua ribellione), rispondete: Dio l’ha lasciato perché, lungi dal nuocere agli uomini attenti e vigilanti, il demonio divenga loro utile. Non certo per il fatto della sua volontà, che è perversa, ma grazie alla coraggiosa resistenza di coloro che fanno volgere la sua malizia a loro vantaggio» (San Giovanni Crisostomo, Terza omelia sui demoni). La nostra reazione, contro l’azione del demonio, diventa un mezzo di progresso spirituale.

Insegnava Paolo VI in una sua catechesi: «Quale difesa, quale rimedio opporre all’azione del demonio? …Tutto ciò che ci difende dal peccato ci ripara per ciò stesso dall’invisibile nemico. La grazia è la difesa decisiva. L’innocenza assume un aspetto di fortezza. E poi ciascuno ricorda quanto la pedagogia apostolica abbia simboleggiato nell’armatura d’un soldato le virtù che possono rendere invulnerabile il cristiano (cfr. Rom. 13, 1-2 ; Ef. 6, 11, 14, 17; 1 Ts. 5; 8). Il cristiano dev’essere militante; dev’essere vigilante e forte (1 Pt. 5, 8); e deve talvolta ricorrere a qualche esercizio ascetico speciale per allontanare certe incursioni diaboliche; Gesù lo insegna indicando il rimedio «nella preghiera e nel digiuno» (Mc. 9, 29). E l’Apostolo suggerisce la linea maestra da tenere: «Non lasciarti vincere dal male, ma vinci nel bene il male» (Rom. 12, 21; Mt. 13, 29) (Paolo VI Udienza Generale 15 novembre 1972).

«Questa inevitabile lotta è quindi da interpretarsi come una realtà estremamente positiva. Proprio questo conflitto è il luogo della nostra purificazione e della nostra crescita spirituale, in tal modo impariamo a conoscere noi stessi nella nostra debolezza e Dio nella sua infinita misericordia. È, in definitiva, il modo scelto da Dio per la nostra trasfigurazione e la nostra glorificazione. Ma la lotta spirituale del cristiano, pur essendo talvolta dura, non è mai la guerra disperata di chi si batte in solitudine, alla cieca, senza nessuna certezza circa l’esito dello scontro. È la lotta di chi combatte con assoluta certezza che la vittoria è assicurata, perché il Signore è risorto: “Non piangere più; ecco, ha vinto il Leone della tribù di Giuda” (Ap 5, 1). Così, non combattiamo da soli con le nostre forze, ma con il Signore che ci dice: “ti basta la mia grazia; la mia potenza infatti si manifesta pienamente nella debolezza” (2 Cor 12, 9) e la nostra arma principale non è la naturale fermezza del carattere o l’abilità umana, ma la fede, questa totale adesione a Cristo che ci permette anche nei momenti peggiori, di abbandonarci con fiducia cieca a Colui che non ci abbandonerà. «Tutto posso in Colui che mi dà la forza» (Fil 4, 13). Ed ancora: “Il Signore è mia luce e mia salvezza, di chi avrò paura?” (Sal 26,1). Il cristiano dunque lotta con energia, chiamato com’è a resistere “fino al sangue nella lotta contro il peccato” (Eb 12,4). Lo fa però con cuore tranquillo e la lotta è tanto più efficace quanto più il suo cuore dimora nella pace. Perché è proprio questa pace interiore che gli permette di lottare non con le proprie forze -che verrebbero meno- ma con quelle di Dio»[16]. «È unicamente la grazia di Dio che ci darà la vittoria e la sua azione sarà tanto più potente e rapida, se sapremo mantenere l’anima nostra in pace ed abbandonarci con fiducia nelle mani del Padre»[17].

NOTE:

[1] Quando, nel Vangelo, Cristo pronuncia la parola Satana, si sta chiaramente riferendo a un essere angelico, che Lui stesso riconosce come capo e condottiero degli angeli ribelli. Nel testo di Matteo, giunto a noi nella sua versione greca (nel quale l’evangelista usa indistintamente il termine Satana o il termine diavolo), al momento del Giudizio finale Gesù esclama: «Via, lontano da me, maledetti, nel fuoco eterno preparato per il diavolo e per i suoi angeli» (Mt 25,41). Diavolo o Satana indicano lo stesso essere, mentre l’espressione «i suoi angeli» si riferisce piuttosto ai demoni posti al suo servizio. Il libro dell’Apocalisse lo conferma pienamente quando, al capitolo 12, vv. 7-9, dice: «Il drago combatteva insieme ai suoi angeli, ma non prevalse e non vi fu più posto per loro in cielo. E il grande drago, il serpente antico, colui che è chiamato diavolo e il Satana e che seduce tutta la terra, fu precipitato sulla terra e con lui anche i suoi angeli». Questi testi, dunque, rivelano con chiarezza che esiste un condottiero degli angeli ribelli, chiamato da Gesù e da tutta la Sacra Scrittura Satana.

[2] «Come una folgore» suggerisce l’idea di una caduta istantanea, dirompente e inarrestabile.

[3] Alcuni traducono solo: «Come mai sei caduto dal cielo, stella splendente dell’aurora?». La recente edizione della Sacra Bibbia della CEI (Conferenza episcopale Italiana) a cura della UELCI (Unione Editori E Librai Cattolici Italiani), 2008, traduce: «Come mai sei caduto dal cielo, astro del mattino, figlio dell’aurora? ».

[4] È la raccolta dei libri dell’Antico Testamento (AT) scritti in greco. Si dice «Settanta» perché secondo la tradizione giudaica antica (cfr Lettera di Aristea) sono 70 (o 72) i traduttori incaricati di scrivere il Pentateuco in lingua greca dal faraone Tolomeo II Filadelfo, intorno al 250 a.C., ad Alessandria d’Egitto. Tale traduzione venne a far parte – secondo la tradizione – della biblioteca di Alessandria. In seguito il nome Settanta (LXX) fu applicato anche alla traduzione in greco degli altri libri della Bibbia ebraica e ai libri dell’A.T. che ci sono pervenuti solo in lingua greca.

[5] Il suo significato ha a che fare con lo splendore, però potrebbe forse anche essere un nome proprio usato per indicare Venere, il più luminoso astro della sera, che ancora brilla più degli altri, al mattino, poco prima dell’alba.

[6] Storicamente tale caduta non si è verificata. Ezechiele stesso, però, o comunque la sua scuola, sente il bisogno di attribuire alla parola divina, un riferimento al fatto che anche il re di Tiro -come ogni uomo- finirà nell’Ade. Origene, d’altra parte, nota che i termini usati da Ezechiele sembrano superare, poeticamente e profeticamente, tutto ciò che potrebbe essere detto d’un sovrano terreno e prospetta, perciò, la possibilità che Ezechiele si riferisse in maniera diretta al capo degli angeli ribelli.

[7] Il beato papa Paolo VI ha sintetizzato tutto questo nelle due note espressioni attribuite a Satana: «pervertito e pervertitore».

[8] Alla sconfitta di Satana si accenna, come abbiamo già visto, in Lc 10,18 e in Gv 12, 31. In quest’ultimo passo Giovanni riporta le parole di Gesù: «Ora è il giudizio di questo mondo; ora il principe di questo mondo sarà gettato fuori ». Pur continuando la battaglia tra Dio e Satana, il Cristo morto e risorto è il segno dell’inizio di quella vittoria su Satana, che si compirà pienamente alla fine dei tempi. Cristo morto e risorto segna la fine del potere di Satana sugli uomini e l’inizio di un mondo nuovo.

[9] Cfr. La Bibbia di Gerusalemme, Edizioni Dehoniane, Bologna 1974, p. 2642; L’Apocalisse, commenti a cura di C. Doglio, in La Bibbia, Piemme, Casale Monferrato (AL) 19962, p. 3105; Bibbia TOB (Traduction Oecuménique de la Bible), Elledici, Leumann-Torino 1992, p. 2888 (con richiamo anche a p. 2883).

[10] L’azione di abbattere le stelle appartiene al linguaggio apocalittico (cfr. per es. nell’Antico Testamento Dan 8,10) e, in questo caso, evoca la caduta degli angeli come nel settenario delle trombe (Ap 8,7-11). Cfr. anche Ap 9,1ss.: « Il quinto angelo suonò la tromba: vidi un astro caduto dal cielo sulla terra; egli aprì il pozzo dell’Abisso… »; il brano termina con questo versetto: « Il loro re [delle cavallette, nda] era l’angelo dell’abisso, che in ebraico si chiama Abáddon cioè Perdizione, [o anche distruzione, nda], in greco Apóllyon, cioè Sterminatore [o anche distruttore, nda] » (il testo biblico greco riporta: “Il loro re era l’Angelo dell’abisso che in ebraico si chiama Abáddon e in greco si chiama Apóllyon”, Ap 9,11).

[11] Dobbiamo dire che nell’Antico Testamento non si pone direttamente la domanda circa l’origine di Satana, ma si presenta soltanto la sua azione nefasta e devastatrice nel mondo. Il Nuovo Testamento, invece, chiarisce la radice della condotta di Satana e dei demoni suoi alleati, rivelandoci che si tratta di angeli decaduti.

[12] Satana è un termine che deriva dall’ebraico sātān, che significa «avversario, nemico, persecutore, accusatore, calunniatore»: in greco è chiamato diábolos (diavolo, alla lettera «uno che scaglia qualcosa in mezzo, uno che si getta di traverso »), nel senso di « separare, dividere ». Il diavolo e i demoni, divorati dall’invidia nei confronti degli uomini, non perseguono altro fine se non quello di «separarci da Dio, dividerci da Lui, farci perdere la comunione con Lui e la felicità eterna».

[13] Nell’istante in cui Lucifero e gli altri angeli ribelli decisero di opporsi a Dio, scelsero anche di rimanere per sempre in tale opposizione, senza ritornare sulla loro decisione. La natura angelica è tale che attraverso un solo atto decide di se stessa in maniera irreversibile. Quando un angelo prende una decisione è definitiva, per cui aderisce in maniera irremovibile alla sua scelta e non può cambiarla più proprio per la sua natura completamente spirituale.

[14] «L’uomo incomincia la sua storia di peccato quando non riconosce più il Signore come suo Creatore, e vuole essere lui stesso a decidere, in totale indipendenza, ciò che è bene e ciò che è male. «Voi diventerete come Dio, conoscendo il bene e il male» (Gn 3,5): questa è la prima tentazione, a cui fanno eco tutte le altre tentazioni, alle quali l’uomo è più facilmente inclinato a cedere per le ferite della caduta originale» (Veritatis splendor, n. 102).

[15] La natura umana, in altri termini, non è capace, come quella angelica, di arrivare attraverso un solo atto alla bontà assoluta o alla perversione inconvertibile. Ecco perché il peccato della prima coppia umana pur essendo stato gravissimo, non è stato un male irrimediabile per Adamo ed Eva e per gli uomini venuti dopo di loro. Nel peccato originale ci sono delle attenuanti: 1°) Adamo ed Eva furono tentati, cioè ci fu un tentatore che li ingannò. 2°) In quanto esseri umani e quindi composti di anima e corpo, non erano capaci con un solo atto di operare una scelta radicale e irreparabile del male come lo è invece per un puro spirito. Il peccato commesso dai progenitori, quindi, pur nella sua gravità e con tutte le conseguenze dolorosissime che ne derivarono, lasciò ad essi e a tutti gli altri uomini che sarebbero venuti dopo di loro il margine alla conversione, la possibilità di ravvedersi. Tale possibilità sappiamo che non è più attuabile per l’uomo solo dopo la morte.

[16] Jacques Philippe, La pace del cuore; Edizioni Dehoniane Bologna, 2000, pag. 11-12.

[17] Ivi, pag. 14.

Santa Messa votiva di san Michele Arcangelo

Omelia del presidente padre Francesco Bamonte

Dopo aver implorato all’inizio di questo Convegno la Misericordia di Dio su di noi e su tutti coloro che Dio ci chiama a soccorrere con il nostro ministero e dopo aver affidato la nostra Associazione Internazionale Esorcisti all’Immacolata Vergine Maria, vogliamo affidarla anche a san Michele Arcangelo. In questa prima Liturgia del nostro convegno, celebriamo pertanto la Santa Messa votiva di san Michele Arcangelo. Abbiamo chiesto anche ai religiosi del celebre santuario di san Michele Arcangelo sul Gargano di concederci di avere con noi per questa settimana di convegno una copia della statua pellegrina che viene portata per il mondo per diffondere la devozione e l’affidamento al glorioso principe degli angeli santi di Dio, il che è per noi motivo di grande gioia. Ringraziamo il delegato della formazione degli esorcisti della Puglia, Mons. Giacomo Cirulli, per averci fatto pervenire questa bellissima statua.

La nostra principale fonte di conoscenza su san Michele sono le Sacre Scritture. Tre libri della Bibbia contengono scritti che lo menzionano espressamente con il suo nome: il libro di Daniele 10, 13; 10, 21; 12, 1; il libro di Giuda al capitolo 9; il libro dell’Apocalisse 12, 7-8. Mi soffermo, in particolare, su quest’ultimo passo in cui si parla di una lotta nel mondo angelico che è così descritta: «7Scoppiò quindi una guerra nel cielo: Michele e i suoi angeli combattevano contro il drago. Il drago combatteva insieme ai suoi angeli, 8ma non prevalse e non vi fu più posto per loro in cielo. 9E il grande drago, il serpente antico, colui che è chiamato diavolo e il Satana e che seduce tutta la terra abitata, fu precipitato sulla terra e con lui anche i suoi angeli». È questo l’unico testo della Sacra Scrittura dove siamo informati che alla ribellione del drago – cioè di Satana e degli angeli suoi alleati – seguì immediatamente la reazione degli angeli rimasti fedeli a Dio, con a capo un angelo che la Sacra Scrittura in ebraico pronuncia con l’espressione «Mi-cha-El» che significa «Chi come Dio?». Sappiamo che il nome dei singoli angeli indicano per noi la loro specifica missione nei confronti nostri e della creazione in genere. Essendosi questo angelo mostrato al grido di Mi-cha-El, “Chi come Dio?” il più ardito e il primo a lottare per l’onore di Dio, fu posto da Dio a capo delle schiere celesti. Il suo nome, Mi-cha-El, esprime nel medesimo tempo, sia un grido di amore e fedeltà nei confronti di Dio, sia di umile e profonda riconoscenza nei confronti della Sua infinita grandezza e bontà. In tal modo questo angelo si contrappose alla superbia e alla sfrontata presunzione di Satana, che voleva essere come Dio, ma contro Dio, pretendendo di sostituirsi a Lui nel governo del creato e volendo per sé l’adorazione che spetta solo a Dio.  «Mi-cha-El, Chi come Dio?» è quindi anche un’affermazione di verità su Dio, che Satana vuole negare.

Il nome «Mi-cha-El», descrive ancora anche il compito di questo angelo nell’ordine della creazione: egli divenne il capo degli angeli che combatterono e combattono tuttora contro Satana e gli altri angeli ribelli, ricordando loro che «nessuno è come Dio». Questo passo dell’Apocalisse riguarda, pertanto, certamente un evento del passato, ma anche un avvenimento che continua nel presente e si estende al futuro: come già nel mondo angelico Mi-cha-El condusse la lotta contro Satana e lo debellò (Ap 12, 9), così sta avvenendo ora pure sulla terra. Egli è l’amico di tutti gli amici di Dio e li aiuta nella loro lotta personale contro Satana.

Nella battaglia che Satana e gli angeli ribelli hanno dichiarato all’umanità, per farla ribellare a Dio come loro, Cristo Gesù Nostro Signore manda in nostro aiuto la sua stessa Madre, la Vergine Maria, i Santi e San Michele Arcangelo, che è a capo degli angeli fedeli a Dio, per aiutarci in questa lotta. Pertanto la Chiesa invita i suoi figli a invocare anche l’aiuto e la protezione di san Michele nel pellegrinaggio della vita sulla terra, dove siamo esposti a tanti pericoli e insidie. Ciascuno di noi deve essere come san Michele arcangelo e con San Michele Arcangelo a servizio di Dio nella lotta contro Satana e gli angeli ribelli, e contro ogni forma di male da essi suscitata e fomentata nell’umanità.

Egli è il nostro grande alleato e noi lo ringraziamo per tutto quello che fin dall’inizio della storia umana ha operato per noi, sta operando ora e continuerà ancora ad operare per noi, fino all’annientamento totale dell’impero di Satana nel mondo, come ci assicura la Sacra Scrittura.  Mentre Satana è il principe della superbia che si erge contro Dio e grida: «Non serviam!», «Non lo servirò!», la Madonna è la più umile tra le creature umane, che dice: «Ecco sono la serva del Signore» e San Michele Arcangelo è la più umile tra le creature angeliche, che proclama «Chi come Dio?» che è un’affermazione di fedeltà a Dio, un grido d’amore a Dio, un programma di vita totalmente dedita a Dio.

A lui affidiamo dunque anche ciascuno di noi, l’Associazione Internazionale Esorcisti e le persone che incontriamo nel nostro ministero e di fronte alla sfida che gli angeli ribelli lanciano continuamente all’umanità, fiduciosi nella provvidenza di Dio, ci rivolgiamo a lui e lo supplichiamo: «O glorioso principe delle milizie celesti, San Michele arcangelo, ti chiediamo di aiutarci nella durissima battaglia contro Satana e gli angeli ribelli per la salvezza del popolo di Dio e per l’avvento del Regno di Dio, e anche noi, con te e con tutti gli angeli fedeli, vogliamo affrontare questa battaglia gridando con tutta la forza e con tutto l’amore del nostro cuore il tuo stesso grido: “Chi come Dio?”».